L'arrivée des nomades fait monter la pression
Publié le dimanche 14 mars 2010 à 06h00
Hier matin, une soixantaine de riverains ont occupé le hall de la mairie pour crier leur colère. Ils reprochent aux élus le manque de concertation au sujet de l'arrivée des gens du voyage à l'ancienne gendarmerie. Après deux heures d'attente, ils ont été reçus par le maire.
ÉLIZABETH DA COSTA > elizabeth.dacosta@nordeclair.fr
« N on au ghetto en centre-ville. » Pancartes en mains, la soixantaine de riverains présents n'avale pas l'arrivée des nomades dans les appartements de l'ancienne gendarmerie (Nord éclair des 6 et 10 mars).
C'est pourquoi hier matin, ils se sont invités de force en mairie. Et n'ayons pas peur des mots, Henri Gadaut, adjoint en charge notamment des gens du voyage, a pris en pleine figure les propos d'habitants en colère. « Nous n'avons même pas été concertés. C'est pas normal » s'énervent plusieurs personnes dans une véritable cacophonie. « On s'est bien gardé de nous dire qu'ils allaient s'installer juste devant chez nous. Nos maisons vont perdre de la valeur à la revente », hurle une dame âgée. Après les cris, des larmes ont coulé. Certains ont eu du mal à garder leur calme, et on a même parfois frôlé les propos racistes. D'autres ont fait part de leurs craintes au niveau de la sécurité.
Wattrelos, ville exemplaire
« Nous ne sommes pas contre l'intégration des gens du voyage. Et nous voulons leur donner quelque chose de décent, lance un père de famille. Mais rassembler plusieurs familles au même endroit, c'est les mettre dans un ghetto. » L'adjoint rappelle lui que « ce sont des Wattrelosiens comme vous. Ils souhaitent être sédentarisés. Et comme vous, ils ont le droit à un logement. » Durant deux heures, ces manifestants ont campé en mairie. Finalement, l'entrevue avec Dominique Baert a bien eu lieu. « Wattrelos a la loi de son côté. En permettant la sédentarisation de ces familles, le Préfet ne pourra pas nous obliger à aménager une autre aire d'accueil pour les gens du voyage. Il m'a d'ailleurs dit que "depuis 20 ans, Wattrelos est exemplaire à ce sujet" », précise le député-maire au diapason avec son adjoint, en appelant à une « réflexion intelligente ».
Titulaires de cartes d'identités tricolores, il est vrai que ces nomades résident à Wattrelos depuis presque 10 ans. Les enfants sont scolarisés à l'école primaire Brossolette et au collège Pablo-Néruda. Rappelons que ce projet de réhabilitation concerne neuf logements dans l'ancienne gendarmerie propriété du bailleur social Partenord habitat. Pour l'instant, sur les seize familles vivant aujourd'hui à la Martinoire, six ont « postulé » pour avoir un de ces neuf appartements.
Une réunion publique est prévue samedi prochain. L'occasion pour les riverains en colère de connaître les détails de ce projet et de discuter avec la municipalité... à tête reposée. Ne reste plus qu'à trouver une solution pour les dix familles restantes. Le terrain actuel doit laisser place à une route reliant Beaulieu à Tourcoing. w



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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...