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Tout va bien à Patrick Raynal...

Dans «Le Pain du diable», il est le maire du village qui va devoir faire face à une épidémie mystérieuse.Ph. France 3 Dans «Le Pain du diable», il est le maire du village qui va devoir faire face à une épidémie mystérieuse.Ph. France 3

Le Roubaisien Patrick Raynal se partage entre théâtre et télévision : il joue actuellement « Charlotte Corday » aux Mathurins à Paris et sera, samedi, dans « Le Pain du diable » sur France 3. Retour sur un itinéraire sans mauvais choix.



ISABELLE RAEPSAET > isabelle.raepsaet@nordeclair.fr
Une enfance roubaisienne. Le père de Patrick Raynal était Parisien mais sa mère était originaire du Nord. Quand il a 10 ans, Patrick et toute sa famille arrivent donc à Roubaix. À 10-11 ans, il rêve d'être acteur, en sachant bien que « ça pourrait n'être qu'un doux rêve ». Peut-être attend-il un déclic. Il arrivera un jour en cours de français, au lycée Maxence-Van der Meersch. Patrick n'a pas fait son explication de texte sur Le Bourgeois gentilhomme de Molière. Pour échapper au zéro pointé, il propose un deal à son enseignant dont il sait qu'il s'occupe également du club théâtre - « un risque tout à fait calculé, donc ! » s'amuse-t-il. « Je lui ai dit : "Je n'ai pas fait mon devoir sur la scène, mais si vous le voulez, je peux vous la jouer." » Et le voilà sur l'estrade, jouant la comédie devant ses camarades et son professeur. « Il m'a dit : "Je ne vous mets pas zéro et vous venez l'année prochaine au club théâtre." » Bien des années plus tard, Patrick Raynal est toujours resté en contact avec son professeur, conscient que c'est peut-être là, grâce à lui, qu'a basculé sa vie.


« J'ai pu jouer des classiques
comme du boulevard »

Deux ou trois ans de club théâtre et puis le bac, « pour faire plaisir à papa-maman. Mais les études, c'était pas tout à fait ma passion » , avoue-t-il. Il présente donc le conservatoire de Lille, puis celui de Paris, qu'il rate une première fois avant d'y entrer, premier sur 2 500 candidats. « Pour moi, c'était plutôt encourageant et j'avais besoin de cette reconnaissance presque institutionnelle. Parce que je n'étais pas un battant à frapper aux portes pour avoir du travail. » Le souvenir qu'il en garde ? « J'avais au moins l'intelligence de me dire que je ne savais pas grand-chose. Alors j'ai engrangé beaucoup, de tous.
À l'époque, on jouait avec des metteurs en scène très variés, voire opposés, certains très modernes, même avant-gardistes, d'autres plus traditionnels. Ça m'a appris à travailler de façons très différentes. Et ça m'a été bien utile ensuite ! » Et de fait, la carrière de Patrick Raynal prouve qu'il est allé dans les opposés absolus. « J'ai pu jouer des classiques comme le boulevard avec Jacqueline Maillan. J'ai une palette de jeu que je trouve vaste. » Carrière longue, passionnante au théâtre, donc. À la télé aussi, au détriment de toute évidence du cinéma. « Quand j'ai démarré, j'ai été happé par le théâtre et la télévision et ce dans des rôles importants. Et le cinéma m'a ignoré parce qu'à cette époque-là, quelqu'un qui faisait du théâtre et de la télé, c'était un peu le rebut... » On le voit pourtant dans un classique comme Que la fête commence. « C'est vrai, au cinéma, j'ai démarré magnifiquement. De 4 h du matin à 14 h, je tournais Section spéciale avec Costa Gavras et de 18 h à 6 h du matin, j'étais avec Tavernier. Je me suis dit : "Le cinéma m'accueille à bras ouverts." Bon, ça s'est à peu près arrêté là ! » résume-t-il dans un éclat de rire.
Tant pis, donc, s'il n'a jamais eu « la grosse caravane et deux jours pour faire deux prises ». De toute façon, « le rythme de travail pour la télévision ne me dérange pas. Et puis j'ai eu la chance de tourner dans de très bons téléfilms, avec des moyens ». La preuve, par exemple, avec La colline aux 1 000 enfants qui lui valut un prix d'interprétation masculine à Denver (États-Unis). « Ça ne m'a pas rapporté beaucoup en termes de contrats, s'amuse-t-il. Mais ça fait toujours plaisir. » En France, en revanche, on ne peut pas dire que les récompenses pleuvent. Et s'il a été nominé aux Molières en 1987 pour Tel quel, c'est Pierre Arditi qui est reparti avec la statuette. Pas un drame... « La légende veut qu'après un prix, on ait deux ans de chômage en récompense, sourit-il. J'ai plein de copains qui ont connu le problème. C'est un peu un cadeau empoisonné. C'est bon pour l'ego mais... »
Pas de tournage dans le Nord
depuis « Anne Le Guen »

Patrick Raynal, lui, n'a en tout cas pas de problèmes de chômage. Il joue actuellement, deux soirs par semaine, dans Charlotte Corday au théâtre des Mathurins. Il travaillera à nouveau au printemps pour la télé. Pas dans le Nord, malheureusement - il n'a pas tourné dans sa région depuis la série Anne Le Guen, dans le milieu des années 90. « On tourne souvent dans le Sud, pour des histoires de lumière et parce que le temps y est souvent meilleur, donc les choses moins risquées pour les extérieurs. » Qu'à cela ne tienne, il revient pour son propre plaisir, pour voir sa mère à Roubaix. « J'adore prendre l'autoroute du Nord. Et quand je suis à 20-30 km de Lille, je sens l'odeur des frites. Toute mon enfance me revient et c'est délicieux... »w


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