Fin de partie pour l'Office de la Jeunesse
Publié le samedi 20 juin 2009 à 06h00
Jeudi, l'Office de la Jeunesse tenait sa dernière assemblée générale à la Martinoire. En attendant sa liquidation en juillet, l'association annonce qu'elle fera tout pour sauver « tous » ses salariés.
MARJORIE DUPONCHEL > marjorie.duponchel@nordeclair.fr
Après plusieurs mois de lutte avec la Ville, jalonnés de non-dits pesants et de ragots déprimants, l'Office de la Jeunesse sera liquidée en juillet par le Tribunal de Grande Instance. L'essentiel des 27 salariés de l'association qui gérait depuis 10 ans les activités jeunesse à Wattrelos, sera repris par Acti'Jeunes, la structure choisie par la municipalité après appel à projets, ou par la Ville directement pour l'ensemble des salariés du centre socio-éducatif (voir ci-contre).
Selon l'Office, cinq salariés devront tout de même trouver des solutions ailleurs, ce qui met en colère certains membres du conseil d'administration : « C'est un scandale ! , a lancé M. Chayani, président de l'association des centres sociaux. A plusieurs reprises, le maire et ses adjoints ont assuré que personne ne resterait sur le carreau. J'espère que cette décision, qui doit être entérinée en conseil municipal jeudi prochain, sera rejetée par de nombreux élus ! » Les mécontents ont d'ailleurs reçu le soutien de Guillaume Castre, le conseiller municipal du MoDem présent jeudi soir à la Maison pour Tous de la Martinoire.
« C'est une délégation de service public qui ne dit pas son nom. Or, dans ce cas, tous les salariés doivent être repris. C'est la loi ! », relève Luc Terryn le futur ex-président de l'Office.
« La nouvelle association Acti'Jeunes, qui a remporté l'appel à projets, a été créée trois jours seulement avant la clôture du dépôt des dossiers. Quelle expérience ! », regrette Djamel Zeggagh, membre du conseil d'administration.
« Un choix contestable »
L'Office de la Jeunesse, qui avait malgré tout déposé une candidature en se pliant à toutes les directives de la mairie (révision des statuts, baisse du budget...), estime que la Ville n'a pas fait le meilleur choix : « Lorsque nous avons appris que notre convention avec la Ville n'était pas renouvelée, nous avons travaillé sur un projet qui tienne la route, et qui permettait de reprendre tous les salariés ou de proposer des mesures d'accompagnement au départ pour les plus âgés. Les personnes qui visiblement "posaient problème" ont même choisi de s'éclipser. Mais la Ville a préféré le projet qui propose moins d'activités avec moins de personnel, et pour plus cher... C'est surprenant » , s'interroge Luc Terryn.
Même si la pilule est dure à avaler pour tous ceux qui se sont impliqués dans la gestion de l'Office (et surtout pour les cinq salariés qui pourraient se retrouver au chômage dans 10 jours...), chacun veut mettre en avant la bonne gestion de l'association pour couper court à toutes les rumeurs : « Le commissaire aux comptes a bien établi qu'il n'y avait pas de malversation dans la gestion, contrairement aux rumeurs », relève Alain Malice, membre du conseil d'administration. « Si nous avions pu travailler dans la continuité et que nous n'avions pas dû payer l'indemnité de 50 000 E pour la rupture du contrat de mise à disposition du délégué général notamment, avec l'association des centres sociaux, notre déficit tant décrié aurait pu se résorber tranquillement cette année », précise encore Luc Terryn.
Ce qui ressort de l'assemblée, c'est un écoeurement général quant à la reprise de « tous » les salariés. Une mobilisation pour défendre les cinq personnes écartées a été lancée, avec notamment une petite visite prévue au conseil municipal de jeudi prochain...





