Cinéma

Mathilde Seigner ne « bowle » pas en touche

Publié le 18/07/2012 à 00h00

Avec le franc-parler qui la caractérise, ses enthousiasmes et ses colères, l'une des actrices préférées des Français revient au cinéma. Cette fois, elle est une Bretonne qui se bat pour sa maternité et pour son équipe de « Bowling ». Un paradoxe de plus, qui ne lui fait pas peur.

Mathilde Seigner ne « bowle » pas en touche
Avec le franc-parler qui la caractérise, ses enthousiasmes et ses colères, l'une des actrices préférées des Français revient au cinéma. Cette fois, elle est une Bretonne qui se bat pour sa maternité et pour son équipe de « Bowling ». Un paradoxe de plus, qui ne lui fait pas peur.


PROPOS RECUEILLIS PAR FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr

Dans ce film choral, vous abordez le jeu en groupe...


>> Y'a groupe et groupe. Là, j'ai adoré les trois gonzesses. Firmine Richard c'est une nature, la vache ! Elle n'a rien à foutre de rien, elle dit ce qu'elle pense, elle râle. Elle est à pisser de rire.

Vous avez toujours le même franc-parler... Après les César (où elle avait appelé Joey Starr sur scène, nommé seulement, alors que le récipiendaire Michel Blanc était à ses côtés, NDLR), n'avez-vous pas envie de vous mettre des barrières ?
>> Non, malheureusement je n'en ai pas et il faudrait peut-être que j'en installe ! Pas sur le jeu, mais sur le reste et je vois un comportementaliste pour ça.

Un comportementaliste ?
>> Je ne voulais pas rentrer dans une psychothérapie parce que la torture morale et tenter de comprendre sa vie en remontant à l'enfance ça ne m'intéresse pas. Mais il faut concrètement trouver un moyen de freiner ses pulsions.
Quand les chevaux - que je connais bien - sortent de la piste, un driver les remet dans le bon chemin.

Est-ce que ce n'est pas que vous êtes timide, finalement ?
>> Dans le fond non. La timidité pour moi ce sont des gens un peu mal à l'aise. Là où tu as raison c'est que je suis tellement fragile que quelque part je me tire une balle dans le pied à chaque fois.
Bon, sur les plateaux télé je m'ennuie beaucoup et il faut que je m'occupe. Comme les enfants. Il reste que ça me plaît de provoquer.

« Bowling » c'est aussi un tournage très féminin...
>> Si on regarde le ciné français, en particulier dans les comédies, c'est du cinéma de macho avec des mecs, des mecs et encore des mecs. Cela dit, dans Camping, même s'il y avait de ça, j'avais quand même un sacré personnage à défendre.

On dirait que, depuis quelque temps, vous développez une image plus g
lamour...
>> D'abord, j'ai blondi mes cheveux pour revenir à une couleur que j'avais enfant et ça adoucit beaucoup. C'est tout bête parfois ! D'ailleurs, après les César, beaucoup me disaient « par contre, t'étais très belle ». Entendez par là que tout était effrayant mais alors ma robe Saint-Laurent, mon physique apprêté...
Mon père m'a dit : « Il n'y avait que ça de bien » et ma mère était morte de honte.

La chirurgie, ça vous tente ?
>> Je fais de l'endermolift, c'est une sorte de massage du visage. Comme ça, pas de botox, pas de piquouse, j'ai 45 ans, je suis actrice certes mais je ne veux pas de botox, une bouche de guenon ou de mérou au choix. Cette technique m'a remonté le visage. Il faut s'occuper de soi, j'ai un enfant de 5 ans, il m'a épuisée et puis on vieillit, ma pauvre !

Avez-vous encore, finalement, des envies de cinéma ?
>> J'en ai marre un jour et pas le lendemain. Mais globalement je n'ai plus envie d'être emmerdée par les entrées alors je me fais moins payer et on me fout la paix. Mes deux derniers films n'ont pas du tout marché et je m'en tape. Je ne peux pas faire Camping toute ma vie. Si demain ça s'arrête je m'en contrefous ! Je me suis construit une vie que j'aime, j'ai une maison, j'aurais ce qu'il faut pour vivre et j'élèverai des chevaux. Au fond je n'ai pas peur. Il reste qu'à 45 ans, on n'est pas beaucoup d'actrices qui puissent jouer une paysanne, une agricultrice ou une fille avec un caractère fort.

Vous y avez donc quand même des projets ?
>> J'aimerais bien faire un one-woman-show. Je ferai des imitations, j'en ai une bonne flopée comme Marceau, Adjani et même Johnny à mes heures. Je raconterai énormément de choses sur le métier. Je vais trouver l'angle. Enfin, on va le trouver pour moi : je ne sais pas écrire.w

Nord Éclair