Dans l'atelier de confection d'Acsa (ex O'Jump), sept couturières assemblent des pièces de couleur jaune, rouge, vert et bleu. Des pièces qui deviendront en bout de chaîne des tapis de lutte, des tatamis et autres aires de réception pour athlètes aguerris. Des jeux Olympiques de Londres à Wattrelos, il n'y a qu'un pas.
L'histoire d'Asca débute en 1977 sous le nom d'O'Jump. Aux commandes, André Duriez, un ancien directeur commercial spécialisé dans l'enduction plastique.
Avec son épouse, Félicie, il décide d'allier ses connaissances avec un domaine qu'il adore : le sport. O'Jump voit le jour dans une ancienne filature textile à Roubaix. Rue de la Fosse aux Chênes plus précisément. L'entreprise grandit. Quitte Roubaix pour s'installer à Neuville-en-Ferrain. La stratégie reste la même. « Rester spécialiste dans notre métier, l'absorption des chocs, et faire du sur-mesure. Notre force, explique Fabrice Van-Eyck, responsable du site de production de Wattrelos depuis cinq ans. À ce jour, 40 % de notre activité concernent le sur-mesure.
Nous avons par exemple livré un tapis de 25 mètres de long. » Au départ, seuls les tapis « basics » à destination de la gym et la petite enfance étaient créés par l'entreprise. Se sont greffés ensuite les tapis de lutte et d'escalade.
Aussi aux Jeux de Londres
L'équipementier sportif français, dont l'emblème était le kangourou, va petit à petit s'ouvrir à l'international. Dans les années 90, O'Jump exporte entre 30 et 40 % de ses ventes dans plus de soixante pays, tout en tenant compte des coutumes locales. En Arabie Saoudite par exemple, pour que l'offre soit considérée, l'entreprise doit faire appel à un agent local. En Irak, en revanche, il est déconseillé de passer par un intermédiaire. Deux pays voisins avec pourtant des règles différentes lorsqu'il s'agit d'aborder un nouveau marché.
La marque va devenir le fournisseur officiel de nombreuses compétitions internationales. Les plus prestigieuses ? Les JO de Barcelone en 1992 et ceux d'Atlanta en 1996. En ce qui concerne les Jeux d'Atlanta, la boîte avait signé un contrat d'un million de francs comprenant la livraison de 22 tapis de lutte. Une somme « pas si colossale » en soi, selon le PDG de l'époque, mais inestimable en terme d'image.
Peu de temps après qu'André Duriez ait pris sa retraite, la petite boîte familiale est rachetée par une holding du nom d'Abéo... puis prend le nom d'Acsa.
Autre changement : la marque emménage à la Martinoire, dans les bâtiments de l'ex-filature Sion et devient exclusivement un site de production. C'était il y a trois ans. Fabrice Van-Eyck, qui a commencé en bas de l'échelle, prend les rennes du site watrelosien dont le chiffre d'affaires se monte aujourd'hui à 1,8 million d'euros. « J'ai débuté en tant que manutentionnaire en 1984. Au départ je n'avais pas l'intention de rester. C'était juste un boulot en attendant... », indique-t-il.
Depuis quelques semaines, les seize employés travaillent d'arrache-pied sur une commande un peu spéciale : des tapis de lutte destinés aux jeux Olympiques de Londres. La semaine dernière, une délégation s'est d'ailleurs rendue au village olympique pour mettre en place les plateaux destinés à l'entraînement des athlètes. Soit 28 tonnes de mousse. Rien que ça. Cette semaine, deux salariés sont sur place pour installer la salle de compétition et assurer le « service après vente » du matériel. Quand aux autres, ils sont à coup sûr devant leur poste de télévision à observer le travail accompli. w