Il en faut toujours un. Le film que les critiques et les festivaliers adorent. Tout en sachant pertinemment qu'ils ne pourront le conseiller à personne. Un paradoxe? Pas vraiment. Leos Carax le confirme encore une fois: il est parfois de bons films qui ne peuvent trouver leur public parce que trop fermés, trop étranges, trop.
Holy Motors est une histoire complète. Celle d'une journée de travail comme les autres pour Monsieur Oscar. Le seul élément dérangeant, c'est que Monsieur Oscar ne fait pas un travail comme les autres.
Casting glamour pour Salles
Tour à tour ermite, homme d'affaires du CAC40, vieillard, père de famille ou mendiante, il se grime, se travestit et semble remplir d'étranges « missions ». Un acteur, mais sans caméras. Un escroc, mais sans but. Dans sa grande limousine blanche, conduite par son chauffeur Céline, il traverse la ville, de scène en scène, de personnage en personnage. Et le spectateur de commencer par s'interroger, avant de se laisser aller. C'est là qu'il est alors happé par le film, sorte de mélange hypnotique qui rend hommage à tous les genres du cinéma puisque le film est bourré de références et de citations.
Certes, Holy Motors est parfois « trop » et les rires dans la salle se font jaunes et gênés, mais c'est une uvre complète et variée qui mérite le détour. Tout du moins pour les cinéphiles et autres habitués des formes étranges, d'où le dilemme des critiques de le proposer à leurs spectateurs-lecteurs-auditeurs. Mais après tout, Leos Carax donne au Festival de Cannes l'occasion de prouver son utilité. Et s'il se retrouve au palmarès, ce serait un joli coup de pouce pour un film « difficile » mais fascinant.
Moins difficile, beaucoup plus simple, le second film de la compétition hier était donc Sur la route, l'adaptation de Jack Kerouac. Un exercice compliqué pour Walter Salles dont il se sort avec les honneurs après plus de huit ans de préparation. Un exercice qui fera surtout le buzz pour son casting glamour dont Kirsten Stewart fait partie. L'occasion de se sortir enfin de son fade rôle de Twilight: « J'aime beaucoup le personnage de Marylou. Elle vous frappe par sa personnalité et par la pertinence de ses propos. Elle n'est pas en rébellion mais seulement elle-même. Sa priorité est d'être humaine. Pour moi, elle incarne l'esprit de ce livre. Dans les moments de doute, sur le tournage, j'ai vraiment ressenti sa présence. »