Valérie Létard, le modèle valenciennois
Publié le mercredi 03 mars 2010 à 06h00
Valérie Létard, en campagne sur le chantier du Centre européen des textiles innovants (CETI). Photo Hubert Van Maele
Valérie Létard, secrétaire d'État aux Technologies vertes, Nouveau Centre, mène la liste de la Majorité présidentielle. Ancienne assistante sociale, elle met en avant sa connaissance des dossiers et ses réussites dans le Valenciennois.
VIOLAINE MAGNE > violaine.magne@nordeclair.fr
Mairie de gauche, fief décrété de Marine Le Pen, le marché d'Hénin-Beaumont, c'est pas l'endroit le plus confortable pour une candidate de la Majorité présidentielle. Les militants sont sur le qui-vive, mais leur candidate, Valérie Létard, fend la foule plutôt à l'aise.
Quelques badauds reconnaissent la secrétaire d'État : « On la voit à la télévision, aux questions d'actualité et sur la Chaîne parlementaire » , même s'ils sont bien en peine de citer son poste exact. La plupart fourrent son tract dans leur cabas sans vraiment le regarder et quand certains bougonnent que la politique et les partis, c'est pas leur truc, elle s'attarde et, la main sur le bras, tente de les convaincre.
Son argument de vente imparable, c'est la résurrection du Valenciennois à laquelle elle a participé aux côtés de Jean-Louis Borloo, son mentor. C'est lui qui, après son élection comme maire de Valenciennes en 1989, l'a recrutée à la politique de la Ville. C'est lui qui l'a prise sur sa liste aux régionales de 1998. C'est auprès de lui qu'elle est aujourd'hui secrétaire d'État.
Mais, en meeting, Valérie Létard veut montrer que, loin des dorures des ministères, les mains dans le cambouis, elle connaît : « J'ai été assistante sociale dans le Valenciennois, j'étais là quand la crise a frappé la région, j'ai accompagné des tas de familles pour lesquelles je me demandais tous les jours comment j'allais pouvoir les aider. » Ce qu'elle ne dit pas, c'est que chez elle, la politique est une affaire de famille. Son père est l'ancien député européen Francis Decourrière, aujourd'hui aux manettes du club de foot de Valenciennes, et son grand-père le maire de la petite ville de Sars-et-Rosières : « Mais du coup, je ne voulais pas entendre parler de politique ! assure-t-elle. Quand je regardais leur vie, je voyais le côté ingrat. Même si c'est gratifiant de faire bouger les choses, ça prend beaucoup sur la vie personnelle ! Je m'étais dit : "Ah ça non." Mais ce que je rejetais dans un premier temps m'a ensuite fait envie... Et puis la limite de l'action publique, c'est la politique, quand un texte de loi t'empêche d'agir... »
Entre Paris,
Valenciennes et Lille
Aujourd'hui, mère de deux grands garçons, Valérie Létard doit jongler entre ses dossiers au gouvernement, son job de présidente à la Communauté d'agglomération de Valenciennes et ses missions comme conseillère régionale de l'opposition : « Mardi, mercredi, jeudi, je suis à Paris, le reste du temps à l'agglo. Et je suis à la Région une demi-journée par semaine. » Si on s'étonne du peu de temps consacré au conseil régional, elle se défend : « Combien d'élus viennent une demi-journée par semaine pour faire vivre leur commission ? C'est une demi-journée à animer une réunion pour proposer de vrais amendements. » Mais aussi : « Comme présidente de la commission Aménagement du territoire, je peux continuer à infléchir la politique de la Région et je connais les dossiers ». Et elle promet : « Si demain je suis présidente de Région, je quitte le gouvernement. »
Campagne technique
Une femme de dossiers, l'image lui va bien. La droite n'aurait pas pu trouver une meilleure candidate anti-bling bling. La tête de liste Nouveau Centre joue sa différence et a ainsi imposé son style face au candidat UMP Thierry Lazaro. Élancée, un souvenir de ses années comme basketteuse, et sanglée dans son tailleur noir, elle laisse les vannes faciles sur ses adversaires politiques aux « mecs » du parti. Sur le terrain, elle mène une campagne très ciblée et technique, sautant d'une rencontre avec des patrons de start-up à une table ronde sur les problématiques du vieillissement.
Dans les meetings, elle défend la force de son équipe rassemblée en opposition avec l'équipe sortante éparpillée, attaque une « gauche essoufflée qui s'enferme dans des comportements sectaires », elle joue la carte de l'humour, concluant son intervention par un : « On vous a bien saoulés et on n'a pas fini ». Et elle ravit les militants de l'UMP qui la décrivent comme bosseuse, dynamique, mais aussi humble et modeste.
Il n'empêche que même si elle oeuvre dans l'ombre de Jean-Louis Borloo, elle fait partie d'un gouvernement sous le feu des critiques et reste comptable de son bilan, dans un contexte où ces régionales pourraient bien servir aux électeurs de vote sanction.w


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



QUID : Faudrait peut être remplacer G. PARGNEAUX ?? ses déclarations...
Max : Ce qui se passe est hallucinant! le 1er responsable...
BISMARK59 : Tout a fait d'accord avec SVP59, je serai mal dans...
QUID : D.BAERT a déjà gagné cette élection. La légitimité...