« On n'est pas des superwomen ! »
Publié le jeudi 28 janvier 2010 à 06h00
Entrée interdite aux hommes hier, à la chambre de commerce et d'industrie de Lille, pour les États généraux de la femme lancés par le magazine ELLE. Nous avons assisté aux rendus des tables rondes lors de la séance plénière.
VIOLAINE MAGNE > violaine.magne@nordeclair.fr
C'est quoi une femme bien dans sa vie aujourd'hui ? Isabelle Maury, rédactrice en chef de ELLE égrène la liste des qualités requises : la quarantaine, en couple avec deux enfants, chef d'entreprise ou dans l'art... Mais ce n'est pas tout : elle boit des coups avec ses copines, elle colle ses enfants devant la télé... Et, comble du politiquement incorrect : elle mange des chips ! Éclat de rire général dans la salle. Mais Isabelle Maury n'a rien inventé, elle ne fait que relayer, en séance plénière, le fruit de la table ronde qu'elle a animé le matin. De ces ateliers ne sont pas sortis des scoops, mais quelques vérités bien senties.
C'est d'abord la violence du monde du travail entre inégalités salariales, temps partiel subi et manque de reconnaissance. « Voilà plus de 25 ans qu'il y a un écart de 27 % entre les salaires féminins et masculins, souligne Isabelle Delcroix Naulais, déléguée régionale aux droits des femmes et à l'égalité. Les filles sont plus diplômées que les garçons, mais ensuite leur carrière n'est pas linéaire. La maternité est un frein à la carrière... »
« Je suis coupable »
Vient alors la difficulté à concilier travail et vie familiale, et la culpabilité qui en découle... « Depuis les origines, la femme est coupable d'avoir mangé la pomme et ouvert la boîte de Pandore, s'amuse Samira. Aujourd'hui, les femmes le ressentent encore fortement, je suis coupable d'être en congé maternité, de travailler, de ne pas être assez jolie, de ne pas bien faire la cuisine. C'est peut-être un travail que la femme doit faire sur elle-même ».
Surtout qu'entre les enfants et le boulot, la femme se perd parfois. Une avocate, Danièle, raconte : « La femme s'épanouit, oui, mais au détriment de ses enfants. Pendant la procédure de divorce, des hommes viennent me dire : elle ne veut plus du gamin ! » Émoi dans la salle et Caroline entame, la voix émue : « J'ai un mari qui a travaillé comme un fou pendant 20 ans. Il m'a laissé seule avec mon travail et nos trois enfants à élever. À la quarantaine, j'ai fait une grosse crise et j'ai dit à mon mari : "je te laisse la maison et les gamins, je pars". » Dans la salle, une intervenante résume les choses d'un lapidaire : « on n'est pas des superwomen ! » 2010, c'est aussi la quasi-obligation pour un couple d'avoir un enfant. La surexposition de la sexualité et du corps de la femme dans les médias.
La cruauté de la société envers les célibataires. Puis les débats prennent une tournure sociale. « Nous n'avons pas parlé des femmes précaires.
Elles n'ont pas de préoccupations de botox, parce qu'elles tirent le diable par la queue. On n'a rien dit non plus sur le vieillissement. Il faut absolument qu'un magazine féminin se penche sur le problème des retraites », tonne Denise Cacheux. Les femmes d'aujourd'hui n'aiment pas ce mot, mais il faut le dire : le féminisme n'est pas mort.w


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...