Wattrelos

Les bénévoles sur le pont

Publié le 25/12/2011 à 00h00

Confrontés chaque jour à la détresse humaine, les bénévoles des Restos du coeur sont en première ligne. Le point dans les antennes de Wattrelos (la Mousserie et Beaulieu) où les deux responsables se démènent depuis des années pour améliorer le quotidien.

Les bénévoles sur le pont
Confrontés chaque jour à la détresse humaine, les bénévoles des Restos du coeur sont en première ligne. Le point dans les antennes de Wattrelos (la Mousserie et Beaulieu) où les deux responsables se démènent depuis des années pour améliorer le quotidien.


SIMON CAENEN (AVEC FÉLICIE DEUBEL) > simon.caenen@nordeclair.fr
« Il y a des moments où on a envie de pleurer, il ne faut surtout pas. » Ici tout le monde connaît le grand sourire et l'énergie contagieuse d'Antoinette. La retraitée, responsable de l'antenne de la Mousserie, est depuis neuf ans aux Restos du coeur. Mais a toujours la larme à l'oeil quand elle accueille les bénéficiaires.
Cette année à la Mousserie ils sont 340 (140 familles). Autant que l'année dernière. « De plus en plus de retraités, détaille-t-elle. Mais aussi des jeunes. Les gens ont parfois honte, mais on fait tout pour qu'ils se sentent bien ». Seul bémol : pour des raisons de sécurité le local situé au centre social de la Mousserie a une pièce de moins que d'habitude.


À Beaulieu, le nombre de bénéficiaires est en hausse. « On a 122 familles, explique Francis Delemasure, responsable. C'est vingt de plus que l'année dernière à la même époque. » « Et les inscriptions se font jusqu'aux derniers jours » , ajoute Antoinette. Francis observe qu'« il y a de plus en plus de personnes seules et beaucoup de personnes âgées ». Comme Antoinette, Francis est un habitué des Restos qui a lui aussi ses coups de blues. « Quand on doit refuser une inscription pour 50 euros de revenus de trop, C'est difficile », glisse-t-il.
Point commun des deux centres, les bénévoles répondent présents. Antoinette et Francis sont obligés de refuser des demandes. « Sinon, on se marcherait sur les pieds. Car c'est un peu exigu », témoignent-ils. Tous deux font le même constat : « Les Restos ont été créés par Coluche il y a plus de vingt ans. Ils ne devraient plus exister. » En guise de consolation, les bénévoles constatent que la solidarité ne faiblit pas. Cette année par exemple, l'école Brossolette a organisé une collecte de jouets neufs et de denrées alimentaires. Cinq cartons ont été remplis en l'espace de 15 jours. « Les enfants, les enseignants, le personnel, tout le monde a donné, félicite le directeur, Sébastien Mitternaere. C'est un bon moyen de faire comprendre aux enfants ce qu'est la solidarité. »w

Nord Éclair