La politique nationale durcit le ton en local
Publié le mercredi 22 février 2012 à 06h00
Des enseignants du lycée professionnel Dinah-Derycke étaient présents, hier soir lors du conseil municipal.
Séance du conseil municipal inhabituelle, hier soir. Avant le débat d'orientation budgétaire, les 172 nouveaux conseillers de quartier ont été installés. Et la séance a été suspendue pour deux interventions ayant trait aux suppressions de postes dans l'Éducation Nationale.
JULIEN DELATTRE > villeneuvedascq@nordeclair.fr
Il y avait du monde et donc de l'ambiance, hier soir à l'hôtel de ville, pour une séance du conseil municipal un tant soit peu exceptionnelle. En premier lieu, parce qu'une bonne moitié des 172 nouveaux conseillers de quartier étaient conviés pour leur installation officielle. Une seconde rencontre avec les élus, plus festive, est prévue vendredi à 18 h 45 à l'hôtel de ville. Le maire, Gérard Caudron, les a cités un par un car « le temps qu'ils consacrent le valait bien ». Il les a remerciés pour cet engagement, leur a souhaité « un bon travail » .
« N'ayez pas peur d'être audacieux, faites-nous rêver et ne vous bridez pas », a lancé la leader de l'opposition, Florence Bariseau.
Une motion contre
les suppressions de postes Le premier magistrat a ensuite suspendu la séance, afin de laisser s'exprimer un enseignant du lycée Queneau et une représentante des parents d'élèves au sujet des suppressions de postes à la rentrée prochaine dans les établissements scolaires villeneuvois. Des professeurs du lycée professionnel Dinah-Derycke, et des parents d'élèves de l'école La Fontaine étaient présents parmi le public. Ils sont restés debout, et ont brandi des pancartes de revendications pendant les prises de parole.
À l'issue de la séance, hier soir, une motion a été présentée par la majorité, le groupe socialiste, les quatre élus d'Europe Écologie-Les Verts, et les non-inscrits. Ils soutiennent « l'ensemble des acteurs qui luttent pour que l'école conserve son rôle éducatif, social, et émancipateur » , et s'opposent « avec la plus grande fermeté à l'ensemble des suppressions de postes annoncées ». Les trois conseillers d'opposition (groupe Alternatives) se sont abstenus au motif que le texte ne se résumait pas à : « Le conseil municipal de Villeneuve d'Ascq souhaite que soient reconsidérées les annonces de suppressions de postes dans un dialogue constructif ». Et regrettant : « Vous avez choisi un ton très politique, et très polémique. » Ce ton, dénoncé par l'opposition, s'est renforcé au fil du débat d'orientation budgétaire. L'adjointe aux finances, Michèle Werrebrouck, en a présenté les grandes lignes (voir l'édition d'hier).
« Il ne manque rien », a commenté laconiquement le maire.
Yves Perlein, nouveau venu au sein du conseil municipal en tant que non-inscrit après la démission de Jean-Michel Stievenard, a ouvert le débat. « C'est un grand plaisir de reprendre une vieille histoire, celle de la ville nouvelle passée à gauche, a-t-il affirmé. Les orientations budgétaires sont pédagogiques, claires, et montrent une politique clairvoyante qui laisse peu de place à la rêverie. » Martine Berthouloux a exprimé « une pensée pour les Villeneuvois les plus fragiles », et formulé un « voeu enthousiaste » : « qu'il n'y ait plus d'expulsions. » Au nom du groupe Alternatives, Florence Bariseau a estimé que la Ville « allait tout droit vers un budget de renoncement là où elle a besoin d'un budget de développement, vers un budget de résignation là où Villeneuve d'Ascq a besoin d'un budget d'ambition ».
« Vous ne changerez jamais », lui a rétorqué Gérard Caudron. « Vous non plus », ont renchéri la leader de l'opposition, et son collègue Jean-François Hilaire. C'est à cet instant que la politique nationale et les échéances électorales à venir ont pris le pas sur les enjeux locaux. Le ton s'est aussi durci.
« J'aurai espéré entendre autre chose que cette intervention musclée et psychorigide », a relancé le premier magistrat à l'attention de la leader de l'opposition.
Pour les socialistes et apparentés, Olfa Laforce en a remis une couche : « La situation financière permet de faire face à la crise. On devrait s'en inspirer au niveau national. La vérité nationale n'est pas parole d'évangile locale. » Gérard Caudron a voulu clore le débat d'orientation budgétaire après les prises de parole de Malik Ifri (président du groupe Europe Écologie-Les Verts) et Pascal Moyson (président du groupe de la majorité Ensemble pour Villeneuve d'Ascq), mais Florence Bariseau a demandé à reprendre la parole. Refus du maire, qui a provoqué le courroux de la leader de l'opposition. « J'ai cru contribuer à votre éducation politique, mais j'ai renoncé », a asséné le premier magistrat. Jean-François Hilaire est alors sorti de ses gonds à son tour, parlant dans un tohu-bohu car Gérard Caudron ne lui a pas donné la parole. Et le maire a conclu : « Je renonce à vous éduquer en termes de politesse et au niveau politique, c'est mission impossible. » Bonjour l'ambiance !w


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