Ce week-end, comprendre la guerre
Publié le samedi 14 janvier 2012 à 06h00
Alain Bacqueville (à gauche) est le président des Nerviens, l'association de jeu d'histoire qui s'entraîne à Seclin.
Alain Bacqueville, président des Nerviens, l'association qui reçoit à partir d'aujourd'hui à Seclin la convention nationale de jeu d'histoire, est un stratège passionné par les grandes batailles napoléoniennes et la Seconde guerre mondiale.
Rencontre.
Tous les vendredis soir au domaine de la Mandarine Napoléon à Seclin, on rejoue les batailles qui ont marqué l'histoire. Autour de grandes tables, la trentaine de membres de l'association Les Nerviens se glisse dans la peau de Napoléon, Alexandre le Grand ou des états-majors des grandes armées européennes pour livrer bataille. « Nous ne sommes pas là pour faire l'apologie de la guerre mais pour la comprendre », précise Alain Bacqueville, le président de l'association seclinoise Les Nerviens.
De la stratégie, de la chance et des connaissances historiques, voilà le secret des joueurs pour remporter ce jeu. « On pourrait comparer le Wargame avec les échecs mais ce serait le simplifier au plus haut point car nous jouons avec des dés qui influent sur le moral des troupes, les tirs. Lorsqu'on monte une tactique, on ne peut pas être sûr du résultat. » Président des Nerviens depuis 2010, Alain Bacqueville est venu au jeu d'histoire tout doucement en participant d'abord à des jeux de rôle ou de plateau dans un club attichois dans les années quatre-vingt. Trente ans plus tard, plus de 6000 figurines amassées et d'innombrables décors fabriqués à la main (« des ponts, des rivières, des maisons, des forêts... »), la passion est toujours là.
« Petit à petit, avec des professeurs d'histoire, on a approfondi le jeu et en 1994 à la demande de la mairie de Tourcoing nous avons même reconstitué la bataille de la ville à l'occasion de son bicentenaire ». Des présentations pédagogiques qui se sont multipliées dans la région à la demande de mairies. Car c'est aussi cela l'intérêt du jeu d'histoire : reproduire fidèlement des situations d'époque, les forces en présence pour mieux comprendre l'issue de conflits célèbres.
Les curieux qui passeront la porte de la Mandarine Napoléon samedi et dimanche assisteront, entre autres, à la reconstitution de la bataille d'Hannibal face à Scipion l'Africain. Une défaite cuisante pour le premier dont les troupes ont été mises à mal par ses propres éléphants en 202 avant J.-C.
Grâce à cette activité, Alain Bacqueville s'est plongé dans l'étude des cadastres, les archives de sa commune et découvert des anecdotes historiques. Une preuve que les Wargamers ont bien les pieds sur terre. « Il y a un aspect humain qu'on ne retrouve pas dans le jeu vidéo, estime-t-il. Pour fabriquer nos décors aussi on bricole entre copains ».
Des décors qui s'apparentent parfois à « de vraies oeuvres d'art » tandis que « la préparation des figurines demande une minutie extrême que les visiteurs pourront découvrir grâce aux démonstrations », explique Élise Grégoire à la Mandarine Napoléon qui ouvre ses salons aux quelque 150 passionnés de jeu d'histoire participant à la convention.
Comme tout joueur qui se respecte, Alain Bacqueville a aussi l'esprit de compétition. Ce samedi, à côté des tables de démonstrations et des reconstitutions historiques présentées au public, une quinzaine de joueurs, dont lui, disputeront la Coupe de France NPOW (Napoleonic principle of war). Autour de ces tables de tournois, le public devra faire preuve de discrétion car la concentration des joueurs sera à la hauteur de l'enjeu.w


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