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ÇA SORT MERCREDI

Arcady, à deux doigts du bon film...

Au centre du casting, et de la famille, Patrick Bruel. Il est, depuis son premier film, l'alter-ego d'Arcady devant la caméra.Photo DR Au centre du casting, et de la famille, Patrick Bruel. Il est, depuis son premier film, l'alter-ego d'Arcady devant la caméra.Photo DR

Un casting qui fait rêver, entre Patrick Bruel, Michel Aumont et Françoise Fabian, et un réalisateur qui a fait ses preuves. Voilà qui augurait bien de « Comme les 5 doigts de la main ». Mais il ne faut jamais se fier aux apparences.

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  • Note actuelle 2.09/4


FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr
Il y a des cinéastes qui se renouvellent sans cesse. Vont chercher ailleurs de nouveaux thèmes, changent de sources d'inspiration. Et il y a ceux qui, au risque parfois de tourner en rond, creusent sans cesse le même sillon.
Malheureusement, tout ce qui brille n'est pas d'or... Alexandre Arcady, puisque c'est de lui qu'il s'agit ici, est de ces auteurs qui creusent. Qui tentent de peler leur thème comme un oignon, lui enlevant des couches successives...



Retour aux racines
Depuis Le Coup de Sirocco, en 1979, il explore ses racines juives Séfarades, le sens de la famille, de l'honneur et les relations entre communautés. « La communauté Séfarade, c'est la mienne, confirme-t-il, je parle de ce que je connais. Mais les familles de mes films, de ce dernier en particulier, auraient pu être d'origine italienne ou espagnole. La seule chose importante, c'est qu'un lien familial fort existe. Le rendez-vous du dimanche en famille n'existe plus vraiment aujourd'hui. Mais chez les Séfarades, quoi qu'il en soit, le vendredi soir, on est chez la maman. » Mais si la toile de fond est la même, ce dernier opus du réalisateur a un petit goût de nostalgie qu'on ne trouvait pas encore dans Le Grand Pardon ni même dans L'Union Sacrée. C'est que l'histoire de Comme les 5 doigts de la main est fortement autobiographique et revient aux sources de l'inspiration d'Arcady. Cinq frères, aussi liés que dissemblables, soudés autour de leur mère devenue veuve trop tôt. Ils ont tous une vie bien remplie, plus ou moins réussie selon les critères de la société. Dans le « top du top », on trouve Dan (Bruel), notable restaurateur. Viennent ensuite Jonathan (Elbé), pharmacien criblé de dettes, Julien (Caravaca), prof, et Michael (Mathieu Delarive), le petit dernier. Il en manque un. Celui qui d'ailleurs manque à tous les dîners de famille : David, alias Vincent Elbaz. Un bandit, le vilain petit canard qui se trouve aujourd'hui dans une très mauvaise passe. Pris dans une histoire de vengeance qui semble le dépasser, il se réfugie au sein de la cellule familiale qui va se resserrer autour de lui. L'occasion de faire éclater les vérités, de mettre à jour les secrets de famille.

Passé dépassé
Un scénario digne d'une saga de l'été, un thème qu'on a déjà vu, entendu, lu... Voilà bien le problème de ce nouveau film d'Alexandre Arcady qui semble ouvrir une faille spatio-temporelle et nous renvoyer dans les années 80. On a l'impression de se retrouver dans un vieux film... d'Arcady. Sauf qu'aujourd'hui, cela ne marche plus. Les polars, les thrillers ont évolué, du côté de la mise en scène, des séquences d'action notamment, du côté de leurs thèmes aussi. Pas question aujourd'hui de traiter un film « de communauté » comme on le faisait il y a 30 ans. Arcady n'a malheureusement pas compris la leçon du Prophète et signe un film délibérément rétro, voire réactionnaire. Le tout servi par des acteurs au mieux « limites », au pire risibles, de Bruel aux plus petits rôles...w


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