La menace d'expulsion de la trentaine de familles Roms vivant dans un campement en face de l'école d'architecture se précise, mais leurs soutiens ne lâchent rien. En témoignent les nombreux membres d'associations présents hier après midi au milieu de cette communauté roumaine peuplée de quelque 200 personnes.
En tête des soutiens : le père Arthur vêtu de son habit religieux noir et le président de L'Atelier solidaire Yann Lafolie. Ce dernier a annoncé une « occupation indéterminée » des lieux ; c'est-à-dire jusqu'à ce que l'évacuation intervienne, a priori dans le courant de la semaine prochaine.
Le « ras-le-bol » du maire
D'ici quelques semaines, extrapolait samedi soir sur son blog Gérard Caudron, « le pire devrait être derrière nous. » Le maire de Villeneuve d'Ascq, qui a exprimé son « ras-le-bol » à maintes reprises, estime qu'« il était temps, à l'heure où même l'AREAS (ndlr : Association Régionale d'Étude et d'Action Sociale auprès des gens du voyage et des Roms migrants), chargée de la gestion quotidienne de ces aires, vient de jeter l'éponge face à l'explosion des arrivées massives et de plus en plus violentes dans notre métropole. »
« Depuis plus de deux ans, rappelle le premier magistrat villeneuvois, j'ai trop souvent dû dire mon agacement, mes désaccords et mes colères face aux conséquences pour mes concitoyens du laxisme de certaines autorités sur le dossier des bidonvilles roms qui se développent dans nos villes et quartiers pour ne pas saluer la pugnacité et le courage de Martine Aubry qui, s'appuyant sur les déclarations du ministre de l'intérieur Manuel Valls, a obtenu de Monsieur le préfet l'évacuation prochaine des terrains occupés. » Pour le Front de Gauche de Villeneuve d'Ascq et des environs, « les expulsions ne sont jamais la solution, ni pour les Roms ni pour les autres familles en difficulté sociale ».
« L'issue ne peut être qu'humaine, en créant les conditions pour que ces populations vivent dans un espace et des conditions compatibles avec la dignité de l'être humain, écrit le parti d'extrême gauche. Nous sommes prêts à travailler pour trouver, avec le maire, Lille métropole communauté urbaine, l'État, et toute autre structure, des solutions d'hébergement ou de relogement. »
« Les engagements pris par le candidat François Hollande »
Un soutien de plus pour les déjà nombreuses associations préoccupées par la probable et prochaine évacuation, car elle ne s'accompagnera pas d'une solution de rechange. D'ailleurs, le Front de Gauche « s'étonne des propos du ministre de l'Intérieur et du vice-président de la communauté urbaine, qui ne parlent que de démantèlement ».
Et « rappelle », comme L'Atelier solidaire, « les engagements pris par le candidat François Hollande, le 27 mars dernier, dans un courrier adressé au collectif Romeurope » : « la situation de ces femmes, enfants, hommes qui vivent dans des campements insalubres n'est pas acceptable. Je souhaite que, lorsqu'un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées. On ne peut pas continuer à accepter que des familles soient chassées d'un endroit sans solution, ça les conduit à aller ailleurs dans des conditions qui ne sont pas meilleures ».
Hier après midi, en présence aussi d'un membre d'Europe Écologie-Les Verts Lille, le père Arthur a ironisé sur le slogan de campagne de François Hollande : « le changement ne semble pas arriver car une injustice se prépare. Le changement, c'est maintenant ! »w Lire aussi en page 7.