CAROLE OUDOT > villeneuvedascq@nordeclair.fr
« Le vitrail m'a sauté aux yeux. », confie Adeline Chekir, artiste verrier. Son bac en poche, la jeune fille originaire de Seclin visite un peu par hasard l'école des métiers d'art d'Arras. Avec, en tête, quelque chose de manuel. « Je pensais plutôt à la céramique ». Ce sera le verre.
Pendant sa formation, Adeline fait plusieurs stages d'été : « chez un maître verrier de Ronchin, Luc-Benoît Brouard. Il m'a emmenée rénover l'église du Parvis Saint-Maurice et l'église Sainte Marie-Madeleine dans le Vieux Lille ». Premier contact avec l'art millénaire des verriers et le travail de restauration.
La jeune fille n'en reste pas là. Elle décide d'élargir sa connaissance du verre à Moissac : « J'ai appris le soufflage à la canne, pour tester d'autres techniques. » Conclusion ? « J'ai su que ce n'était pas ça que je voulais faire. C'est très très technique. Il faut au moins 10 ans pour tout maîtriser. Et je préfère le travail à froid » Après ces diverses expériences, « j'ai travaillé dans une entreprise à Harnes pendant 3 ans. J'utilisais les techniques du verre sablé, fusing (fusion de deux plaques de verre, ndlr), grisaille (peinture sur verre, ndlr)... » Car le travail du verre, c'est en fait un ensemble de techniques très différentes et c'est justement ce qui plaît à Adeline Chekir : les possibilités quasi infinies de son métier. Par exemple, « J'ai fait une semaine de formation qui m'a beaucoup plu, au musée du verre de Sars, pour apprendre à faire des perles de verre. » À mi-chemin entre l'artisanat et l'art tout court, Adeline ne fait pas que créer, elle expose. En ce moment, en Bretagne, à la librairie de La Passerelle, à La Gacilly. Elle a également présenté ses oeuvres dans la région bien sûr, mais aussi à Nantes et à Paris. Des tableaux, des objets déco, de la restauration... Mais ce n'est pas tout, Adeline Chekir fait aussi des bijoux, vendus un peu partout. Son point de vente préféré ? « Secrets de grange, à Gondecourt », un dépôt-vente spécialisé dans la collaboration avec des artistes de la métropole.
En plus de créer, Adeline Chekir aime transmettre. Elle collabore avec un autre artiste, Gwénaël Roeland, pour proposer des stages ponctuels ou à l'année.
« C'est très agréable de transmettre les choses aux gens. Et ça fait venir du monde dans l'atelier, on passe de bons moments ».
Y a-t-il, parmi toutes ces activités, l'une qui a sa préférence ? « J'aime tout. J'adore créer. J'adore restaurer, souvent je vais sur des chantiers très intéressants. C'est une technique très ancienne, mais qui a peu changé depuis le Moyen âge. C'est un métier qui a gardé en authenticité. Et j'aime aussi transmettre. » Cette diversité ne lui déplaît pas, au contraire. Entre les commandes des clients, les chantiers de restauration, les créations et les expos, la jeune artiste, qui s'est mise à son compte il y a un peu moins de deux ans, est bien partie.w a2line.com. 1 bis, rue de Wasquehal,
à Villeneuve d'Ascq. Tél : 06.75.04.56.84.