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Dans les coulisses des «doodles» de Google

Ryan Germick, directeur artistique en charge de la conception des "doodles" de Google. Photo : AFP. Ryan Germick, directeur artistique en charge de la conception des "doodles" de Google. Photo : AFP.

Un jour sous-marin, l'autre guitare électrique : les fameux «doodle» de Google, ces logos transformés qui ornent le moteur de recherche du géant de l'internet, sont conçus par une petite armée d'ingénieurs et d'artistes au coeur de la Silicon Valley.


Penchée sur un ordinateur, dans un bureau du confortable siège de Google à Mountain View (Californie), Jennifer Hom peaufine un dessin qui illustrera le prochain « doodle ». Sujet retenu : Freddie Mercury, le chanteur disparu du groupe Queen, qui aurait eu 65 ans le 5 septembre.

Pour le lancement du « doodle » lundi, Google a vu les choses en grand et prévu un véritable clip dessin animé sur la page de son moteur de recherche, avec en fond musical le titre « Don't stop me now » de Queen. « Ce qu'il y a de bien avec cette chanson, c'est qu'il y a beaucoup d'images dont on peut s'inspirer. (Freddie Mercury) fait référence à Lady Godiva, à une course de voitures, à un tigre... », explique Mme Hom. « C'est vraiment intéressant de célébrer l'incroyable compositeur, l'icône de la mode et le pionnier de la musique qu'il était », explique de son côté Ryan Germick, responsable de l'équipe créative des « doodle ». « Ici, nous sommes un peu un mélange de geeks (passionnés de technologie, ndlr) et d'artistes », dit-il.

Le tout premier « doodle » remonte à 1998. Il est l'oeuvre des fondateurs de Google eux-mêmes, Larry Page et Sergey Brin. Partis assister à la rencontre artistique « Burning man » dans le désert du Nevada, les deux hommes avaient décidé d'inclure un dessin du personnage onirique du festival au logo de Google.

Rapidement les doodle ont commencé à évoluer pour devenir plus sophistiqués, interactifs. Première chose vue par les internautes lorsqu'ils arrivent sur le site, les « doodle » se devaient d'être soignés. Le 17 mars 2000, Google fête la Saint-Patrick avec un logo tout de vert vêtu. En juin 2002, un footballeur s'invite sur la page d'accueil du moteur de recherche pour célébrer la Coupe du monde en Corée du Sud.

Le 22 mai 2010, Google marque l'anniversaire de Pac-Man avec une version jouable du jeu vidéo : le succès est tel que ce « doodle » a désormais son propre site internet. Plus récemment, Google a rendu hommage à Jules Verne en transformant son logo en « Nautilus », le sous-marin de « Vingt mille lieues sous les mers », oeuvre phare de l'écrivain français du XIXe siècle. Les lettres habituellement bleue, rouge, jaune et verte du logo étaient redessinées en hublots révélant les fonds marins et leur faune, tandis qu'une petite manette permettait de contrôler le sous-marin.

Google a également transformé son logo en guitare électrique virtuelle, jouable, en hommage au défunt musicien et inventeur américain Lester William Polfuss, alias « Les Paul », un des pères de la six-cordes moderne. « Les échantillons sonores étaient enregistrés sur une guitare Les Paul et nous avons choisi des notes faciles à jouer pour obtenir quelque chose de sympa », raconte Kristopher Hom, un ingénieur de Google. Résultat : « les internautes ont partagé des chansons et les ont remixées sur YouTube. C'est incroyable la façon dont les utilisateurs se sont appropriés une petite part de ce doodle », dit-il.

Les doodle « sont une manière de rendre le site plus humain », observe M. Germick. « Cela nous permet de dire aux utilisateurs que nous sommes là, que nous sommes des personnes, et que nous aimons les mêmes choses qu'eux ». « Pour moi, confie M. Hom, un doodle est une chance de faire plaisir à quelqu'un pendant dix secondes ».


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