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Véto : indissociable du monde des Bisounours ?

Publié le 18/08/2012 à 00h00

Les séries télé envahissent nos foyers. Mais reflètent-elles la réalité ? Nous avons voulu le vérifier. Moins exposés que les médecins, les vétérinaires ont aussi inspiré les scénaristes à l'image de Marsh Tracy dans « Daktari ». Une clinique vétérinaire s'est prêtée au jeu.

Véto : indissociable du monde des Bisounours ?
Les séries télé envahissent nos foyers. Mais reflètent-elles la réalité ? Nous avons voulu le vérifier. Moins exposés que les médecins, les vétérinaires ont aussi inspiré les scénaristes à l'image de Marsh Tracy dans « Daktari ». Une clinique vétérinaire s'est prêtée au jeu.


ÉLODIE BARTOLIC > elodie.bartolic@nordeclair.fr
Crispé sur la table d'examen, le félin fixe, de ses billes rondes, la porte d'entrée. Dans cette clinique vétérinaire du secteur*, il n'y a pas de lion mais un chat, prénommé Bali. Pas d'animaux sauvages non plus. Hormis les larmes de crocodile de sa maîtresse Nathalie. « Je ne suis pas vétérinaire mais j'ai bien vu que ça n'allait pas. Bali s'est fait stériliser il y a une semaine et depuis, elle refuse de s'alimenter. » Sorti de sa boîte, l'animal, amorphe, se laisse facilement manipuler par le vétérinaire. Exit la chemisette et le short à la Marsh Tracy dans la série américaine Daktari. Ici on porte une blouse verte. Le vétérinaire palpe le ventre de Bali, constate sa déshydratation. Le diagnostic est prudent : le chat restera une journée en observation et sous perfusion.


« Nous ne sommes pas dans
le monde des Bisounours »

Autre patient, autre symptôme. Pour Pastille, assise dans le hall du cabinet au pied de sa maîtresse, c'est un jour sans. Cardiaque la chienne a, à l'entendre, des difficultés à respirer. « Elle a une valvule cardiaque qui ne fonctionne pas bien. En médecine humaine, on lui aurait remplacé, en l'opérant à coeur ouvert. En médecine vétérinaire, ce genre de pratique n'existe pas. » Le seul moyen d'action ? Lutter contre son insuffisance cardiaque à l'aide de médicaments. « De cette façon, on maintient les animaux en vie un peu plus longtemps mais on ne répare pas la cause de leurs maux. » L'issue, contrairement à la fiction, n'est pas toujours une « happy end ». « Nous ne sommes ni Dieu le père, ni dans le monde des Bisounours. Nous avons affaire à de l'organique non à de la mécanique », indique le véto.
Autre décalage avec les séries : à chaque consultation, tombe la « douloureuse ». « Nous sommes une entreprise de services », lâche d'emblée le professionnel. Une notion qui, selon lui, échappe encore à certains de ses clients. « Les gens partent du principe que les soins sont gratuits comme pour les Hommes à l'hôpital. Pourquoi en serait-il autrement pour les animaux ? » Un propos qu'il atténue en évoquant les difficultés d'argent rencontrées par « les gens d'ici ». « Bien que nos clients aiment leurs animaux, beaucoup d'entre eux ne peuvent pas suivre financièrement. C'est frustrant pour un vétérinaire. » On fait alors l'impasse sur des actes coûteux comme les IRM (compter entre 200 E et 500 E). En l'espace d'une quinzaine d'années, la médecine vétérinaire a fait des bons. Des progrès couplés à une inflation de moyens... qui ont un coût. « Lorsque je me suis installé, l'échographie n'existait pas.
Maintenant, on peut passer une radio ou encore faire des analyses de sang et obtenir les résultats en dix minutes. » Médor a de la concurrence Des chiens et des chats ont défilé ce lundi dans la salle d'attente. Les patients les plus courants. Cependant, les vétérinaires de ce cabinet urbain soignent également des hamsters, des lapins et parfois même des poules. Même si Médor a toujours la cote auprès des familles, d'autres, à poils ou encore à écailles, sont de plus en plus plébiscités. Ce sont les furets, les serpents ou encore les mygales. L'engouement pour les nouveaux animaux de compagnie, appelés NAC, n'est pas sans effet. Ce vétérinaire du secteur est de plus en plus sollicité par des propriétaires d'animaux notamment exotiques. Mais tous les toubibs ne prennent pas en charge tous les NAC. « Nous avons appris à soigner tout le monde mais pour certains animaux comme les iguanes ou les serpents, je préfère diriger les gens vers des structures spécialisées. » En revanche pour Biscotte, lapin nain, qui a les dents longues, la porte lui est ouverte. w * En raison de l'activité libérale des vétérinaires, le lieu de la clinique ne peut pas être indiqué tout comme l'identité des vétérinaires.

Lundi 18 août, notre série se poursuit avec la vie dans un bistrot croisien comme dans « Plus belle la vie ».

Nord Éclair