Vous êtes ici : Accueil > Loisirs > Cinéma

RENCONTRE

Meryl -Thatcher- Streep

Meryl Streep a certes beaucoup travaillé le maquillage, mais elle réussit surtout à capter l'essence de cette grande dame aux multiples facettes. Meryl Streep a certes beaucoup travaillé le maquillage, mais elle réussit surtout à capter l'essence de cette grande dame aux multiples facettes.

Dans une année qui sera riche en biopics, Meryl Streep et sa « Dame de fer » placent la barre très haut. L'actrice retrouve sa réalisatrice de Mamma Mia, Phyllida Lloyd pour une évocation de la Britannique la plus controversée de l'Histoire. Un rôle qui pourrait lui valoir un Oscar.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.67/4


PROPOS RECUEILLIS PAR FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr

D'où est venu votre intérêt pour ce projet, un biopic peu classique ?


>> J'avais travaillé avec Phyllida sur Mamma Mia et nous étions restés en contact. Nous parlions beaucoup de mon intérêt pour Elizabeth Kubler-Ross, qui est la doctoresse suisse qui a identifié les 5 étapes du deuil. Elle me répondait « bien sûr, je pense que les gens viendraient en masse ! » (rires). J'ai été immédiatement intriguée quand elle m'a parlé de son projet sur Margaret Thatcher, qui parlait surtout de la fin de sa vie. J'avais perdu mes parents et je me posais beaucoup de questions sur la façon dont les gens prennent congé d'une vie, a fortiori d'une vie turbulente.

Il fallait donc faire abstraction de son côté politique, pour se concentrer sur son caractère ?
>> Cette femme est une icône pour la droite, un démon pour la gauche... Et donc trouver au milieu son humanité. Trouver la femme qui a toujours préféré la compagnie des hommes, si elle était seule au milieu d'eux. C'était une exploration incroyable. Et puis je voulais pouvoir montrer comment ces deux mondes demandaient des décisions terribles : démarrer une guerre ou jeter les affaires de son mari défunt. Je voulais montrer ce qui fait le coeur de la sensibilité humaine : les grandes comme les petites décisions, trouver le coeur de cette femme qui a changé l'Histoire.

Ce n'était pourtant pas une féministe ?
>> Elle ne se considérait pas comme une féministe, et c'était réciproque. Elle ne manquait jamais de rappeler qu'elles ne l'avaient jamais aidée. Mais son parcours a ouvert des portes, parce qu'elle a réussi à faire voter des hommes pour elle, ce qui n'était pas imaginable avant. Quand j'étais jeune, je n'étais pas forcément d'accord avec sa politique, mais je me rappelle avoir été heureuse que cette société anglaise, où la distinction entre les hommes et les femmes était ancrée dans une tradition forte, ait élu une femme. C'était il y a 30 ans et je me disais, chez moi, aux États-Unis, ça va vite arriver maintenant ! (rires)
Le premier ministre anglais a regretté que ce film ait été fait du vivant de Margaret Thatcher, qu'en pensez-vous ?
>> Je pense que c'est d'abord parce qu'on la montre atteinte de démence. Si elle n'avait eu « qu'un » problème pulmonaire, cela n'aurait pas dérangé, mais la démence est marquée à part, comme honteuse. En réalité, le film est respectueux de sa personne, il ne fait que montrer sa vie. Quant au premier ministre, s'il s'inquiète d'un film, alors que penser de ses propos qui la souhaitent morte ?

Le film montre aussi particulièrement ses rapports avec son mari...
>> C'est une question cruciale pour les femmes qui ont une stature forte : que fait-on du mari ? Être une première dame semble être une promotion pour une femme, mais pour un mari, ce serait une humiliation ? J'ai été en mon temps une des premières femmes à intégrer l'université de Yale, qui était exclusivement masculine. Et je me suis entendu dire que notre présence allait tirer le niveau de l'université vers le bas ! Maintenant les universités sont mixtes, mais il reste beaucoup de travail à faire dans beaucoup d'autres domaines, y compris en politique !w

Une « Dame de fer » qui pourrait récolter un Oscar...

Qu'on ait connu ses années de « règne » ou pas, Margaret Thatcher est une icône. Diabolisée à loisir, analysée dans tous les sens, ou posée en exemple... Une multitude de facettes que « La Dame de fer » tente d'embrasser en un film. Qui trop embrasse mal étreint. Ou l'enfer est pavé de bonnes intentions... Deux proverbes qui collent parfaitement à cette Dame de fer. Si on l'attendait avec impatience, c'est d'abord parce que chaque apparition de Meryl Streep à l'écran est un bonheur. C'est ensuite qu'on avait vu les photos de tournage et ce mimétisme incroyable entre la « vraie » et la « fausse ». Et parfois, trop d'attente nuit au film. C'est peut-être le cas de cette Dame de fer, qui souffre cruellement d'une volonté de tout montrer. Nous retrouvons donc Margaret Thatcher à plus de 80 ans, dans sa maison londonienne, entre son entourage qui tente de la protéger d'un extérieur qui ne l'attend plus et ses souvenirs. Ceux de ses combats. Politiques mais aussi humains. Entre passé et présent, le film nous offre à travers la mémoire de cette vieille dame digne un aperçu de la carrière de la première et unique Premier Ministre du Royaume-Uni. Une carrière et une vie bien remplies. Un peu trop du coup pour un seul film, qui peine à trouver un angle, un axe fort autour duquel construire son personnage. Ne reste donc - mais c'est déjà remarquable - qu'une actrice, qui transcende le maquillage pour jouer son personnage avec maestria. Une maestria qui pourrait lui valoir, le 26 février, un Oscar.wF.D.


Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Cannes 2012 "Cannes 2012"

Cinéma

Grand soir, grands rires et standing ovation Grand soir, grands rires et standing ovation

Sur la Croisette, ils détonnent beaucoup. Pourtant ils ont tous déjà été invités par Frémaux et Jacob, individuellement. Mais cette fois l'équipe du « Grand Soir » est au complet : Gustave Kervern et Benoît Delépine, réalisateurs, et Albert Dupontel et Benoît Poelvoorde, acteurs.

les lecteurs
  • Note actuelle 3.25/4

Les autres sorties

Une journée de compétition entre le whisky et les flingues

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...