L'histoire du grand Nord a son laboratoire : l'Irhis
Publié le lundi 31 octobre 2011 à 06h00
Avec ses 232 membres, l'Irhis (Institut de recherches historiques du Septentrion) est le plus gros laboratoire de recherches historiques français au Nord de Paris. Sa particularité : il réunit des historiens et historiens de l'art de l'époque médiévale à nos jours.
ISABELLE DUPONT > isabelle.dupont@nordeclair.fr
À l'origine, le Septentrion ne concernait que des recherches sur le Nord, la Belgique, les Pays-Bas et l'Angleterre, mais il y a peu, il s'est ouvert sur les pays de Scandinavie avec la naissance de Rimnord, une plate-forme d'échanges pour les chercheurs travaillant sur l'histoire des représentations des Nords européens. « On essaie de se donner un label septentrional et de travailler sur ce que veut dire le Nord », explique Catherine Denys, directrice du laboratoire. La Belgique a toujours été un partenaire historique, mais l'évolution de la recherche a joué en faveur de cet élargissement international. « Aujourd'hui c'est vraiment une nécessité et ça répond à une demande des gens d'Europe du Nord. Et pour nous, c'est une manière de valoriser nos travaux vis-à-vis de Paris et des autres universités. »
De l'histoire de l'art aussi
Autre particularité de ce centre historique : la présence d'histoire de l'art née de la fusion de trois labos en 2006. « Il s'agissait de mettre ensemble des disciplines très proches. » La structuration de ce nouveau laboratoire tourne autour de deux axes : des travaux par affinités de sujets et des axes transversaux. Parmi ceux-ci, trois programmes de recherche : la culture visuelle, la construction des savoirs et réforme et révolution.
Le laboratoire a aussi la chance de disposer d'une vraie bibliothèque de recherches, accessible seulement à partir du Master, et riche d'environ 30 000 titres et fonds spécifiques comme ceux de la Société industrielle du Nord de la France ou depuis peu toutes les archives de Cyril Robichez, créateur du Théâtre populaire des Flandres. « Tous les ouvrages possibles existants sur l'histoire de la région se trouvent ici, indique Catherine Denys. Nous avons une politique d'achat importante. Nous conservons également tous les travaux de mémoires de maîtrise, DEA, master depuis 1970. » On y trouve aussi des revues improbables comme ces Bulletins des antiquités de la marine ou des ouvrages très rares comme ce plan de bataille des Flandres daté de 1721. Des dons ont aussi été faits par des familles d'enseignants (fonds Georges Lefebvre sur la révolution française ou encore fonds Georges Espinasse). La bibliothèque possède même des plaques de photographies en verre datant de la première guerre mondiale jusqu'aux années 50. Elles sont en cours de numérisation.
Un labo nouvelles technologies
Les clichés voudraient que l'histoire se résume à des ouvrages rares poussiéreux, pas à l'Irhis. La création de corpus et de bases de données est un volet important du travail de ce labo. Rien que pour l'image, le blog de l'Irhis propose une base de données de plus de 10 000 références issues de collections prêtées par des particuliers. Sans oublier Nornum, la bibliothèque numérique d'histoire régionale du Nord-Pas-de-Calais, réunissant un corpus d'ouvrages du XIXe et du début du XXe siècle accessible en texte intégral. Quant au blog lui-même, il est très fonctionnel et complet, recensant les manifestations en liaison avec les chercheurs, les nouveaux livres, les thématiques du labo... Un travail de titan réalisé grâce à l'ingénieur de recherches spécialisée dans les nouvelles technologies, Martine Aubry.
Côté publications, là aussi une large place a été faîte au numérique. Depuis trois ans, l'Irhis a développé l'édition électronique. D'abord pour ses deux revues : Apparences qui traite des représentations de l'image et Comptabilités sur l'histoire des systèmes comptables. Puis pour les actes des colloques. « Ça ne coûte rien et on a remarqué que ça avait plus d'impact sur les lecteurs qui peuvent y accéder par un simple moteur de recherches. Par exemple une revue historique très pointue, en version papier touche 500 lecteurs, en version électronique, 10 000 », indique Catherine Denys. Ou quand le numérique se met au service de la culture historique. w



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