ISABELLE DUPONT > isabelle.dupont@nordeclair.fr
Union populaire républicaine, si ce nom ne vous dit rien, c'est normal.
Ce parti, créé en 2007 par François Asselineau, inspecteur général des finances, et qui a « végété pendant deux ans parce que ce que je disais était difficile à admettre par les Français », s'est lancé dans la course à l'Élysée le 3 décembre dernier dans l'anonymat le plus complet. Il faut dire qu'il ne rassemble pour l'heure qu'un millier d'adhérents même si son délégué pour le Nord, Pierre Martinez, évoque « plusieurs milliers de sympathisants » grâce au web et à la faveur de la crise de l'euro. Un anonymat dont seraient responsables les « grands » médias qui feraient barrage aux « petits partis », qualificatif qui horripile d'ailleurs François Asselineau.
« Devant le traitement inimaginable qui nous est réservé, je suis allé protester devant Christine Kelly membre du CSA. On confond petits et nouveaux candidats. Comment faire revenir aux urnes les Français si on leur présente toujours les mêmes partis dont ils ne veulent plus ? » s'interroge François Asselineau.
Seulement voilà, tant que les candidats n'ont pas leurs 500 parrainages et une certaine représentativité, difficile de crier à l'inéquité. Et l'UPR est loin d'avoir obtenu ses 500 signatures. Pourtant, François Asselineau n'en démord pas, la crise a fait qu'« un certain nombre de personnes portent intérêt désormais à mon analyse. » Une analyse qui passe par un refus absolu de l'Europe. « Toutes les décisions stratégiques en France sont prises par une oligarchie non élue et non française. La scène politique française est un théâtre de marionnettes, ce qui explique la désaffection croissante des Français vis-à-vis de la politique. » Une sortie de l'Euro, de l'Union européenne, et de l'OTAN, et donc le rétablissement du contrôle des flux de capitaux, marchandises et personnes... autant de thèmes chers au FN pourtant bête noire du fondateur de l' UPR. « Le FN participe de cet enfumage. Il ne veut en aucun cas la sortie de l'Europe. Et dès qu'on ne veut pas d'un débat, on le fait porter par le FN. » François Asselineau va même jusqu'à affirmer que l'Union européenne serait « un apartheid planétaire du monde blanc » arguant qu'il n'existe aucun lien historique entre par exemple les Français et les Lettons, contrairement au Maghreb ou au Sénégal.
L'UPR prône aussi une série de nationalisations inspirées du programme du Conseil national de la résistance de... 1944 ! Nationalisation des banques en difficultés, des autoroutes, des eaux, de TF1... avec quel argent ? Mystère. Après Villeneuve d'Ascq, l'UPR avait rendez-vous à Roubaix. Et entend poursuivre son tour de France tout en se félicitant de rallier « 6 à 10 adhérents par jour. »w