Le Bois du Cazier, entre mémoire et patrimoine industriel
Publié le dimanche 06 décembre 2009 à 06h00
Le Bois du Cazier restera à jamais marqué par la catastophe minière d'août 1956. Une mémoire encore vivace sur le site, ouvert au public en 2002, qui rend aussi hommage à l'épopée industrielle wallonne.
ISABELLE HODEY > isabelle.hodey@nordeclair.fr
Le Bois du Cazier, Augustin et Jacques n'y ont jamais travaillé. Pourtant, tous les 3 e vendredis du mois, c'est là qu'ils se retrouvent avec les copains, entre anciens mineurs. Salle Galvan, du nom d'un des sauveteurs lors de la catastrophe du 8 août 1956. La catastrophe, Jacques s'en souvient : « Je travaillais à Charleroi. Quand j'ai entendu ça au journal parlé, je suis venu sur le terril d'à côté. J'ai vu la fumée qui montait du puits. » Aujourd'hui, c'est tout le site qui s'en souvient.
La grille, la même qu'à l'époque quand les familles s'y pressaient en attendant des nouvelles. Le monument en marbre d'Italie avec les 262 noms des victimes, dont 136 Italiens... et seulement 13 survivants. La drève de la mémoire, sur le terril, avec des essences d'arbres provenant des pays d'origine des mineurs tués. Le mémorial, sobre, avec ses photos en noir et blanc. L'espace du 8 août 1956, ouvert pour le cinquantenaire il y a trois ans dans la salle de machine d'extraction. Là, un petit film, des photos, des sculptures en terre cuite aussi évoquent la tragédie...
Un conservatoire
de l'industrie wallonne
C'était à l'époque la « bataille du charbon » et la mine tournait à plein régime. Les chevalements sont toujours là, la salle des machines aussi...
Mais pour le reste, beaucoup a disparu sur ce site longtemps laissé à l'abandon avant que mineurs et passionnés lancent un cri d'alarme au milieu des années 80 pour qu'on n'oublie pas le Bois du Cazier. La salle des pendus est ainsi une reconstitution, de même que la lampisterie qui montre une belle collection de lampes de mineurs, et il ne reste que des vestiges des douches turquoise. L'atelier de forge, où l'on réparait wagonnets et marteaux piqueurs, est aussi une reconstitution. Il accueille aujourd'hui un artiste en résidence, qui propose des ateliers : le visiteur peut venir s'essayer à la forge, voire à la fonderie.
Car au-delà de la mine, l'endroit se veut un conservatoire de l'industrie wallonne. Le musée de l'Industrie retrace ainsi cette épopée du charbon et du fer, avec force machines. Et depuis 2007, le musée communal du verre de Charleroi est installé au Bois du Cazier : technique, histoire et art verriers y sont présentés sur un site à bien des égards unique.
C'est ce qui a motivé le dépôt, par la Région wallonne, propriétaire depuis 1998, d'une candidature au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco. Quatre sites miniers se présentent ensemble : le Bois du Cazier, le Grand Hornu (Mons), Blégny-Mine (près de Liège) et Bois-du-Luc (La Louvière). Un expert est passé le 7 octobre dernier à Marcinelle. Verdict en juillet 2010.w De Lille, Prendre l'autoroute Tournai-Mons-Charleroi, puis sortir à Marcinelle-Est et suivre les panneaux. Trajet : 1 h 20.


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