Elles conduisent dans un monde d'hommes
Publié le mercredi 10 mars 2010 à 06h00
Pour fêter la Journée de la femme, qui avait lieu lundi, on a voulu rencontrer des femmes dans un milieu d'hommes, le transport de voyageurs. Et bien des préjugés sont tombés. Regard croisé, et amusé, de trois femmes sur leur métier d'hommes, dans un cadre professionnel masculin.
Elles ne s'étaient même pas posé la question. Travailler avec des hommes ? Une évidence. « Quelle différence ?
» « Ça a été si facile, au contraire », sourit Karine Haest. Ça fait quatre ans que Karine Haest conduit des bus de voyageurs chez Véolia transport, sur la zone industrielle de Seclin. Ce qui l'a amenée vers ce métier ? « Une période de chômage. Et aussi d'avoir vu des femmes au volant des bus. J'ai été tentée. Un jour, un transporteur a passé une annonce : il nous payait le permis pour travailler chez eux. J'ai commencé comme ça. » Depuis, Karine est entrée chez Véolia, et n'a plus lâché le volant de son bus.
« Le machisme ?
Ici, c'est une idée reçue » Elle dit d'une voix douce : « Ça me plaît énormément... le fait d'être au volant, l'autonomie, le contact avec la clientèle ». Et les collègues ? « Ils n'ont jamais été étonnés de me voir arriver. J'ai été intégrée comme les autres. Ce sont les mêmes bêtises, les mêmes conversations, pas de jalousie, rien. La semaine dernière, j'étais souffrante, ils m'ont envoyé un SMS pour demander de mes nouvelles. » Un geste touchant, on dirait féminin... « C'est une idée reçue de penser qu'ils sont machos, juge Gwendoline Maes. Je n'ai jamais trouvé. » Comme Karine Haest, ça fait quatre ans, qu'elle conduit des bus chez Véolia. Avant, elle était... ambulancière. Encore un métier d'hommes. « Très masculin, en effet. Mais le métier s'est beaucoup féminisé. » Elle l'adorait, mais au bout de neuf ans, porter les malades et écouter leur douleur était devenu trop rude. « Alors, j'ai cherché quel métier me permettrait de garder le contact avec les gens et de conduire - parce que j'adore conduire. Ce métier s'est imposé tout seul. » Et elle, aussi, s'est « très bien intégrée » : « Bien sûr on ne va pas leur parler mode ou cuisine, mais on a les mêmes conversations. On sent qu'ils nous placent au même niveau qu'eux. Et même, si on demande un coup de main, dix se précipitent. » Les femmes les rendraient-ils gentlemen ? « Une femme ajoute de la douceur à l'entreprise », dit Sophie Vandermeeren. La directrice sait de quoi, elle parle : elle dirige le site Véolia Transport à Seclin : 25 conducteurs, pour 14 conductrices, trois mécaniciens. La jeune femme, superbe brune longiligne, drapée ce jour-là, dans un tailleur noir orné de sautoirs, en plus de travailler avec des hommes, doit aussi les diriger. Sauf au début - « j'étais une jeune femme de 23 ans, j'ai dû me rendre crédible, je n'avais pas droit à l'erreur » - la directrice ne rencontre aucune difficulté pour s'imposer. Peut-être parce qu'elle a « toujours baigné dans le transport », par sa famille. Aussi « parce qu'on partage le même métier, les mêmes préoccupations. Ce n'est pas une question d'homme ou de femme, quand on partage la même passion du métier ».
Le respect est mutuel, jusque dans les blagues bien grasses dont sont parfois capables les hommes et qu'ils évitent de sortir devant ces dames. Même si ces dernières savent rire avec eux, apprécient leur franc-parler, leur franchise. Et si, après tout, ces femmes avaient un caractère forgé pour travailler avec des hommes ? La suggestion les fait sourire : « Qui sait ? »w



![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



lorenzo : 4 bidons villes roms de Tourcoing (Union, friche Thirion,tour...
lorenzo : Bonjour ,Dans votre article vous n'abordez pas d'autres...
jeanALille : moi ça me rappelle la scène dans le film Intouchables...
sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...