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Histoire de « faire tomber les préjugés »

Quelques minutes avec des jeunes du FABS de Tourcoing.Photo Ludovic Maillard Quelques minutes avec des jeunes du FABS de Tourcoing.Photo Ludovic Maillard

Gosse, on lui a parlé des grands hommes qui avaient fait l'Histoire. Tous étaient blancs. Pour remettre les pendules à l'heure, l'ex-footballeur Lilian Thuram évoque donc ses « Étoiles noires ». Il était mercredi au Furet du Nord.



PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE RAEPSAET > isabelle.raepsaet@nordeclair.fr
Pourquoi les « étoiles noires » ? Parce que, dès l'école, on donne l'impression que l'histoire des Noirs n'a commencé qu'à l'esclavage. D'où l'envie de rendre justice aux écrivains, hommes politiques, artistes, scientifiques noirs. « J'ai eu des étoiles blanches, j'en ai eu plein », précise Lilian Thuram. « Je dis juste qu'avec des étoiles de toutes les couleurs, c'est mieux... » Pourquoi, dès l'enfance ? « Quand je vais dans les écoles, je demande aux enfants combien ils connaissent de races. Ils me répondent généralement 4, au lieu de une. Ensuite, ils me disent que les noirs chantent bien et courent vite, que les jaunes sont bons en maths et au ping-pong. Les rouges, c'est plus flou car il y a de moins en moins de western. Et les blancs ? Ils ont toutes les qualités des autres, parce qu'ils connaissent forcément un blanc qui chante bien ou est fort au ping-pong. » On le voit, il reste du boulot ! D'où l'intérêt que porte Lilian Thuram à l'éducation, « pour faire tomber les préjugés. Et ce de façon tranquille, sans se poser en victimes. » Une étoile noire particulière ? Celle qui le touche le plus, c'est sans doute « Frantz Fanon, peut-être parce qu'il est Antillais comme moi. Il a lutté pour l'égalité sociale. » Bientôt en politique ? « Non, ça ne m'attire pas. Il y a suffisamment de travail à faire au sein de ma fondation. » Mes étoiles noires en est la première action. Mais pour la prochaine rentrée, un outil pédagogique pour les CM1-CM2 autour du racisme est déjà prêt. Il est également question d'une exposition au Quai Branly sur les zoos humains.
Pour la discrimination positive ? Non, contre. « Je ne trouve pas que ce sont une bonne chose. On en revient toujours à la couleur de la peau... Je suis pour une discrimination positive basée sur les classes sociales. La vraie lutte est une lutte pour l'égalité sociale. On veut tous une société plus juste. » Des souvenirs du Nord ? Lille, « j'y venais quand j'étais plus jeune, pour les matchs AS Monaco-Lille. Mais je n'en voyais que les stades. Là, je découvre le centre ville et c'est magnifique. » Et Lens, où il est venu en 2008 lors de la Coupe du monde ? « C'était France-Paraguay. Plus le match avançait, plus il faisait chaud sur le terrain, tellement on avait peur de perdre. » Et le foot dans tout ça ? Fini au niveau professionnel. « Je prends toujours beaucoup de plaisir à jouer avec mes enfants, et mes amis. » Ce qui l'étonne aujourd'hui ? « Les enfants, quand ils parlent de foot, ils parlent de plus en plus des salaires des joueurs. Quand moi j'étais gosse, ça ne m'intéressait pas. Je voulais juste jouer. »w



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