« Si vous n'aimez pas les femmes, ne dansez pas le tango argentin ! »
Publié le mercredi 31 août 2011 à 06h00
Selon Eric Boutignon, le tango argentin n'a rien à voir avec le «tango musette». Ci-dessus, un couple d'animateurs de l'association «Tango? Tango!»: Pablo Tegli et Victoria Vieyra.
Samedi 3 septembre, un bal organisé salle Concorde célèbrera le 20e anniversaire de l'association « Tango ? Tango ! ». Son trésorier, Eric Boutignon, nous livre sa conception de cette danse sensuelle.
MARIG DOUCY > marig.doucy@nordeclair.fr
Toute une philosophie. « Une femme, on lui propose un pas, on ne lui impose pas ! » Manifestement, Eric Boutignon doit être un partenaire des plus attentionnés. « Le danseur n'est pas là pour danser mais pour faire danser, explicite le trésorier de Tango ?
Tango !. Quand la partenaire prend du plaisir à évoluer sur la piste, elle le renvoit au danseur. » Pas de doute : le tango argentin se danse à deux, « nous sommes corps à corps, pas corps contre corps », reformule ce pilier de l'association villeneuvoise. C'est buste contre buste que le couple réuni par la discipline se meut et non « relié » par la taille, contrairement au tango dit « de salon ».
La pratique du tango argentin requiert une certaine osmose entre les partenaires. Mais une osmose « élégante », le temps d'un morceau, bien éloignée du fricotage, insiste le trésorier, fidèle à sa partenaire. « Je danse avec elle depuis 12 ans, même si à l'occasion, je danse avec d'autres femmes », avance Eric Boutignon. Sa partenaire, il la bichonne. Pas question de la bousculer, de « l'embarquer ». « Je l'enlace, je lui laisse le temps de se sentir prête. C'est lamentable de secouer son binôme ! Pour danser, les femmes se sont apprêtées, se sont maquillées et les hommes vont vulgairement les "emmener" ? Ah non ! »
Respect et humilité
Pour lui, c'est bien simple, « si vous n'aimez pas les femmes, ne dansez pas le tango argentin, allez jouer à la pétanque ! » Danser, c'est respecter, et sa partenaire et ses congénères.
C'est aussi beaucoup d'humilité. « Il faut toujours recommencer. Les danseuses ne savent jamais ce que vont proposer les danseurs, il ne s'agit pas d'une chorégraphie. Le plus difficile est de marcher à deux et en musique. Comme tout le monde, j'ai commencé par acquérir les rudiments... » Aujourd'hui, il anime en compagnie de sa partenaire des cours de tango argentin, « cette danse fabuleuse », dispensés par l'association (lire notre encadré).
Ce danseur invétéré, qui a rejoint Tango ? Tango ! voici 13 ans, préfère aux vacances les parquets des salles de tango. L'été, il danse. Au kiosque de Croix, il ondule chaque samedi. A la Vieille Bourse de Lille, avec l'association Sous les marronniers, il caresses chaque dimanche soir les pavés délaissés par les bouquinistes. Toute l'année, il danse et enseigne son savoir-faire. Comme les fondateurs de Tango ? Tango ! ont souhaité transmettre leur passion il y a 20 ans. La saison passée, ils étaient 320 à la partager.w


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