Jenifer, dansante et à la relance
Publié le jeudi 02 décembre 2010 à 06h00
Jenifer désire davantage d'interaction avec son public pour sa prochaine tournée. Photo Ludovic Maillard
En perdition ces trois dernières années, Jenifer sort un quatrième album « Appelle-moi Jen » plutôt réussi.
Dommage qu'elle soit constamment sur la défensive quand il s'agit de parler d'elle-même.
PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Le titre de l'album « Appelle-moi Jen » ne sonne-t-il pas trop adolescent ?
>> Je ne me suis pas trop pris la tête pour mon titre d'album. C'est venu sans crier gare en plein enregistrement. C'est aussi quelque chose que je dis assez souvent. Ce n'est pas un album de la maturité. Il y a un côté nostalgique, décomplexé, spontané, frais.
L'humeur était-elle dansante ?
>> J'avais vraiment envie de nouvelles sonorités, d'explorer d'autres horizons tout en restant très pop. J'étais très curieuse de travailler avec des gens qui venaient d'univers différents du mien.
Ceux de l'électro et des années 80 ?
>> Absolument. Il y a aussi un côté funky - je pense au Dos tourné - ça groove parfois. C'est un mélange de sonorités qui me correspondent aujourd'hui et que j'avais envie de défendre.
Avez-vous une affinité particulière avec le son des années 80 ?
>> Pas spécialement. On connaît tous les morceaux de cette époque. Ce serait mentir de dire que j'ai grandi avec eux puisque je suis née en 1982. J'étais plutôt années 60, 70 alors que l'univers 80 ne faisait pas forcément partie de ma discothèque. J'y suis arrivée il n'y a pas si longtemps. Je suis rendu compte que quand je sortais, c'était les chansons sur lesquelles je me levais et qui me faisaient vachement bouger du pied et de la tête. Je n'ai jamais eu autant de claviers sur un album.
Un besoin de se renouveler ?
>> Cela paraissait un peu fou à la base pour moi mais j'aime me lancer des défis différents à chaque fois.
Un déclic particulier ici ?
>> Je me suis ressourcée puis j'ai fait du théâtre (Les monologues du vagin, ndlr). Une jolie parenthèse et une expérience extraordinaire. Cela m'a beaucoup apporté sur le plan artistique et psychologique.
Vous disiez pourtant que vous n'étiez pas à l'aise pour vous exprimer en public...
>> J'attendais vraiment de voir ce que cela allait donner. J'ai longtemps hésité avant de me lancer, mais j'ai eu les encouragements du metteur en scène. Les deux comédiennes à mes côtés m'ont également apporté leur confiance. Comme je ne parle pas de moi, c'est moins difficile.
Quand je me livre personnellement, je bafouille, je perds un peu pied.
Pourquoi de nouveaux auteurs comme Pierre-Dominique Burgaud (Alain Chamfort, Le Soldat Rose, Louis Chedid) et Jérôme Attal (Florent Pagny) ?
>> J'ignorais totalement que Pierre-Dominique Burgaud avait fait tant de choses avant. Je connaissais Jérôme Attal, par contre, pour ses livres. J'avais demandé à mon directeur artistique de ne pas me donner le nom des auteurs. Je ne voulais pas les connaître. Une soixantaine de textes m'ont été envoyés, j'ai fait ma sélection et je suis partie avec trente d'entre eux en séminaire en Corse. Après, je suis rentrée en studio avec Pierrick Devin et Pierre Guimard et on a travaillé en immersion totale.
Le single « Je danse » a-t-il été envoyé en aveugle pour les radios ?
>> Complètement. On a fonctionné un peu à l'ancienne. Je savais néanmoins ce que je voulais mais il n'y avait rien de prêt. On était encore en plein atelier d'écriture.
Les textes abordent l'amour sous différents angles. N'était-ce pas un thème que vous ne vouliez pas évoquer initialement ?
>> C'est vrai que j'avais dit à mon directeur artistique de me proposer des textes qui ne tournent pas autour de l'amour. Je ne voulais pas de ce thème qui est assez récurrent dans ma tête. Et finalement, je ne parle que de ça (rires). J'ai craqué sur ces textes-là parce qu'il y avait une part où je me retrouvais parfois. J'imaginais aussi bien la musique dessus. De toute façon, je ne voulais pas trop intellectualiser mes textes.
Êtes-vous du genre à vous évader sur le dance-floor, comme la fille de « Je danse », après une rupture ?
>> J'aurais pu et je pourrais mais je pense que ça va parler à d'autres gens aussi. Ce ne sont pas des textes autobiographiques. Après, ce personnage m'a amusée.
Vous ne les ménagez pas les hommes sur ce disque...
>> Je les taquine. Cela n'a rien de bien méchant. Je suis un peu joueuse et ironique, je ne suis pas du genre à démolir les mecs.
N'était-il pas question de chansons de Christophe Maé pour cet album ?
>> Il y a beaucoup de conneries qui ont été racontées. Comme je ne donne rien, on se permet d'inventer des choses.
Comment avez-vous vécu ces trois dernières années un peu troubles ?
>> Le « foutez-moi la paix », je l'ai pensé très fort pour certaines personnes.
La presse people ?
>> (Agacée). J'en ai ras le cul d'en parler à chacune de mes interviews. Je n'ai vraiment pas envie de lui donner de l'intérêt. C'est quelque chose que je ne pardonne pas mais j'essaie de faire abstraction et de ne pas m'éterniser sur le sujet. On s'en fiche de ma vie !
Étiez-vous honnêtement satisfaite des concerts de votre tournée précédente ?
>> Je suis contente de toutes les tournées que j'ai pu faire.
Même votre première date au Zénith de Lille où vous avez curieusement attrapé un fou rire sur l'émouvant « Donne-moi le temps » ?
>> Ah bon ? (Fuyante). C'est certainement parce qu'un technicien a dû me dire une connerie dans l'oreillette.
Heureuse aujourd'hui ?
>> Je suis très épanouie et puis, vous savez, je suis une fille très équilibrée.
Loin de nous l'idée de penser le contraire. Pourquoi dites-vous ça ?
>> Je préfère devancer la question que peuvent se poser certaines personnes.w


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