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Olivier Henno trace son sillon

Olivier Henno, lors de la présentation du projet Metallia à Noyelles-Godault. Olivier Henno, lors de la présentation du projet Metallia à Noyelles-Godault.

Même si les sondages ne lui sont guère favorables, le candidat du MoDem continue à sillonner la région. Avec la même énergie. Avec la même volonté de voir ses idées faire leur chemin. Une journée avec Olivier Henno, entre Lille et Lens.



ERWAN GUÉHO> erwan.gueho@nordeclair.fr
Il ne compte plus les kilomètres. Son colistier du Pas-de-Calais, Frédérique Leturque, lui, se targue d'en avoir déjà fait 70 000. C'est la campagne. Au rythme trépidant. Chaque jour, une nouvelle destination. Des rencontres thématiques. Des poignées de main, beaucoup.
Un déplacement à Boulogne pour évoquer l'avenir de la façade maritime. « Est-on sûr que si on ne renforce pas le lien entre la métropole lilloise et les ports de la région, ils vont rester le débouché naturel pour nos productions régionales ? Regardez le développement de Zeebruges, de Gand et du Havre dans le cadre du Grand Paris. Il faut faire attention quand même ».



« Manque de polémiques »
Olivier Henno trouve que la campagne manque de débats, de polémiques. « Quand on propose une fusion des universités de la région et de créer un Eurocampus avec Gand, il faut que ça réagisse. Pareil lorsqu'on propose le TER gratuit. Que chacun se positionne, bon sang ».
Mettre des idées sur la table. Toujours et encore. Faire parler de soi, sans utiliser les attaques personnelles ni flatter les bas instincts. Bref, faire de la politique au sens noble, estime-t-il. Comme il l'a toujours fait, assure-t-il. Fidèle à ses idées, celles du centre. Celles développées par son père spirituel, l'ancien maire de Roubaix, André Diligent. Celui qui a fait que le jeune Olivier - mère instit, père représentant de commerce - eut envie un jour d'adhérer au Centre des démocrates sociaux. C'était au début des années 80.
Depuis, que de chemin parcouru : de l'élection de conseiller municipal à Tourcoing à celle de maire de Saint-André en passant par la communauté urbaine de Lille où il est premier vice-président. Lui-même n'en revient pas d'être devenu un « professionnel » de la politique.
Mais aujourd'hui, les sondages ne sont pas bons. 5 % tout au plus si on en croit celui de l'IFOP paru lundi. Ne pas s'énerver. Rappeler qu'un sondage n'est pas un vote. Que la campagne n'est pas terminée. Loin s'en faut. Et surtout remonter le moral des troupes. Bref, être le patron d'une petite équipe qui se bat pour faire vivre les idées du MoDem dans la région.
Il n'y a que lorsqu'on lui parle de Marc-Philippe Daubresse que le sourire se crispe. Les deux hommes ont été proches puis les chemins ont divergé jusqu'à l'affrontement en 2005 pour un poste de député. À l'évocation de l'ancien compagnon de route passé à l'UMP, Olivier Henno rate deux fois la sortie de Noyelles-Godault. Il finit par en rigoler lui-même.
Direction l'ancien site de Metaleurop. Là, des fondeurs de l'usine fermée en 2003 veulent créer un centre de recherche sur le métal ouvert au public : Metallia. Présentation du projet. Soutien. Mais « rappelez-vous que si vous êtes élu, c'est grâce au peuple. » Le message est entendu.
Le matin, c'était une réunion au théâtre du Grand Bleu à Lille avec un réseau de responsables culturels. « On ne voit pas beaucoup d'élus dans nos salles de spectacles. C'est quoi l'avenir de la culture dans la région ? C'est le Louvre-Lens et rien pour les autres ? » Les questions fusent.
Les inquiétudes sont là, partout. « J'ai trouvé les mots de Jean-Paul Delevoye (1) sur l'usure psychique des Français très justes », lâche Olivier Henno en avalant en moins de dix minutes, sur un bout de table, un plat réchauffé.

« C'est vrai que c'est dur »
« Pourtant qu'est-ce qu'on a comme atouts dans le Nord - Pas-de-Calais. Il faut les faire vivre. Il faut redonner de l'espoir aux gens. Mais c'est vrai que c'est dur », reconnaît le candidat centriste.
Un point presse à Lens au Sensas, le temple des supporters du RCL. Une interview pour une télé. Une autre faite par téléphone. Il est 19 h. Retour sur le parking du Grand Bleu à Lille. Olivier Henno file pour son dernier rendez-vous de la journée. Celui du lundi soir. Celui où il pense avec son équipe à l'orientation de la campagne pour la semaine.
C'était une journée de campagne. Une campagne de plus ? « Elles sont toutes différentes. Et même si ce n'est pas une course de chevaux, à chaque fois, on passe sur la balance, vous savez ». Reste à savoir combien pèsera le MoDem au soir du premier tour.
w (1) Le médiateur de la République a remis son rapport annuel mardi dernier à Nicolas Sarkozy.


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