Mylène Farmer, la (ré)créative
Publié le samedi 20 juin 2009 à 06h00
La qualité du show proposé, hier soir au Gayant Expo, par Mylène Farmer a atteint des sommets : ambitieux, imposant, millimétré et visuellement renversant.
PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
La salle est plongée dans l'obscurité depuis un bon quart d'heure. Une musique angoissante passe en boucle. Toujours le néant sur scène. Comme on ne touche pas à une icône, personne ne bronche. C'est ça aussi la fidélité. On apprend qu'il s'agit d'un problème technique : un tableau électrique a disjoncté. Juste prendre son mal en patience.
Un oeil clignote sur l'écran géant. Il disparaît. Surgit à nouveau. Rythmique martiale. La pupille explose soudain. Et Mylène Farmer qui apparaît sur un piédestal à plusieurs mètres du sol, chignon roux orné de crucifix, déjà conquérante. Deux immenses squelettes l'encerclent. Encore une entrée singulière.
Un frisson traverse l'assistance. Elle ouvre sur Paradis inanimé, enchaîne sur L'âme-stram-gram et sa chorégraphie batailleuse. Immédiatement, on retrouve les ingrédients de l'univers de Mylène Farmer. Ce mélange unique d'ambiguïtés sexuelles, de visions morbides, de textes névrotiques et de mélodies entêtantes. En matière de show, la production de Mylène Farmer constitue le haut du panier. Impossible de ne pas se laisser ébouriffer par la démesure des décors - surprenante bibliothèque de mannequins nus - et la puissance foisonnante du spectacle. Ici, pas le moindre dérapage, pas une once d'improvisation, tout est joué à la note près et méticuleusement mis en scène. Il y a du bon, du solide, du morceau qui scotche.
Chacun a ses préférences. Défilent donc l'accrocheur XXL, le trop rare A quoi je sers, l'aguicheur Pourvu qu'elles soient douces, le touchant Point de suture qui s'égrène sur fond d'images de corps déchirés, l'indéboulonnable Sans contrefaçon. On croise aussi des choristes déguisés en nones de Sister Act, des danseurs en tutu (Libertine).
Objet de culte, Mylène Farmer a un public d'accros. Qui vient à sa rescousse et explose d'une clameur hystérique quand elle se laisse gagner par les sanglots (Nous souviendrons-nous, Ainsi soit-je). Le final est à la fois explosif et endiablé : Dégénération, Désenchantée, C'est dans l'air. Le show atteint son paroxysme et ne laisse aucune place pour les détracteurs de la Madonna française. Mylène Farmer peut bien se laisser engloutir par la lave (Si j'avais au moins), sa résurrection fera du bruit.


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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...