Retour des valeurs sûres en bourse...
Publié le dimanche 26 septembre 2010 à 06h00
Le même costume, les mêmes ambitions: le choc des générations entre Jacob et Gordon, entre Michael Douglas et Shia LaBeouf.
L'argent ne dort jamais. Le monde du cinéma non plus. Et le krach boursier ne pouvait manquer de faire quelques vagues cinématographiques.
Le nouveau blockbuster qui a la côte ? « Wall Street 2 : l'argent ne dort jamais. » FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
Dans le premier volet de Wall Street, en 1987, Oliver Stone présentait au monde un milieu peu connu, celui des traders. Un jeune loup d'une banque d'affaire réussissait à entrer dans les petits papiers d'un grand investisseur, Gordon Gekko, alias Michael Douglas. Avec simplicité, le jeune, joué par Charlie Sheen, devenait corrompu, les fédéraux s'en mêlaient.
Finalement, Martin Sheen, qui jouait le père de son fils (!) le récupérait, et Gekko filait en prison. Simple. Efficace. Et, à l'époque, un coup de projecteur sur un monde méconnu, doublé d'un Oscar pour Michael Douglas.
C'est qu'il trouvait là un de ses meilleurs rôles, cynique parfait avec une toute petite facette touchante tout de même. Face à lui, un petit jeune trouvait ses lettres de noblesses, et Charlie Sheen jouait le fils de son père... Une histoire de famille en quelque sorte, et un succès public qui laissait déjà présager d'une suite.
Le krach excuse
2010. En plein krach boursier, un jeune trader voit son mentor se suicider. Et décide de le venger. Jacob Moore (Shia LaBeouf) ne pourra pas le faire seul. Il va chercher un autre mentor. Ça tombe bien, Gordon Gekko (toujours Michael Douglas, il faut suivre !) sort tout juste de prison où il a passé 20 ans pour délit d'initié. Et ça tombe encore mieux, la petite amie de Jacob s'avère avoir un lien tout particulier avec Gordon.
Revoilà Oliver Stone et son équipe prêts à s'embarquer dans une nouvelle histoire entre famille et finance. Pour notre plus grand bonheur ?
Pas si sûr. Le premier souci, c'est que le monde a changé. La finance, on connaît, les traders aussi, et malheureusement ce n'est pas un monde où on peut encore s'étonner de trouver un pur cynique.
C'est d'ailleurs le constat que va faire Gordon Gekko tout juste sorti de prison. Personne ne l'attend, et les affaires se sont chargées de changer la « morale ». C'est avec lui que nous allons faire ce constat : il est, étrangement, notre « oeil neuf », alors que Shia LaBeouf, en jeune trader ambitieux, est le vieil habitué désabusé qui va se fourvoyer. Ce que la rencontre nous apporte ? Des tractations financières un rien compliquées, des répliques cyniques plutôt drôles...
Pour Michael Douglas
Mais c'est à peu près tout. Si on est content de voir Michael Douglas, si on aime assez ses dialogues et le plaisir évident de Stone de le filmer, on est nettement déçus de cette suite. Parce qu'elle n'a pas l'attrait de la nouveauté, parce que, finalement, on a déjà vu l'histoire, et qu'on connaît assez bien le contexte. Sans oublier des longueurs presque inévitables quand on parle de complots financiers, qu'il faut tout de même bien expliquer.
Somme toute, c'est une suite honnête que nous fournissent Oliver Stone et son équipe. Mais c'est aussi une suite un peu longue et trop calme, à réserver aux fans de Douglas, notamment.
WALL STREET 2 : BANDE-ANNONCE HD VF


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