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ÇA SORT MERCREDI

Le cheval, la guerre et Spielberg

Jeremy Irvine est le jeune Albert, qui va le premier s'occuper de ce cheval extraordinaire qu'est Joey. Avant que la guerre ne les sépare. Photo DR Jeremy Irvine est le jeune Albert, qui va le premier s'occuper de ce cheval extraordinaire qu'est Joey. Avant que la guerre ne les sépare. Photo DR

Avec « Cheval de Guerre », Steven Spielberg revient au vrai. Vrais acteurs, vraie histoire, vrai cheval et vraie épopée au coeur du premier conflit mondial dans le nord de la France et en Belgique. Un divertissement familial et rassembleur.

les lecteurs
  • Note actuelle 1.75/4


FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
Après une épique adaptation de Tintin en images de synthèse, Steven Spielberg revient au vrai. Au très vrai, avec les aventures d'un cheval plongé dans les affres de la première guerre mondiale.
Albert est un jeune homme modèle. Il est très présent chez lui, aide au mieux sa mère, et tente de s'écarter du chemin de son père quand il a - comme de coutume - trop bu. Et puis un jour, presque par hasard, son père rentre du marché avec un cheval exceptionnel. Pas le cheval de trait dont la ferme avait besoin, mais un superbe animal, racé et délicat.


Entre le jeune homme et l'animal, se noue alors une relation forte, entre le dressage et la compréhension mutuelle. Sauf que la guerre vient s'en mêler, et qu'Albert et Joey sont séparés, Joey devenant monture d'un officier envoyé au front.

Amitié étrange
Au travers du conflit, alors qu'Albert va tout tenter pour le retrouver, Joey va changer la vie de ceux qu'il rencontre, quelque soit le camp dans lequel il se retrouve.
Attention, histoire extraordinaire. Steven Spielberg renoue avec le style qu'il cultive depuis des années, entre épique et grandiose. Il n'a peur de rien.
Ni des violons, ni des scènes esthétisées qui rappellent les toiles peintes d'Autant en emporte le vent. La vraisemblance ? Accessoire.
Il faut toucher coûte que coûte. Et tant pis si, du coup, on pense que les fermiers nordistes cultivent des vignes dans leurs champs. Cheval de Guerre se passe en effet dans le nord de la France, en grande partie, la superbe campagne anglaise ne servant que de havre paisible qui entoure cette histoire de guerre. Entre Quievrechain et Menin (appelé Ménin d'ailleurs), Steven Spieberg jette donc son cheval au milieu des turpitudes d'une guerre où les hommes ne connaissent encore que peu les machines. Et, entre reconstitution et fantaisie, il éprouve son spectateur. Parfois le film est en effet une épreuve, parce que s'il est question ici d'une oeuvre familiale, Cheval de Guerre n'en est pas moins guerrier. Et brutal parfois, jusqu'à devenir une épreuve pour le spectateur. On retient d'ailleurs une épique scène dans le no man's land qui donne des frissons.

Longueurs et famille
Mais au-delà de ces images choc, le film reste... Un peu long. Trop de pérégrinations et le voyage de Joey finit par devenir répétitif, un peu lassant même, malgré la maestria du réalisateur, sans compter qu'il est plus difficile de s'attacher à un équidé qu'à un extra-terrestre aux grands yeux.
Heureusement, il y a d'autres mammifères pour nous accrocher au film. Des acteurs au talent évident, impeccables et justes, tous, sans exception. On aime Peter Mullan, David Thewlis, Tom Hiddleston, Benedict Cumberbatch, David Kross ou encore le jeune Jeremy Irvine qui, qu'ils soient dans un camp ou dans l'autre, parviennent à montrer une humanité sans faille.
Humain, finalement, Cheval de Guerre l'est, et la maestria de sa mise en scène en fait un divertissement familial de premier plan...
Mais pas, de loin, l'un des meilleurs Spielberg.w


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