Jeanne Cherhal : l'homme au scalpel
Publié le mercredi 10 mars 2010 à 06h00
Jeanne Cherhal repart sur les routes avec La Secte Humaine, des musiciens faisant pour la plupart partie du groupe French Cowboy. Photo Ludovic Maillard
Sans cesse en quête de nouvelles expériences sonores, Jeanne Cherhal signe avec « Charade » un album pop pétillant et malicieux autour d'un thème récurrent : les hommes. En concert le 17 mars au Colisée de Roubaix.
PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Pourquoi la charade comme fil conducteur de ce troisième album studio ?
>> Je suis attachée au côté ludique de l'existence. Et du coup, j'ai écrit une première charade et je l'ai déclinée en plusieurs couplets. Mais je trouvais que cela ne tenait pas la route en tant que chanson. J'ai donc utilisé ce petit principe comme interlude, comme respiration. C'est à la fois un constat un peu désabusé que l'homme parfait n'existe pas et un hommage parce que l'homme est une incroyable source d'inspiration.
En quoi ce disque est-il ce que vous appelez « une révolution personnelle » ?
>> C'est une formule un peu pompeuse, je vous l'accorde. Dans ce projet-là, je me suis retrouvée tellement seule, aussi bien pour l'écriture que l'enregistrement où il n'y avait qu'un ingénieur du son (Yann Arnaud, ndlr). J'ai eu un peu l'impression de faire le tour de moi-même. Le lundi je faisais la batteuse, le mercredi la bassiste, le vendredi la guitariste. Tout ça a été fait de manière spontanée et naïve.
Était-ce nécessaire cette solitude ?
>> Je fais le constat aujourd'hui que j'avais certainement besoin d'une grande solitude. Heureusement qu'il y avait Yann avec qui j'ai eu une véritable osmose artistique. C'était une espèce de ping-pong permanent.
Qu'est-ce qui vous a poussée à effectuer des variations sur les rapports hommes-femmes ?
>> Je pense que c'est l'âge qui fait que c'est devenu une préoccupation beaucoup plus grande. À 25 ans, je n'avais pas envie de parler de ça. D'une part, je n'avais pas assez d'expérience et d'autre part, j'étais plus pudique.
Sur le morceau d'ouverture, vous faites des métaphores avec les animaux. L'homme est-il selon vous un loup pour la femme ?
>> Disons que je n'aime pas les machos. Quand je dis « la virilité d'un homme s'exprime au maximum », c'est que j'y suis forcément sensible. Là, c'est plus une chanson sur la lâcheté. Sans avoir un discours féministe, j'ai l'impression que la lâcheté est davantage un trait de caractère masculin. Une femme va plus au charbon, elle affronte les situations de front.
En « toute amitié » évoque la frontière ténue entre ce sentiment-là et l'amour...
>> C'est ça qui m'intéresse dans les rapports humains : les zones troubles. Je trouve sain dans un rapport amoureux de sentir que ça peut s'arrêter ou que ce n'est pas complètement acquis. C'est quelque chose qui se travaille.
Du vécu ?
>> Les situations qui m'inspirent, comme la chanson Lorsque tu m'as qui parle d'un homme marié qui a divorcé et qui est redevenu amant par la suite, n'ont pas tous été vécues. Malheureusement, personne ne m'a jamais demandée en mariage.
En rêvez-vous ?
>> Je ne suis pas très attachée aux institutions, mais j'ai bizarrement le sentiment qu'une demande en mariage me plairait bien. Après, je refuserai (rires). Mais, pour le symbole, j'aimerais que mon couple soit tellement solide qu'on en arrive là.
Qu'est-ce qui vous a poussée à adapter la chanson d'Arcade Fire « My body is a cage » ?
>> Je l'ai découverte pour la première fois sur France Inter un jour où Jacques Higelin était l'invité d'une émission. On lui avait demandé sa playlist idéale et il a passé ça. J'ai eu un choc, vraiment. Pour tout vous dire, j'ai traduit le premier couplet mot à mot et après je me suis laissée aller. Arcade Fire a validé ma version, donc je suis satisfaite.
Peut-on dire que vous n'êtes jamais là où on vous attend ?
>> C'est ce que j'essaie de faire. Par exemple, pour la tournée, je me suis posé la question par rapport au groupe qui m'accompagnait sur L'eau. Est-ce que je repars avec les mêmes musiciens ? Spontanément, je me suis dit que oui. Mais quelque part, cela n'allait pas m'apporter de nouveauté. Ce n'est pas contre eux, c'est pour moi.
J'ai l'impression que je n'avance bien que dans les ruptures salvatrices. Je peux être difficile à suivre pour les gens qui m'entourent.
Une femme libre donc ?
>> Ah ça , oui ! C'est la moindre des choses (rires).
Vous avez également fait les choeurs sur deux titres du dernier album de Brigitte Fontaine...
>> Je forme un petit binôme avec ma copine-chanteuse Katel. Brigitte Fontaine nous appelle « les pisseuses » donc elle avait envie d'avoir des voix de pisseuses sur son disque. Avec Katel, on l'adore, et on a naturellement foncé.
Comment est né le magistral duo avec Benjamin Biolay (« Brandt Rhapsodie ») qu'on retrouve sur l'album « La Superbe » ?
>> On s'était dit un peu en rigolant qu'on allait faire un disque ensemble. On s'est retrouvé en studio, à intervalles irréguliers, pendant deux mois. Ont émergé deux chansons : Brandt Rhapsodie sur son disque et J'ai pas peur sur le mien. Pour Brandt Rhapsodie, on s'est mis d'accord sur un procédé, c'est-à-dire raconter l'histoire d'un couple via des post-it. On s'est isolé chacun une heure, on a posé chacun notre voix et je vous promets qu'on n'a rien changé. Un truc de dingue.w


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sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...