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THUMERIES

Face à la maladie de son père, Patricia Carlier fait front

«Au début, je paniquais, je ne comprenais pas». «Au début, je paniquais, je ne comprenais pas».

Le père de Patricia Carlier souffre de la maladie d'Alzheimer depuis une dizaine d'années, mais sa mère, en dépit de ses 83 ans, a toujours voulu le garder à la maison. « Quand maman part un jour ou une demi-journée, c'est moi qui m'en occupe », explique Patricia.



« La première fois que vous dites bonjour à votre père et qu'il ne vous répond pas parce qu'il ne vous reconnaît pas, c'est terrible ! » Il y a presque dix ans que Boleslas Blot, le père de Patricia Carlier, est atteint par la maladie d'Alzheimer. Dix ans que sa maman veille sur lui. « Elle est extraordinaire et, au début, elle ne voulait pas d'aide », poursuit sa fille, assistante logistique chez Téréos. « Maman est passionnée par le scrabble et va encore jouer des parties à points, la dernière c'était fin février la prochaine, ce sera le 28 mars. Quand elle part une demi ou une journée, je la remplace. » Dans sa coquette maison de Thumeries, Patricia Carlier parle sans détour. Une sacrée force de caractère... « C'est grâce à maman, explique-t-elle. Au début de la maladie, elle stimulait mon père, le faisait lire, éplucher des légumes... Aujourd'hui, il va de son lit à son fauteuil il est décharné. C'est vraiment décourageant cette déchéance physique ! » Un moment de blues qui passe rapidement : « Chez eux, il y a toujours des allées et venues avec les aides soignantes, les professionnels de santé c'est l'hôpital à la maison. » Une réalité que Patricia Carlier arrive à regarder en face, en partie, grâce aux séances d'aide aux aidants de l'association Eollis. Sa mère, elle, n'a jamais voulu y aller. « Au début, je paniquais je ne comprenais pas, il était tellement charmant, avoue-t-elle. Les premières années de sa maladie, j'étais persuadée que papa comprenait ce qu'on lui disait. C'était trop fort en émotions. » « C'est un grand, grand malade, mais c'est un amour les aides soignantes l'adorent, enchaîne Patricia Carlier.
C'est vrai que pour aider, il faut avoir du caractère et beaucoup d'amour. Mais, les séances d'Eollis, auxquelles j'ai assisté avec mon frère, ont permis de sa voir à quoi s'attendre, d'apprendre plein de petits trucs, comment s'y prendre... C'est presque un plaisir d'écouter un toubib vous expliquer des choses... » « On a rencontré des gens qui vivent ce que nous avons déjà connu et c'est bien triste. On se demande même parfois à quoi bon », se laisse aller la Thumerisienne avant de vite reprendre le dessus : « On nous a fait faire de petits tests avec des photos.
Eh bien, avec mon frère, nous avons toujours eu des idées et des vues positives. » « Il faut être très, très patient pour essayer de lui faire faire des choses. Moi, ça ne me dérange pas, mais ce qui me coûtait le plus, c'était de le changer. Alors, les aides soignantes m'ont aidée et m'ont dit de ne surtout pas paniquer », continue-t-elle posément.


« Pendant vingt ans, avec mes parents, nous avons passé des vacances communes à Mandelieu, se souvient elle encore.
C'est en 2003, sur le chemin du retour que j'ai trouvé papa un peu hagard, le regard dans le vide... On en a parlé et maman nous a dit qu'il avait déjà consulté un spécialiste deux ans auparavant parce qu'elle pensait qu'il commençait à avoir des troubles de la mémoire... C'était vraiment un gars costaud physiquement et moralement, un amour ». w


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