Villeneuve d'Ascq

« Pas d'évacuation du campement sans solution de relogement »

Publié le 02/08/2012 à 00h00

En signe de soutien aux 30 familles roms menacées d'expulsion, les associations occupent, depuis hier et pour une durée indéterminée, le campement situé face à l'école d'architecture.

« Pas d'évacuation du campement sans solution de relogement »
En signe de soutien aux 30 familles roms menacées d'expulsion, les associations occupent, depuis hier et pour une durée indéterminée, le campement situé face à l'école d'architecture.


JULIEN DELATTRE > julien.delattre@nordeclair.fr
Après la réaction, vient le temps de l'action. Une poignée de jours après les incidents et nuisances autour du terrain situé en face de l'école d'architecture villeneuvoise et l'annonce par le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, du prochain démantèlement des camps roms dans des villes comme Villeneuve d'Ascq, où il existe une concentration de cette population, L'Atelier solidaire, par la voix de son président, Yann Lafolie, a annoncé, hier après-midi, « l'occupation indéterminée » du campement en signe de « soutien massif » aux quelque 200 personnes menacées d'expulsion ainsi qu'aux familles vivant dans le camp rue Breughel en contrebas de l'autoroute.
Yann Lafolie s'est levé de sa chaise, a pris son sac posé à terre, et s'en est allé en direction de la caravane où il a passé sa première nuit hier.


D'autres membres de L'Atelier solidaire ainsi que des adhérents d'associations présentes hier après-midi (Collectif Solidarité Roms de Lille Métropole, Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, Ligue des Droits de l'Homme, ATD Quart Monde, No border) vont se relayer jour et nuit. Le père Arthur, les onze personnes de l'atelier lecture qui tous les mardis apprennent à lire aux enfants non scolarisés, et des citoyens, eux aussi là hier après-midi, viendront leur prêter main forte. De façon à loger tout le monde, d'autres caravanes seront installées par la suite. En attendant le démantèlement du camp, qui devrait intervenir dans le courant de la semaine prochaine.
Hier après-midi, le père Arthur a réaffirmé son indignation face à cette situation. En début de semaine, il a envoyé un mail au président de la République, François Hollande, pour lui faire part de son inquiétude au sujet des expulsions programmées des Roms et demander de le rassurer. Pas de retour. Alors, hier matin, il a appelé Michel Rocard. Sans succès. Mais il ne désespère pas et insiste : « Les Roms ne sont pas des étrangers mais des citoyens comme les autres qui doivent être respectés en tant que tels ». Il hausse le ton avec une petite fille qui dort dans ses bras : « Cette enfant voudrait vivre d'une autre façon ».
Pour Bruno Mattéi, du Collectif Solidarité Roms Lille Métropole, « pas d'évacuation du camp sans solution de relogement. Il est un peu absurde de renvoyer ces gens dans d'autres villes. Cette politique est une espèce de honte ».
« Il faut un accueil digne, avec de l'eau, à Villeneuve d'Ascq ou ailleurs », poursuit Yann Lafolie. Ce dernier a d'ores et déjà affirmé que, si l'expulsion se passait, les Roms s'installeraient alors à Lambersart, Lys-Lez-Lannoy, Lille.w

Nord Éclair