Cinéma

« Do not disturb » ne dérange pas trop...

Publié le 30/09/2012 à 00h00

Le nouveau film d'Yvan Attal change radicalement de ses films choraux précédents. Cette fois, il met en scène un couple de vieux copains qui décident de faire un film d'art... Dans lequel ils couchent ensemble.

« Do not disturb » ne dérange pas trop...
Le nouveau film d'Yvan Attal change radicalement de ses films choraux précédents. Cette fois, il met en scène un couple de vieux copains qui décident de faire un film d'art... Dans lequel ils couchent ensemble.


FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.Fr
Ben est un garçon à la vie bien rangée. Avec sa très jolie femme, ils tentent de faire un bébé, histoire de meubler un peu leur vie de couple, et leur superbe maison de banlieue parisienne. Tout est bien, tout est normal. Mais un soir débarque Jeff.
Et lui n'a rien de calme ni de normal. Ce baroudeur, un rien mythomane, s'installe chez son vieux copain, bousculant sa routine et sa femme. Et l'entraîne dans quelques pérégrinations. Dont une soirée. Une fête très « libre » où le hors norme est la norme. Et alors qu'ils ont un peu bu, Jeff et Ben s'insèrent dans une conversation... Autour d'un festival. De porno amateur. Et sous l'allure d'un pari, ils s'engagent : ils vont coucher ensemble devant une caméra. Et ce ne sera pas un porno, ce ne sera pas une passade homo, ce sera de l'Art.



Gueule de bois
Sauf que le lendemain... Ils se rendent compte de ce qu'ils ont annoncé, de ce qui leur reste à faire. Et qu'il n'est pas question d'être le premier à se dégonfler. Même si, malgré tout, des obstacles se dressent sur leur chemin, comme la femme de Ben. Leur hétérosexualité. Des questions sur leur relation ou même quelques soucis triviaux et mécaniques.
À l'origine, il y a donc un film indépendant américain, Humpday. Mis en scène par Lynn Shelton et présenté à Cannes en 2009 dans une section parallèle, le film avait plutôt conquis les critiques. Bien plus que le public d'ailleurs. D'où l'idée d'en faire un remake. Et pour une fois que le remake est français et l'original américain, cela vaut le coup de le noter.
Les droits achetés par un producteur, c'est donc Yvan Attal qui a été approché pour réaliser le film. Parce que les questions de couple et de sexualité ont toujours été au coeur de ses films ? Qui sait... Toujours est-il qu'il s'est emparé du sujet avec bonheur. Parce que, avoue-t-il, c'était l'occasion de jouer avec François Cluzet.
Car s'il joue Ben lui-même, c'est donc l'acteur d'Intouchables qui se colle au rôle de Jeff. Pour le reste du casting ? Yvan Attal s'est fait plaisir et caste la très jolie Laetitia Casta pour jouer sa femme. Ajoutez Amira Casar et Charlotte Gainsbourg en couple de rockeuses lesbiennes et vous avez un tableau complet de ceux qu'il ne faut pas déranger.

Couacs et longueurs
Et globalement, ils sont tous plutôt bien dans leurs rôles... Malgré quelques couacs, notamment dans une scène seule pour Laetitia Casta ou pour quelques moments de duo enter Cluzet et Attal, l'interprétation est crédible.
Ce qui ne tient pas la route, par contre, c'est la mise en scène d'Yvan Attal. Il répète à qui veut l'entendre qu'il s'est senti « plus libre » sur ce travail de commande... Certes. Mais sa liberté formelle ne colle malheureusement à aucun point de vue, et finit par nous éloigner du film.
Il faut dire que le scénario est léger, voire carrément sucré à l'aspartame, et qu'il peine à tenir le spectateur en état d'alerte sur la longueur du film, bien moins dérangeant qu'il devrait l'être. Entre blagues lourdingues et sourires timides, ce Do not disturb s'avère un gâchis de talents.w

Nord Éclair