Wattrelos

Ludovic Depickere : trois « JO » au compteur

Publié le 07/08/2012 à 00h00

Alors que les jeux Olympiques battent leur plein de l'autre côté de la Manche, retour sur les gloires olympiques de Roubaix et de ses alentours. Le nageur wattrelosien Ludovic Depickere a participé aux Jeux de Séoul, Barcelone et Atlanta. Souvenirs...

Ludovic Depickere : trois « JO » au compteur
Alors que les jeux Olympiques battent leur plein de l'autre côté de la Manche, retour sur les gloires olympiques de Roubaix et de ses alentours. Le nageur wattrelosien Ludovic Depickere a participé aux Jeux de Séoul, Barcelone et Atlanta. Souvenirs...


ÉLODIE BARTOLIC > elodie.bartolic@nordeclair.fr
Bien qu'il affirme avoir raccroché son maillot de bain, le regard bleu piscine de Ludovic Depickere pétille lorsqu'il évoque « ses » JO. Faut dire que le Wattrelosien a à son actif non pas une mais trois participations. À Séoul en 1988, à Barcelone en 1992 et à Atlanta en 1996.
Ludovic Depickere était pour ainsi dire prédestiné pour la natation. « Mon père et ma mère étaient maîtres-nageurs. » À cinq ans et demi, il participe à sa première compétition. En 1973, son papa, René prend la direction de la piscine de Wattrelos. La famille quitte Roubaix pour la Cité des Berlouffes. Rapidement, l'enfant adhère au club de natation des Dauphins, dirigé également par René Depickere.


La vie du jeune garçon bat au rythme des séances d'entraînement. En 1985, il remporte le titre de champion d'Europe junior. L'année d'après, il intègre l'équipe de France senior. Il n'a alors que 17 ans. De deux séances d'entraînement par semaine, il passe à quatre puis sept.
En 1988, après avoir été scolarisé au collège Saint-Joseph puis à Jean-XXIII à Roubaix (l'actuel Saint-Rémi), il décide de mettre un terme à ses études.
« Il m'était difficile de concilier l'école et la natation. J'ai dû faire un choix. » Il passe alors à deux entraînements par jour. Des efforts qui vont finir par payer.
En 1988, il se qualifie aux JO de Séoul, avec pour bagage sept titres de champion de France. « C'était super impressionnant ! Habituellement, lorsque je participais à des championnats, il y avait 1 000 spectateurs à tout casser. A Séoul il y en avait quinze fois plus ! » En relais 4 x 200 mètres nage libre, il décroche la 7e place. Mais plus que son classement, c'est l'ambiance qui l'a marqué. La cérémonie d'ouverture, la flamme qui s'allume, son entrée dans le village olympique avec la délégation française. Et bien sûr les rencontres. Les sprinters Ben Johnson et Carl Lewis.
« Après avoir passé nos épreuves, on allait regarder celles des autres sportifs. C'était le rêve ! »
À son retour, le maire de l'époque Alain Faugaret, le prend sous son aile et passe avec lui un marché. Le deal ? « Je devais continuer mes études en échange d'une bourse et le soutien de sponsors », explique-t-il. Marché conclu. Ludovic repart sur les bancs de l'école.
Après deux ans de remise à niveau, il intègre l'IUT de Roubaix. Il y restera là aussi deux ans. « Je bénéficiais d'un aménagement d'horaires qui me permettait de m'entraîner une demi-journée par jour. » En 1992, il se qualifie pour les JO de Barcelone dans l'équipe du 4 x 100 m nage libre.
Le relais français frôle la médaille. « Barcelone c'était grandiose mais moins impressionnant que Séoul. D'abord parce que la Corée est à l'autre bout du monde. Ensuite parce que l'ambiance n'était plus la même. Le côté "business" avait pris le pas. »
À 200 m de l'attentat d'Atlanta

Il est embauché en 1993 au service des sports à la mairie de Wattrelos et bénéficie d'un détachement à mi-temps pour s'entraîner. Il se qualifie pour les JO en individuel et par équipe. Destination Atlanta. Les résultats sont décevants - pas de finale pour lui et pour le relais - et c'est un événement extra-sportif qui va le marquer. Pour fêter la fin des épreuves, la fédération avait invité l'équipe au restaurant, en dehors du village olympique. « Une bombe a explosé à 200 m de nous. » Dans le parc du Centenaire à Atlanta, plus précisément. Un attentat qui a fait deux morts et 112 blessés. « On n'a plus osé sortir du village olympique pendant des jours », se souvient-il. Sa carrière, ce père de deux enfants va la poursuivre jusqu'en 2002. « La roue tourne, il faut savoir dire stop. Et laisser place à la nouvelle génération. » w Demain, Arnaud Tournant, le pistard aux quatre médailles olympiques.

Nord Éclair