Wattrelos

Sous-effectif : le personnel tire la sonnette d'alarme

Publié le 25/07/2012 à 00h00

Hier midi, une partie du personnel du centre hospitalier a fait grève devant les locaux de l'administration à l'appel de la CGT (syndicat majoritaire). En cause ? Une situation « plus que tendue » du fait des conditions de travail qui se dégradent et du sous-effectif.

Sous-effectif : le personnel tire la sonnette d'alarme
Hier midi, une partie du personnel du centre hospitalier a fait grève devant les locaux de l'administration à l'appel de la CGT (syndicat majoritaire). En cause ? Une situation « plus que tendue » du fait des conditions de travail qui se dégradent et du sous-effectif.

La carrure menue, le regard cerné, elle semble porter le poids du monde sur ses épaules. Entourée de ses collègues, cette cadre de santé qui exerce cette fonction depuis 18 ans à l'hôpital de Wattrelos, craque. « Je n'y arrive plus. Ici, c'est de la folie douce. » Depuis le mois d'avril, la jeune femme a en charge, en plus du service interne, de l'imagerie et de la pharmacie, le service transport et les urgences. Faut dire qu'en quelques mois, ils sont passés de sept cadres à quatre (départs volontaires non remplacés). « Je n'arrive plus à exercer mon rôle de cadre de proximité. J'ai un rôle de gestionnaire. »
Ils étaient nombreux, hier entre midi et quinze heures a exprimer leur ras-le-bol devant les locaux de l'administration. Infirmières, aide-soignants, ou encore agents administratifs étaient présents. « C'est à la demande du personnel que nous faisons grève. La CGT n'est que l'outil », explique Yannick Sobaniak, secrétaire général de la CGT de l'hôpital.
Conditions de travail qui se dégradent, non remplacement du personnel en congés maternité et en maladie, charge de travail supplémentaire... Autant de raisons évoquées qui justifient leur présence. Une grève qui se déroulait pendant la pause déjeuner pour éviter de perturber les soins des patients et amputer la fiche de paye des employés.

« J'ai l'impression
de faire de l'abattage »

Pour ces trois aide-soignantes en soins continus, le sandwich a du mal à passer. « J'ai l'impression de faire de l'abattage » , lâche l'une d'elle. « En plus de notre travail, faute de personnel, on joue les brancardiers et les agents d'entretien.
Bientôt on aura un tournevis et un pinceau dans la poche de notre blouse ! », ajoute, avec humour, sa collègue.

Chiffres à l'appui, le cégétiste Yannick Sobaniak fait le point sur la situation : « En radiologie, sur six personnes, trois sont en congés maternité non remplacés. La situation est la même pour les urgences et le service de réanimation. La moitié du personnel manquant dans ces services n'est pas remplacé. » Et d'ajouter : « Les heures sup' explosent, le personnel s'épuise, ce qui accentue le risque d'erreurs. » Tous ont conscience de la situation financière fragile dans laquelle se trouve l'hôpital (déficitaire l'an dernier). Néanmoins, ils estiment que la direction « pousse le bouchon un peu trop loin » dans sa course aux économies.

« Un avertissement gentil », entendu par Dominique Walle, le directeur adjoint du centre hospitalier qui en a profité pour annoncer l'arrivée de renforts. « Nous avons fait appel à deux personnes en intérim. La première, une infirmière arrive ce soir, pour une semaine.

La seconde débute ce week-end. » Un cadre de santé devrait également grossir les rangs. « Il travaillera une journée par semaine de façon à alléger la souffrance des cadres présents. » Aussi, à partir du 16 août, un directeur de soins rejoindra l'équipe à mi-temps. « Une situation provisoire, dans l'attente de recruter un directeur de soins définitif et à plein temps », ajoute le directeur adjoint, qui a tenu à nuancer cette action. « Il y a rarement de mouvements de grève propres à l'hôpital. Celui-ci n'est suivi que par un seul syndicat. La CFDT ne s'étant pas joint à la grève. » w

Nord Éclair