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Mémoire vivante du textile

Olivier Clynckemaille se veut l'ambassadeur culturel de Comines et veut rendre vivante son histoire. Olivier Clynckemaille se veut l'ambassadeur culturel de Comines et veut rendre vivante son histoire.

Depuis près de 25 ans, le musée de la rubanerie à Comines (B) s'évertue à perpétuer la mémoire du textile, avec des métiers à tisser, tous en état de marche.



Voyage au coeur du ruban avec Olivier Clynckemailiie, conservateur.
FLORENT STEINLING > florent.steinling@nordeclair.fr
MUSÉE DE LA RUBANERIE


Pour celui qui a travaillé dans l'univers du textile, et ils sont nombreux dans la métropole, cette immersion dans le monde de la rubanerie, dont Comines est le fleuron (il reste 9 rubaneries côté France et une Outre-Quiévrain), c'est retrouver cette même odeur de l'usine, ces mêmes bruits de métiers à tisser, qui virevoltent à des vitesses plus ou moins rapides.
Ce qui distingue la rubanerie, c'est la taille réduite des produits. De quelques millimètres à trente centimètres maximum, du lacet à l'écharpe, la rubanerie est une représentation en réduction des entreprises textiles et de leurs outils de fabrication.
La visite du musée de la rubanerie, à laquelle nous convie Olivier Clynckemaillie, ou la quinzaine de bénévoles passionnés, c'est une plongée dans le monde du textile, des métiers à tisser Jacquard aux mises en cartes (cartons perforés sur le même principe que les orgues de Barbarie, afin de tisser des mots ou noms sur les rubans), en passant par les produits finis.
« La force de ce musée, c'est que tous les métiers à tisser sont opérationnels », se félicite le conservateur professionnel, arrivé en février. « Tous les bénévoles sont capables de les faire marcher. » Bien sûr, les plus rudimentaires et les plus anciennes sont des reconstitutions, mais la majorité proviennent des entreprises du secteur et sont opérationnelles. À l'image de ces deux dernières tresseuses, datant du début du siècle passé, offertes récemment par Cousin Trestec, une entreprise wervicquoise.

Ambassadeur culturel
Après douze années passées à la tête du musée des Beaux-Arts de Mouscron, Olivier Clynckemaillie a rejoint le musée de la rubanerie dans sa ville natale. Celui qui a vu grandir le musée sous ses yeux, le grenier de l'école de son père servant aussi d'entrepôt, et qui a toujours rêvé « d'être l'ambassadeur culturel de sa ville », nous plonge dans plus de huit siècles d'histoire textile.
« Une activité textile est avérée dès les années 1200 par la présence d'une Halle, explique-t-il. Au début du XIIIe siècle, des quotas sont instaurés dans la ville d'Ypres. Les excédents sont venus chez nous. Mais en 1365, les autres cités drapières ne voient pas d'un bon oeil l'essor cominois et se plaignent au roi de France. Il est alors interdit aux Cominois de faire des draps de cette dimension ».
D'où l'orientation vers des produits de taille plus modeste et la rubanerie.
Pendant près de 25 ans, le musée de la rubanerie est resté amateur, des bénévoles conservant des milliers d'objets ayant trait au monde textile. Depuis le début de l'année, il est devenu « institution à vocation scientifique », en étant reconnu par le ministère de la Culture et de la Communication française en Belgique.
Olivier Clynckemaillie est chargé de réaliser un inventaire des quelque 10.000 pièces récupérées et conservées. « On a commencé par inventorier les grosses machines, explique le conservateur. Puis les pièces que l'on prête ». Parmi ses autres missions, la réalisation d'un thesaurus, dévolu au textile. « C'est un dictionnaire raisonné des termes du textile, nous travaillons sur les mots de la rubanerie.
L'objectif est de fixer un vocabulaire. Certains mots ont le droit d'usage et sont rentrés dans le langage courant ». Il faudra plusieurs années pour le réaliser.
En attendant, le conservateur, qui veut rendre vivant le patrimoine local, vient d'inaugurer, dans le cadre du projet « Savoir faire et faire savoir », le premier parcours de « la mémoire industrielle du musée de la rubanerie ». Un parcours consacré à Roger Coppe, qui a réalisé fresques, vitraux, sculptures et mosaïques à travers la ville.w tLIRE EN PAGES II ET III
DÉCOUVERTE

Des petits morceaux de tissus pour de grandes histoires

Il y a bientôt 25 ans, Simon Vanhée avait l'idée de créer un musée pour témoigner de ce riche passé industriel. « C'était un visionnaire, s'exclame Rémi Broucke qui fut de l'aventure très rapidement et a été pendant un temps responsable du musée. Il a vu ce que tous les autres n'avaient pas vu ». Bien avant l'heure, et avant qu'il ne soit trop tard, de nombreux métiers à tisser ont été sauvés, comme de nombreuses pièces ou objets se rapportant à l'univers de la rubanerie et du textile. Au travers de ces collections, ce sont de nombreuses anecdotes qui ressurgissent et qui écrivent l'histoire du textile, de l'industrie. Mais aussi des destins d'hommes ou de femmes. Ainsi de ce simple morceau de tissu, où l'on peut lire « Stocks Américains, rue A. Leroy, Bruay-en-Artois », c'est le début de l'épopée de la marque Leroy-Merlin qui se découvre. Un peu plus loin dans une autre vitrine, un écusson « Sud aviation » évoque la naissance de l'aviation, mieux connue ensuite sous la dénomination d'Airbus. Juste à côté, se trouve un magnifique portrait de Charles Dalle (1876-1947), d'environ 6 sur 10 cm, qui a vécu dans la première moitié du XXe siècle. Il a créé une papeterie, à la grande surprise de ses contemporains. « Mais il s'était rendu compte, qu'avec les restes de fil de lin, on obtenait une pâte pour faire du papier (la cellulose) », explique le conservateur Olivier Clynckemaillie. Ce qui a donné naissance notamment, à Bousbecque, à Dalle-Hygiène, qui s'appelle aujourd'hui Wepa. Partir à la rencontre de tous ces objets qui ont marqué la rubanerie, c'est se plonger dans une foule de petites histoires. Qui ont façonné la grande Histoire. w TEXTES : FLORENT STEINLING - PHOTOS : HUBERT VAN MAELE 4Des guides rubaniers. Les guides, bénévoles, sont des passionnés. Ils veulent transmettre un savoir. Pour beaucoup, ils ont passé des années, sinon des décennies dans les usines textiles et connaissent ce monde sur le bout des doigts. 4Des machines opérationnelles. Même la machine datant du néolithique (une reconstitution) fonctionne. Tous les guides sont capables de vous faire une démonstration, sur les métiers, des plus anciens au plus récents. 8Les horaires d'ouverture. Pour le moment, le musée est surtout ouvert en semaine. Des visites sont organisées le samedi et le dimanche, uniquement dans la période du 1er mai au 31 octobre. Une ouverture le week-end drainerait certainement plus de monde. 8La surface. Le musée est à l'étroit dans ses locaux actuels. Un espace plus grand permettrait de mettre en valeur l'ensemble des métiers à tisser, ainsi que les nombreuses pièces de collection, laissées dans les réserves. PRATIQUE 3 rue des Arts 7780 Comines ; 0032 56.58.77.68 ; museedelarubanerie.comines@yahoo.fr ; Ouverture du mardi au vendredi de 9h30 à 12h00 et de 13h30 à 16h30.


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