« Zarafa », girafe qui réunit les générations
Publié le dimanche 05 février 2012 à 06h00
Maki, Hassan et Zarafa, un trio entre émotion et humour qui nous emmène dans un joli périple, quel que soit notre âge!Photo DR
Le nouveau film de Rémi Bezançon, émérite réalisateur du « Premier jour du reste de ta vie », est un film d'animation. Un conte pour enfants et adultes, le périple d'une girafe et de son protecteur à travers l'Afrique et la France.
FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
Ça commence comme une histoire tragique. Celle de Maki, petit garçon de 10 ans, enlevé par des négriers. Mais Maki s'évade et va faire deux rencontres qui vont changer sa vie. La première, c'est celle de Zarafa. Une petite girafe aux yeux doux, qui devient son amie d'un regard. La seconde, c'est Hassan. Bédouin, prince du désert, bien loin de ses dunes. Hassan a une mission bien précise : il doit trouver une girafe. Un animal qui sera le cadeau du pacha d'Égypte au roi de France, en espérant en retour de celui-ci une aide contre les Turcs qui assiègent Alexandrie. Un cadeau crucial, une mission qu'Hassan est bien décidé à mener à bien, malgré les dangers... Et malgré Maki, qui lui est bien décidé à ramener son amie girafe sur sa terre natale.
Voyage initiatique
Ils passeront par des coups durs, des paysages dangereux, des moments de doute, mais aussi des émotions diverses et variées, et de belles rencontres. Sur leur chemin, ils vont en effet croiser Mahmoud, Malaterre, Bouboulina et Mouhn et Souhn, deux vaches sacrées du Tibet. Des péripéties donc qui oscillent entre le fantastique et une histoire vraie : celle du trajet de cette girafe diplomatique à travers l'Hexagone.
Une histoire que Rémi Bezançon adapte, et c'est la première surprise de ce joli conte. Le réalisateur du Premier jour du reste de ta vie s'adjoint un dessinateur, Jean-Christophe Lie, pour raconter donc son histoire en dessins. Oui, oui, en dessins, à l'ancienne, en 2D, avec un parti pris esthétique particulier. Les dessins de Zarafa sont en effet loin du lisse absolu qui est souvent la règle dans les animations. Les traits existent, se montrent, et les dessins n'en vivent que plus, avec cette « patte » humaine forte.
C'est d'ailleurs une autre des bonnes surprises de cette histoire : son humanité. Parce qu'à travers ce conte, Rémi Bezançon questionne l'humanité des uns et des autres et développe une histoire de liens, plus forts que la culture ou les religions. Une histoire humaine, autour d'une girafe, c'est possible.
Rémi Bezançon le prouve avec beaucoup de talent.
Créations d'acteurs
C'est qu'il fait aussi confiance à ses personnages pour mener la danse. Des figures qui ont été animées après que les acteurs ont joué leur partition, créant ainsi de vrais personnages en profondeur. Et ça marche. On aime par exemple la création de Simon Abkarian pour Hassan. Celle de François-Xavier Demaison pour Malaterre... De parfaits vecteurs pour entrer dans cette histoire, pour les plus âgés. Puisque les plus jeunes, eux, n'auront aucun mal à entrer dans l'histoire, à la suite de Maki. Entre l'émerveillement de cette histoire et les émotions qu'elle fait naître, tous finalement se retrouveront dans Zarafa, conte pour tous, joli voyage plein d'amour et d'humour. Quelques grammes de belle finesse animée dans un monde de brutes.w


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