JC comme Jonathan Zaccai
Publié le mercredi 08 février 2012 à 06h00
Avec Elsa Zylberstein, l'une des comédiennes amies du réalisateur qui a accepté l'humour belge, et joue donc une diva capricieuse avec bonheur.
L'acteur jusque-là abonné aux seconds rôles débarque sur les écrans avec « JC comme Jésus Christ ». Un film OVNI, docu-fiction autour d'un réalisateur de 18 ans, qui a tout gagné, mais tente de passer son bac. Une histoire entre absurde et satire de la grande famille du cinéma.
PROPOS RECUEILLIS PAR FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
Votre envie de réalisation se manifeste aujourd'hui avec un film OVNI, entre portrait et docu-fiction...
>> J'ai fait deux courts-métrages en 5 ans, et quand j'ai voulu faire des longs... C'était beaucoup plus compliqué, ça a un peu dérapé... Ce film-ci n'était pas prévu, JC était un personnage d'un film que je n'arrivais pas à monter et c'est en rencontrant Vincent que ça a fait tilt. Je suis rentré, j'ai écrit le film en 2 semaines et on a tourné en 2 semaines. Ce film c'est un acte de folie, de liberté, on l'a fait vite... Ca me plaît bien, c'était joyeux !
Qu'est-ce qui change dans votre approche par rapport à un film plus « classique » ?
>> J'ai écrit le film pour le faire « comme je pouvais ». L'appartement de JC c'est chez moi, par exemple. Et puis être réalisateur c'est particulier. Encore plus dans cette situation : je n'ai pas eu le temps de réfléchir, alors qu'il faut toujours savoir ce qu'on va faire quand on vous pose la question. Mais j'ai aussi adoré cette énergie très positive, c'est jouissif.
Et quand cette énergie retombe ?
>> Ce qui est violent c'est de le faire dans ces conditions et de se retrouver exposé au public comme un film qui a eu le temps et les millions. Mais je suis très heureux de l'inconscience de mon film. Même si j'ai aussi appris comment je veux faire mon deuxième : là j'ai envie de temps.
Faire un premier film qui balance sur un système d'où on sort, ce n'est pas gonflé ?
>> En fait c'est le ridicule du personnage qui prime. CE jeune réalisateur encensé par tout le monde, les prix qu'il a eus. C'est un cinéaste parce que narrativement, du coup il est plus vite mis sur un piédestal, les acteurs le courtisent, les actrices aussi. En même temps pour moi c'est plus une comédie sur un personnage symptomatique d'une époque où on peut créer de toutes pièces un génie qu'un film sur le cinéma.
Avec quelques acteurs qui jouent l'autodérision...
>> Je suis un peu le riche des pauvres en tant que réalisateur. Comme je suis acteur et que je les connais, j'ai pu les emmener dans mon film. Kad Merad, Gilles Lellouche, Aure Atika, Elsa Zylberstein, je les ai emmenés dans ce délire-là.
Un délire à l'acide, qui frôle parfois l'absurde...
>> C'est peut-être ce que j'ai de plus Belge : rire de soi c'est le plus important. Ce n'est peut-être pas l'humour français... On est peut-être plus proche de l'humour anglais ou belge.
Vous revendiquez vos origines ?
>> Non, mais je me défends un peu avec. Parce que mon film étant difficile à classer, du coup je préviens que l'humour peut parfois être déconcertant pour certains, qui se disent que c'est du premier degré alors que je suis au 18e. Et que ca peut-être compliqué dans ce cas-là...
Un premier film, une forme un peu particulière et un acteur qui colle parfaitement à son époque. « JC comme Jésus-Christ » de Jonathan Zaccaï, ne ressemble à aucun film, mêlant absurde et humour noir avec bonheur. Un OVNI... Il a tout eu. Tout gagné. Il peut d'ailleurs tout avoir. JC, pour Jean-Christophe, est l'idole actuelle de l'hexagone. Un jeune réalisateur de cinéma surdoué, qui cette année passe le bac. Entre la morgue d'un Jean-Luc Godard et le côté ado de Justin Bieber, il est un personnage fascinant, à la rencontre duquel le film nous emmène. Le principe du docu-fiction a fait les beaux jours de C'est arrivé près de chez vous. Difficile pour JC de marcher dans les illustres pas de son grand frère culte, mais le film en tout cas semble lui avoir piqué une belle énergie. C'est plein d'enthousiasme que Jonathan Zaccai s'est lancé dans cette aventure, et ça, déjà, c'est un bon point. L'un de ceux qui méritent le détour. Et s'il est vrai que sur la longueur, le film souffre de quelques manques scénaristiques, il n'en garde pas moins une vraie inconscience, un vrai enthousiasme. Porté par un Vincent Lacoste qui s'amuse beaucoup, le film cumule les saynètes avec bonheur. On aime beaucoup ces acteurs qui ont accepté de se moquer d'eux-mêmes, de leurs travers et de leur profession. On aime aussi un « genre » poussé à l'extrême jusque dans la bande son et les coupes d'image. Un exercice de style, réussi, un premier film qui, en tout cas, augure bien d'un second, peut-être plus soigné au niveau scénario.wF.D.


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