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Au collège Pablo-Neruda la mobilisation continue

Publié le 24/02/2012 à 00h00

Pour sauver leur classe menacée à la rentrée prochaine, les parents d'élèves et les profs de Pablo-Neruda mettent les bouchées doubles. Après avoir été reçus à l'Inspection d'académie, ils ont organisé, hier matin, une opération « collège mort ». Une réussite.

Au collège Pablo-Neruda la mobilisation continue
Pour sauver leur classe menacée à la rentrée prochaine, les parents d'élèves et les profs de Pablo-Neruda mettent les bouchées doubles. Après avoir été reçus à l'Inspection d'académie, ils ont organisé, hier matin, une opération « collège mort ». Une réussite.


ÉLODIE BARTOLIC > roubaix@nordeclair.fr
Le jour était à peine levé hier lorsqu'une quarantaine de parents, de professeurs et de collégiens sont arrivés à Pablo-Neruda. Contrairement aux autres jours, tout ce petit monde est resté à l'entrée de l'établissement. Opération « collège mort » oblige.
Il est 7 h 30. Sylvia Penuela, les bras tendus, accroche une banderole sur les grilles du collège avec deux autres mamans. En grosses lettres orange et rose on pouvait lire : « On veut garder notre classe ». « On ne lâchera rien », lance la mère de deux collégiens.


En effet, l'Inspection d'académie a récemment annoncé son intention de fermer une classe à la rentrée prochaine. Illogique pour Ludovic Dellis, professeur de mathématiques qui n'hésite pas à sortir des chiffres pour appuyer ses propos. « Si l'on se compare aux autres collèges en RSS (Réseau de réussite scolaire), nous sommes moins bien lotis. Au collège Jean-Zay, à Escautpont, il y a 13 classes pour 261 élèves. À la rentrée prochaine, avec la classe en moins, nous aurons à Pablo-Neruda, 12 divisions pour 266 collégiens. C'est une injustice flagrante ! » Plus de jeunes et moins de classes. Selon les parents d'élèves, les prévisions du nombre d'inscrits, l'an prochain, annoncent une augmentation des effectifs. « Cette situation nous empêche de répondre favorablement aux demandes d'inscriptions de nouveaux élèves. »
Une logique comptable
Une délégation, composée de deux professeurs et deux parents d'élèves, a été reçue par l'adjointe de la rectrice. Ludovic Dellis était parmi eux. « Elle nous a entendus. Mais son argumentaire reste très comptable », regrette-t-il. Djamila Ouali, présidente des parents d'élèves de Neruda, est sortie du cabinet, dépitée. « Ce qui m'a choquée, c'est qu'ils nous ont parlé de chiffres et non d'enfants. » Puis elle ajoute : « Si la suppression est définitive, il y aura vingt-cinq élèves par classe au lieu de vingt. Ca peut paraître peu mais pour un collège en RSS c'est déjà beaucoup. »
En rang, devant l'établissement, les manifestants se sont prêtés aux objectifs et aux caméras. Avec l'espoir que cette action fasse changer d'avis la rectrice. Pendant une petite heure, avec pancartes accrochées dans le dos et mégaphones allumés, ils ont fait entendre leur mécontentement. « En organisant ce type d'action, certes nous défendons notre collège mais pas seulement, explique Francis Deffrenne, parent d'élève élu.
C'est un combat collectif, l'avenir de nos enfants en dépend. »
L'opération « collège mort » a été une véritable réussite. À 8 h 40, hier matin, aucun élève n'avait franchi la porte de l'établissement.
Les collégiens ont eux aussi voulu prendre part à la mobilisation. Pour l'occasion, ils avaient réalisé des affiches sur lesquelles était écrit : « Nous avons le droit à un enseignement de qualité ». Pour Meriem, en 6e 2, « si on nous supprime une classe, les élèves en difficulté seront laissés à l'abandon ». Avec une maturité déconcertante, elle poursuit : « Si, pour Victor Hugo, ouvrir une école c'est fermer une prison, alors pourquoi supprimer des classes ? »w

Nord Éclair