Un thriller d'espionnage à l'ancienne
Publié le mercredi 08 février 2012 à 06h00
Gary Oldman renoue avec un cinéma plus sobre, un personnage sombre tout en intelligence qui lui réussit particulièrement.
En pleine guerre froide, les services secrets britanniques sont mis à l'épreuve de la loyauté. Une taupe sévirait dans leurs rangs, mettant en danger les agents et la sûreté du pays.
FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
Une mission ratée, un bain de sang et le patron du MI6, les services secrets anglais, se fait virer. Control emmène avec lui son fidèle lieutenant George Smiley.
Et c'est sous l'impulsion des plus hautes instances que Smiley va se retrouver à enquêter sur le MI6 lui-même, à la recherche d'une possible taupe. Autour de lui, Peter Guillam et Ricki Tarr, deux jeunes agents qui vont aussi faire les frais d'un climat de suspicion et de chasse à l'homme pesant.
Entre le danger et les masques, La Taupe adapte donc un roman de John LeCarré. Un roman complexe bien sûr, où les agents sont doubles, triples, et où l'histoire a autant de facettes que ses personnages.
Best-of cinématographique
Une histoire dont s'empare Tomas Alfredson, émérite réalisateur de Morse, avec un talent fou. Sa mise en scène est élégante, fluide et impeccablement mise en place pour doser une atmosphère pesante. Sans pour autant étouffer ses acteurs.
Et quels acteurs. Partout où le regard se pose, partout où la caméra s'aventure, on trouve un acteur juste, impeccable, incarnant au mieux son personnage.
Alfredson semble avoir décidé de ne pas choisir : il a pris tout ce que le cinéma britannique avait de meilleur. Control ? John Hurt, à qui il suffit d'un mot pour brûler la pellicule et nos rétines. Les jeunes recrues ? Benedict Cumberbatch (incroyable Sherlock), Tom Hardy... À qui il faut adjoindre aussi Mark Strong, Toby Jones, Ciaran Hinds, Kathy Burke et le toujours impeccable et classieux Colin Firth. Et pourtant, parmi tous ceux-là, il en est encore un qui semble ressortir un peu plus de l'image, au point d'être nominé aux Oscar pour sa prestation : Gary Oldman. Celui qu'on connaît dernièrement pour avoir été le parrain de Harry Potter renoue avec un personnage tout en intériorité, en regards et en intelligence.
C'est d'ailleurs l'un des mots qui caractérise le mieux La taupe : l'intelligence. Celle des acteurs, entièrement au service du film, celle du réalisateur, qui utilise tous les outils du cinéma, du flaskback au contre-champ à bon escient, et celle du spectateur, mise à rude épreuve.
La taupe est tout sauf un film fainéant et pré-mâché, c'est un petit bijou de cinéma et une énigme casse-tête, et voilà qui fait notre bonheur de cinéphile.w


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