Cinéma

Les marches de Cannes habillées de rouge sang

Publié le 20/05/2012 à 00h00

La journée était particulièrement sanglante et violente, hier sur la Croisette. Rassurez-vous, pas de règlements de comptes en vue, mais des films particulièrement durs...

Les marches de Cannes habillées de rouge sang
La journée était particulièrement sanglante et violente, hier sur la Croisette. Rassurez-vous, pas de règlements de comptes en vue, mais des films particulièrement durs...


FADETTE DROUARD (ENVOYÉE SPÉCIALE À CANNES) > fadette.drouard@nordeclair.fr
Pas de doute, la couleur du tapis qui habille les marches du palais était particulièrement appropriée, hier. Le rouge sang et la transparence des alcools, ce sont les deux dominantes du premier film proposé au jury en compétition : Lawless, alias Des hommes sans loi. Un western au temps de la prohibition qui met en scène trois frères, maîtres des alambics, face à un agent fédéral particulièrement vicieux qui vient perturber leurs petites combines. Entre suspense, fusillades et expéditions punitives, le film est violent, n'hésite pas devant les images choc, servies en plus par une clique d'acteurs « montants », de Guy Pearce à Jessica Chastain en passant par Tom Hardy et Shia LaBeouf, enfin débarrassé de ses Transformers. Un divertissement de qualité, même si les festivaliers, plus habitués aux films d'auteur l'ont trouvé trop « grand public ». Un rien snobs, les Cannois !
Du coup, l'autre long-métrage proposé en compétition leur a plu. Le film ? L'adaptation d'une pièce de théâtre, elle-même adaptation d'un fait divers, signé Cristian Mungiu. Le réalisateur roumain, qui avait décroché la palme d'or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours, revient donc avec une histoire d'adolescentes. Deux jeunes filles, qui se retrouvent dans un monastère Au-delà des collines comme l'indique le titre du film. L'une est dépressive, et devant le rejet de la seconde se met à avoir des crises, que le pope local traitera par un exorcisme dur. Dur et magistral, le film n'en est pas moins trop long. 2 h 40 de sobriété, ça fait beaucoup.


Heureusement que la sélection Un certain regard, sélection parallèle, était là pour réveiller le monde. Au programme, un petit nouveau, pas si nouveau. Il s'appelle Brandon Cronenberg et, oui, c'est le fils de son père. Avec le même penchant pour le bizarre, même si sa réalisation manque un peu de maturité. Son film ? Antiviral. Une fable ancrée dans une réalité pas si lointaine où les stars sont les nouveaux dieux. Et grâce au miracle de la science, et un peu de réplication de l'ADN, on se les greffe, on les mange en « steaks de cellules » et comble du chic, on se fait inoculer leurs maladies.
Une société malade, dites-vous ? On n'en est pas si loin, et le festival de Cannes semble du coup se regarder dans un miroir un peu déformant... De quoi faire jaser sur la Croisette !w

Nord Éclair