« La princesse et la grenouille », un pur Disney
Publié le mercredi 27 janvier 2010 à 06h00
Pour « La princesse et la grenouille », les studios Walt Disney renouent avec la tradition du conte de fées et celle de l'animation à la main.
Et nous, on aime !
ISABELLE RAEPSAET (AVEC AFP) > isabelle.raepsaet@nordeclair.fr
L'histoire. Sur les bords du Mississippi dans les années 1920, Tiana, jeune femme noire élevée dans une famille aimante mais pauvre, rêve d'ouvrir son restaurant grâce aux économies faites sur son salaire de serveuse. Un jour Narveen, un jeune prince désargenté à la recherche d'une dot avantageuse, débarque à la Nouvelle-Orléans où le Dr Tacilier, un sorcier vaudou, le transforme en grenouille. L'aristo batracien croise alors Tiana, à laquelle il demande de l'embrasser pour lui rendre sa forme humaine, comme dans les contes de fées. Mais contre toute attente, la jeune fille devient à son tour grenouille. Commence alors une lutte sans merci contre Tacilier, avec l'aide d'une poignée d'alliés, Mama Odie, loufoque sorcière aveugle qui vit au fond du bayou, une luciole et un alligator trompettiste.
Un retour aux sources. La 3D est désormais tellement évidente dans les films d'animation qu'on en était arrivé à oublier qu'il était encore possible de faire autrement. C'est pourtant le choix que firent Ron Clements et John Musker, les deux réalisateurs de La Princesse et la grenouille. 75 ans après Blanche-Neige et les 7 nains, les animateurs ont donc repris leurs crayons et leurs pinceaux pour un film d'animation traditionnelle faite à la main. « Nous avons essayé de tout réinventer. Cela a été très difficile de reprendre ce style d'animation. Ce n'est pas comme si nous l'avions gardé au frigo et qu'il suffisait de le ressortir ! Les défis étaient très nombreux. Il faut de l'entraînement... Et il fallait aussi trouver où acheter du papier ! », s'amuse le directeur artistique Ian Gooding.
Bienvenue à la Nouvelle-Orléans. « L'ambiance de la Nouvelle-Orléans qui autrefois appartenait à la France et le style français de l'architecture ont inspiré le film », raconte le Français Jean-Christophe Poulain, depuis 20 ans chez Disney, responsable d'une partie de l'animation sur ce nouveau film. « C'est un côté très sympa dans la fabrication des films Disney, qui remonte à Walt Disney lui-même : pour "Les Trois Caballeros" qui se passe au Mexique, il est parti là-bas avec toute son équipe.
Ils ont fait des aquarelles, pris des photos, tourné des bouts de film... car l'important, c'est de mettre les dessinateurs dans l'ambiance du lieu où se passe l'action. » Une princesse bien de son temps. Demandez aux petites filles dans les cours de récréation : aucun doute, Walt Disney est célèbre pour cette lignée de princesses auxquelles il a donné vie. À tel point même que « Princesses Disney » est devenu une marque à part entière...
Les premières à apparaître à l'écran furent inspirées par les plus grands auteurs de contes (les frères Grimm pour Blanche-Neige et Charles Perrault pour Cendrillon et la Belle au bois dormant). Ce sont de belles jeunes femmes en position de faiblesse, harcelées par de méchantes créatures (sorcières ou mère et soeurs) et sauvées par un beau prince charmant.
Les studios Disney abandonneront le genre pendant une trentaine d'années avant de renouer avec la tradition via la rousse Ariel (la Petite sirène). Suivront Belle, sous le charme d'un amoureux bien peu conventionnel, puis Jasmine, princesse orientale amoureuse d'un voleur. Pocahontas est fille de chef indien et une véritable écolo. Quant à Mulan, elle part défendre son pays habillée en garçon. C'est dire si on est loin de Cendrillon.
Neuvième de cette dynastie de princesses, Tiana est elle aussi un sacré brin de fille. Certes, on est bien dans le domaine du conte de fées (inspiré du Prince grenouille des frères Grimm), mais Tiana ne rêve pas de grands bals ou de robes somptueuses : elle, elle veut ouvrir un restaurant. Pour les équipes de Disney, il fallut donc adapter. Pas de sorcière mais un prêtre vaudou. Pas de fée mais une magicienne. Pas de souverain mais un Big Daddy très riche, etc. Et ce n'est pas sa seule différence avec ses « consoeurs ». Car Tania est la première princesse... afro-américaine. Effet de mode, suite de l'Obamania ? Pas du tout : le projet de La princesse et la grenouille a été lancé en 2006, donc bien avant l'élection du nouveau président des États-Unis. Mais cette première princesse noire nous montre que Disney sait à la fois revenir aux origines et regarder vers l'avenir...w


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...