Steven Spielberg se remet en selle
Publié le jeudi 23 février 2012 à 06h00
Steven Spielberg, lors de la masterclass qui lui était consacrée à la cinémathèque française il y a peu. Le réalisateur de «Munich», «Il faut sauver le soldat Ryan» et autres «E.T.» n'a pas perdu son envie de cinéma.
Après une aventure « tintinophile » toute numérique, Steven Spielberg revient à la fresque épique avec un « Cheval de guerre » tourné en partie en France. Une histoire pour tous, un point de vue inédit sur le premier conflit mondial.
PROPOS RECUEILLIS PAR FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
D'où vous est venu votre intérêt pour cette histoire, livre pour enfants déjà adapté au théâtre ?
>> 5 millions de chevaux sont morts pendant la Première Guerre Mondiale. Le nôtre, Joey, est spécial. Parce qu'il y arrive un peu tard, et il est aimé de tous ceux qu'il croise. Mais aussi parce qu'il est un esprit libre, même si on ne peut pas vraiment pointer ce qu'il est de différent, il l'est. Quand j'ai vu la pièce dont le film est tiré, ce qui m'a fait pleurer c'est ce qu'elle met particulièrement en lumière : le gâchis humain de ces guerres.
Cela implique un nouveau challenge de réalisateur : diriger un cheval !
>> Le plus grand défi est de faire faire ce qu'il faut au cheval pour qu'il ait l'air de « ressentir » ce dont vous avez besoin. Nous avons travaillé avec un dresseur extraordinaire, et je l'ai associé même à l'écriture du scénario. Au moindre changement, il fallait aller le voir, lui demander si c'était possible d'entraîner le cheval à faire ce qu'on imaginait, et combien de temps cela prendrait. En fait toute la « mise en scène » du cheval est passée par une autre personne.
Est-ce que ce n'est pas dérisoire de parler de l'épopée d'un cheval, au moment où tant d'hommes meurent ?
>> J'ai déjà fait des films sur la guerre... L'intérêt cette fois était d'avoir un regard humain sur la Première Guerre Mondiale. Enfin un regard animal. Mais ce n'est pas un film sur la guerre, c'est un film sur une séparation et la volonté de deux personnages pour se retrouver. Quant à la guerre...
Il n'y a pas une seule manière de montrer la guerre. Il y a de multiples points de vue, différents mais pas moins bons. La guerre cette fois-ci est un catalyseur, une toile de fond.
Pourquoi avoir choisi de faire tourner Niels Arestrup ?
>> je vois beaucoup de films français, et Niels Arestrup est un trésor national. Je l'ai beaucoup aimé dans le Scaphandre et le Papillon, Un Prophète... En fait c'est le seul que j'ai vu pour ce rôle.
Albert, votre héros, est une fois encore, un gamin qui ne se mélange pas aux autres, un solitaire un peu rejeté...
>> C'est parce que moi aussi j'étais le gamin craintif que les autres chahutaient. Maintenant, ceux-là paient pour voir mes films (sourire narquois). C'est pour ça qu'aujourd'hui c'est eux que je mets en scène, et en valeur.
Votre film s'appelle « Cheval de Guerre », mais votre animal porte surtout la paix...
>> C'est surtout un conte de courage et d'espoir. Une histoire optimiste. Joey est le catalyseur qui montre la réalité des hommes, à chaque fois qu'il passe d'un camp à l'autre, il montre une autre solution, plus pacifique, une parenthèse dans des temps sombres
.
Vous retrouvez-vous aujourd'hui dans les productions d'Hollywood ?
>> Hollywood c'est juste des lettres posées sur une colline, ce n'est pas un état d'esprit ! Pour moi c'est là que je vis et que je travaille, pas plus. C'est un endroit où la créativité est reine, mais je vous assure que je ne pars pas le matin « pour Hollywood » ! Je dirige une entreprise... L'esprit dont vous parlez, il n'existe que quand on met un smoking sur le tapis rouge.
Où en êtes-vous de vos projets ?
>> J'ai fini « Lincoln », nous sommes au montage. En septembre je vais filmer Robocalypse, un film d'action, du pur pop-corn movie. Je m'occupe...w


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