Comment favoriser l'essor des PME ?
Publié le samedi 27 février 2010 à 06h00
Sans laisser de côté l'industrie, la Région cherche à arrimer l'emploi à l'«économie de la connaissance».Photo Archives/Nord éclair
La Région décide de sa politique économique en associant patrons et syndicalistes. Certains n'y voient qu'un affichage, d'autres un effort réel en faveur de la mutation de l'économie régionale, en difficulté.
MATHIEU HÉBERT > mathieu.hebert@nordeclair.fr
Les clichés ont la vie dure et collent au Nord - Pas-de-Calais comme la poussière de charbon sur la peau des mineurs. Passer d'une industrie lourde à un vivier de PME performantes n'est pas chose aisée. La région figure encore dans les moins bons classements du chômage (des jeunes notamment), de création d'entreprises, de recherche et développement...
Et pourtant les choses changent. Si gauche et droite bataillent sur les chiffres de la création d'entreprise, force est de constater que depuis 2004 et la mise en place de programmes d'accompagnement des créateurs et repreneurs, on crée de plus en plus d'activité. C'est l'un des principaux arguments de Pierre de Saintignon, vice-président (PS) en charge de la politique économique au conseil régional.
Pilotage « collectif »
L'élu socialiste en irrite beaucoup, à droite et dans le milieu économique. On lui reproche de tirer parfois la couverture à lui ou de passer en force. Lui, qui use ostensiblement du « nous » au lieu du « je », affirme qu'il est « passionné » et plaide l'urgence de la reconversion des salariés en difficulté et de conduire la mutation de l'économie vers la société de la connaissance (recherche, innovation, échanges universités-entreprises...).
Ce proche de Martine Aubry à Lille a aussi su s'attirer les compliments publics de patrons et de syndicalistes, notamment dans le cadre du schéma régional de développement économique (SRDE). Ce schéma, pour Pierre de Saintignon, c'est l'outil de pilotage « collectif » de la politique économique. Un épais document en résume les principaux axes : création d'entreprise et développement de l'artisanat, développement d'outils financiers destinés aux PME, mise en réseaux d'acteurs (pôles d'excellence)...
À droite, mais aussi chez certains syndicalistes, on ironise sur ce « recueil de bonnes intentions ». On ne peut pourtant pas limiter l'action économique régionale à de l'affichage. Compétence volontaire du conseil régional (la collectivité n'est pas légalement obligée de s'en saisir), l'action économique représente plus de 62 millions d'euros dans le budget 2010.w
«Si je dis que nous pouvons être fiers du travail effectué, c'est parce que nous sommes unis. "Unis" ne veut pas dire chacun du même avis sur tout, mais simplement parce que nous, élus, patrons, syndicalistes, conduisons ensemble cette politique économique, nous avons pu être particulièrement réactifs dans une période où la crise est sévère, en particulier auprès des PME et des TPE, autour de l'État, d'Oséo, de la Région. Je salue François-Xavier Willot, patron d'Oséo, qui a fait un travail exemplaire dans notre région. Nous avons préservé plus de 10 000 emplois dans cette période tellement difficile pour les PME, sous-capitalisées, très vite confrontées à l'évolution négative des marchés qui les amènent au bord du dépôt de bilan rapidement. Nous étions organisés, donc nous étions prêts. C'est aussi cette organisation qui nous a permis de monter tout ce qui touche aux pôles de compétitivité et aux pôles d'excellence pour notre région et qui constitue l'atout du moyen terme. C'est aussi parce que nous étions organisés que nous avons gagné la première manche de notre combat pour la création et la transmission d'entreprises. »w
«D'un point de vue général, c'est complexité, complexité. On a parfois l'impression que le coût de l'instruction des dossiers est plus important que les aides attribuées. Le schéma régional de développement économique (SRDE), dont se targue Pierre de Saintignon, nous donne l'impression d'un grand dispositif, une grand-messe dont on a du mal à évaluer la pertinence. Et comment voulez-vous que des personnes ou des organisations qui gravitent autour de l'exécutif puissent être critiques ? Je ne souhaite pas qu'il se casse la figure. Mais je pense que les chiffres ne suivent pas les paroles. En matière de fiscalité, j'entends l'exécutif qui se félicite qu'elle pèse peu sur les ménages. Mais en tapant sur les PME, avec la taxe professionnelle, les entreprises présentent des comptes moins bons et ont moins de possibilités de développement. Un gamin de primaire pourrait le comprendre ! L'exécutif se disperse, dans ses investissements et veut recourir à l'emprunt. Comme le disait Maurice Schumann, les emprunts d'aujourd'hui sont les impôts de demain. »w
Léonce-Michel Deprez est le président de la chambre régionale de commerce et d'industrie (CRCI). Le patron de l'imprimerie Léonce Deprez à Ruitz, dans l'Artois, préside aussi la CCI de Béthune. Généralement peu tendre avec les pouvoirs publics, il concède pourtant au conseil régional d'avoir joué le jeu avec le milieu consulaire. « En matière d'accompagnement des entreprises à l'international, le conseil régional a réorganisé les structures en accord avec les CCI », observe-t-il. « Autre exemple : avec le programme de création et transmission d'entreprises, on a pu voir les effets bénéfiques depuis dix ans. J'espère que cette politique sera poursuivie », ajoute Léonce-Michel Deprez. À propos des aides aux entreprises, un point qui divise la gauche, le patron appelle aussi à la poursuite de ces dispositifs, mais plaide pour un meilleur accompagnement humain, par les CCI « pour renforcer l'accès à ces aides ».wM.H.


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...