Cinéma

Stone, Travolta, Hayek

Publié le 26/09/2012 à 00h00

Une affiche de rêve. Un casting douze étoiles. Et une rencontre qu'on ne pouvait pas rater. C'est complètement emballés par « Savages » qu'on est allés poser quelques questions à Oliver Stone, réalisateur, Salma Hayek et John Travolta, acteurs.

Stone, Travolta, Hayek
Une affiche de rêve. Un casting douze étoiles. Et une rencontre qu'on ne pouvait pas rater. C'est complètement emballés par « Savages » qu'on est allés poser quelques questions à Oliver Stone, réalisateur, Salma Hayek et John Travolta, acteurs.


PROPOS RECUEILLIS PAR FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.Fr

« Savages » c'est « sauvages », à la fois un état primitif et inquiétant... Quelle est votre définition personnelle ?


Salma Hayek : Je ne suis pas un bon dictionnaire... Mais je dirais qu'il y a du bon et du mauvais, une partie de la définition que j'aime, une autre qui me fait peur. Être rebelle, ça me plaît. Mais ne pas avoir de moralité, ne pas se soucier de ce qu'on détruit pour arriver à son but...

Le film est à la fois apolitique et particulièrement marqué dans la société, était-ce une volonté ?
Oliver Stone : La guerre contre les drogues a été déclarée par Nixon en 72... Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elle n'a eu aucun effet ; les drogues sont aujourd'hui moins chères et de meilleure qualité ! On a travaillé pour le film avec la DEA (les Stups américains ndlr), et on les a démoralisés. Mais le film c'est surtout ces 6 personnages qui jouent au chat et à la souris, en cachant qui ils sont réellement.

Salma, vous jouez une femme forte aux multiples facettes, une « baronnesse » de la drogue...
Salma Hayek : C'est ce qui était excitant. J'ai aimé la découvrir avec Oliver. Avant le tournage on a fait un « Oliver Stone Camp », où pendant 15 jours on a travaillé ensemble pour trouver les personnages, les détails. On arrivait le matin et il y avait des activités, pour développer les personnages. C'est un rêve d'acteur cette méthode de travail !

Un rêve pour vous aussi, John, créer l'agent de la DEA, Dennis ?
John Travolta : C'était un challenge de créer ce personnage de flic. Il a fallu que je rencontre un agent de la DEA pour vraiment comprendre qui était Dennis. Quelqu'un de triste, qui passe son temps à trahir des gens, qui doit avoir plusieurs facettes. Jeune avec les jeunes, plus perfide que les méchants du cartel, et un bon père de famille à la maison. Il joue un jeu dangereux : un mot de travers et il est mort. Je n'ai pas besoin d'aimer les personnages que je joue... Mais j'aime les jouer et j'ai aimé jouer Dennis.

Le film mêle terreur et beauté, notamment des jeunes acteurs et actrices, humour et violence...
Oliver Stone : Les femmes sont belles dans les films de Brian de Palma... Moi j'aime aussi les beaux hommes, avec de beaux corps. Et je mets en scène des femmes fortes, les deux du film sont incroyables.
Salma Hayek : Vous savez, ces gens je les connais, je les vois au Mexique, et ils ont des vies violentes, mais ridicules. Des maisons énormes, où ils vivent seuls, ils sont leurs propres prisonniers. Ils sont drôles sans le vouloir. Enfin je précise... Pas tous, je ne veux pas d'ennuis.
(rires)
« Tueurs Nés » choquait par sa violence. Celui-ci pourrait bien choquer par sa liberté sexuelle... Une évolution du puritanisme ?
Oliver Stone : Je ne fais pas des films pour choquer, mais trouver des vérités, qui s'avèrent parfois être non-orthodoxes. C'est vrai qu'une historie d'amour entre une femme et deux hommes c'est assez neuf aux États-Unis. À part Butch Cassidy et le Kid... Où ce n'était que suggéré. En France ça passe mieux. Disons que la société est moins hypocrite que la société américaine.w

Nord Éclair