Cinéma

« Laurence Anyways », le choc Dolan

Publié le 18/07/2012 à 00h00

C'est l'un des enfants terribles du cinéma actuel. Xavier Dolan est un petit prodige, que la critique aime autant aimer que détester et qui lui donne souvent raison, des deux côtés...

« Laurence Anyways », le choc Dolan
C'est l'un des enfants terribles du cinéma actuel. Xavier Dolan est un petit prodige, que la critique aime autant aimer que détester et qui lui donne souvent raison, des deux côtés...


FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
Le soir de ses 35 ans, Laurence, professeur de Lettres apprécié de ses étudiantes, annonce à sa compagne Fred qu'il veut devenir la femme qu'il se sent être. La caméra suit le couple sur l'ensemble de la décennie 90, confronté à l'incompréhension et aux préjugés de son entourage et de la rue - exprimés parfois avec les poings dans le sang et les larmes. Fred (Suzanne Clément) se bat d'abord contre elle-même, sa stupeur et surtout son chagrin pour rejoindre le combat de Laurence qui l'entraîne, malgré eux, dans une dépression profonde. Pour autant « lui » , de plus en plus « elle », ne renonce jamais à cet amour-là, drapé avec une conviction bouleversante, grâce à Melvil Poupaud, dans sa magnifique ambivalence.
Pour Xavier Dolan, qui a eu les honneurs de la sélection Un certain regard au dernier festival de Cannes : « c'est une histoire d'amour entre deux idéalistes marginaux : on a deux héroïnes et deux formes de courage différentes ».


Parmi celles qui ont marqué la Croisette, et qui brûlent la pellicule de Dolan, Nathalie Baye, mère de Laurence, confrontée à un enfant qu'elle ne parvient pas à comprendre. Une femme qui, selon l'actrice « n'a jamais été vraiment bien avec son fils, sans doute parce qu'il n'était jamais bien non plus avec lui-même. Mais quand son fils lui annonce qu'il veut devenir une femme, elle l'entend. Et quand il devient enfin ce qu'il est, au plus profond d'elle-même, elle va mieux elle aussi ».
Boulimique de travail, artiste complet qui cumule les rôles sur ses tournages, parfois à tort, parfois à raison, Xavier Dolan est cette fois sc énariste, dialoguiste, réalisateur, et costumier de son film dont il signe aussi l'affiche et le dossier de presse. Pour une fois, il n'est pas à l'écran, se contentant d'imprimer sa patte jusque sur ses acteurs, Melvil Poupaud en tête, bien sûr. « J'interviens beaucoup. Ca peut avoir l'air très autoritaire et castrant mais en tant qu'acteur je sais comment je ferais et je le dis ». avoue-t-il, avec l'assurance qui le caractérise. « J'ai joué avec mes acteurs, et joui même derrière la caméra » ajoute-t-il ensuite, avec, cette fois, l'excès qui fait parfois sa perte, qu'heureusement il a retenu en lui pour ce Laurence Anyways.
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Nord Éclair