Vous êtes ici : Accueil > Loisirs > Musique > sorties disques - rencontres

ÉVÉNEMENT

[PHOTOS] Tokio Hotel, déjà en chute libre ?

L'androgyne Bill Kaulitz, chanteur du groupe au look pour le moins décoiffant. L'androgyne Bill Kaulitz, chanteur du groupe au look pour le moins décoiffant.

Malgré des fans purs et durs qui campent depuis plusieurs jours aux abords du Zénith de Lille, Tokio Hotel n'échappe pas à la culture zapping des adolescents.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.63/4
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4


Le concert du groupe allemand, prévu ce soir, est loin d'afficher complet.
PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Au premier coup d'oeil, on se dit que c'est reparti pour un tour, qu'une nouvelle vague d'hystérie s'est enclenchée, que l'aura du groupe est intacte. Elles sont là aux abords de la salle. Premières arrivées, mercredi dernier, avec leur matériel de campement. Un escadron de fans qui débarque crescendo avec la ferme intention d'être en première ligne pour les beaux yeux de Bill Kaulitz et ses acolytes. « Hier soir, on comptait cinquante-cinq tentes et une centaine de personnes. C'est très délicat parce qu'on a une grosse responsabilité en tant qu'humain, indique Aurélien Binder, le directeur du Zénith de Lille. On a prévenu les forces de l'ordre et la préfecture afin que les jeunes soient encadrées dans les meilleures conditions. Des rondes sont mises en place toutes les deux heures ».


Elles viennent de partout. S'organisent en fonction des dates de concert. S'entraident pour subvenir aux besoins vitaux. Lancent des quiz pointus sur la formation pour tuer l'attente. Et, plus surprenant, font l'école buissonnière avec la bénédiction des parents. Pourquoi ceux-ci ne se décident-ils pas à maîtriser cette Tokiomania qui fait tourner la tête des midinettes ? « C'est totalement irresponsable de leur part de laisser des mineures partir seules sur les routes de France et d'Europe. On est en plein centre-ville, il peut arriver n'importe quoi », s'insurge Aurélien Binder.
Il n'empêche que cette attitude jusqu'au-boutiste se révèle être l'arbre qui cache la forêt. La popularité de Tokio Hotel est en chute libre. Au dernier pointage, 3 600 places vendues. Bien loin de la déferlante d'octobre 2007 où les billets s'étaient arrachés à la vitesse de l'éclair. Constat identique pour les disques. Seulement 70 000 exemplaires pour le dernier opus Humanoid contre 215 000 pour Zimmer 483. Un plaisir déjà démodé pour paraphraser Charles Aznavour ?
« Le fan a évolué, il est passé à autre chose. Sur le plan culturel et émotionnel, ça va et ça vient à cet âge-là. Mais on est surpris que les chiffres aient autant baissé. Aucune date n'est complète en province et Bercy ne sera pas non plus totalement rempli », confie Guénaël Geay, directeur marketing international chez Polydor. À l'ère de la nervosité du zapping et de l'urgence futile, les ados changent de groupe comme de garde-robe. C'est l'âge de tous les possibles. On jette aux orties ce qu'on a auparavant adulé. Parce qu'il faut coller à la mode du moment. Tout est traité sur le terrain du feeling, du ressenti, du délire, du look, de l'image. Et surtout de l'engouement éphémère.
Les filles qui s'évanouissaient dès la moindre apparition du groupe, qui tapissaient leur chambre de posters, qui collectionnaient frénétiquement chaque objet à l'effigie de la formation, ont trouvé d'autres chaussures à leurs pieds. Elles remplissent désormais leur iPod de chansons de Lady Gaga ou des Black Eyed Peas. Même le nouveau look capillaire du chanteur Bill Kaulitz n'a pas eu son effet escompté pour redorer le blason du groupe. Lui qui avait confondu la prise électrique avec le sèche-cheveux arbore une crête de poule. « Il faut garder en tête que Tokio Hotel reste un cas hors norme, précise Guénaël Geay. Ce qui s'est passé reste exceptionnel parce que c'était le premier groupe allemand à s'exporter de cette manière » .
Il se dit que le show sera visuellement époustouflant avec une gigantesque structure scénique, escaliers, passerelles et effets pyrotechniques. Peut-être l'ultime feu d'artifice avant de nager dans les eaux troubles du presque rien.w


À lire aussi

À visiter


Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Vos réactions

lucide
Pourquoi tant de haine ?
Visiblement, le journaliste qui a rédigé cet article ne sait s'arrêter qu'aux apparences (histoires de crête de poule ou que sais-je encore... ) Il me semble que dans la vie de tous les artistes, il peut y avoir des hauts et des bas. Je ne crois pas qu'il existe un artiste qui puisse se targuer de n'avoir chanté que devant des salles pleines. La force de tokio hotel, c'est de continuer à aller devant son public même dans des provinces reculées et à dates rapprochées. D'autre part, vous semblez oublier que la crise est passée par là surtout dans le Nord Pas de Calais où l'on sait que les usines ferment à tour de bras. Pour pouvoir aller à un concert, acheter des disques, il faut de l'argent et si les parents n'ont plus de boulot, les priorités sont ailleurs. D'autre part, vous oubliez que nombreux sont encore ceux qui téléchargent. Sur le plan artistique maintenant, il me semble que le journaliste qui a rédigé cet article fait preuve d'une étroitesse d'esprit manifeste. Le nouvel album

Signaler un abus

lucide
suite et fin
Le nouvel album peut avoir dérouté certains rockeurs purs et durs. Il n'en reste pas moins le plus abouti. D'autre part, cela fait des années qu'ils sont en bute aux critiques les moins raffinés de la part d'une sphère de "spécialistes" et qu'on leur fait systématiquement une contre publicité. Pour ma part, il existe bon nombre d'artiste que je n'aime pas, pour autant je ne les casse pas. Pourquoi tant de haine ?

Signaler un abus


Toutes les réactions

Infos locales

Dessin du jour

Hollande enfariné "Hollande enfariné"

Cinéma

JC comme Jonathan Zaccai JC comme Jonathan Zaccai

L'acteur jusque-là abonné aux seconds rôles débarque sur les écrans avec « JC comme Jésus Christ ». Un film OVNI, docu-fiction autour d'un réalisateur de 18 ans, qui a tout gagné, mais tente de passer son bac. Une histoire entre absurde et satire de la grande famille du cinéma.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.33/4

Les autres sorties

Un thriller d'espionnage à l'ancienne

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...