Sous les pavés, une nécropole...
Publié le lundi 04 avril 2011 à 06h00
Trois tombes et du mobilier ont été mis au jour la semaine dernière par les archéologues de l'Inrap.
Les fouilles sur le chantier de Marc-Sautelet se sont terminées mercredi et ont permis de mettre au jour une nécropole mérovingienne. L'Inrap a préféré attendre la fin de l'opération pour communiquer afin d'écarter toute menace de pillage.
ISABELLE DUPONT > isabelle.dupont@nordeclair.fr
Ça a débuté par un simple diagnostic d'investigations préalables. Un contrôle de routine pour vérifier les éventuels vestiges archéologiques avant la prochaine phase de travaux de l'IEM Marc-Sautelet. Et la découverte s'est révélée passionnante : une nécropole de la fin du IVe siècle. Trois tombes ont ainsi livré du mobilier, d'autres ont simplement été testées et il s'avère qu'elles ont été probablement pillées il y a plusieurs siècles. « Ce n'était qu'un diagnostic, on a testé quelques structures, certaines sont des structures d'inhumation », explique Carole Quérel, archéologue à l'Inrap (Institut national de recherches et d'archéologie préventive), responsable du chantier.
« Une super découverte »
Sépultures et pillages ont été examinés par des anthropologues. Et vu l'ampleur du diagnostic, l'Inrap a fait appel à quatre archéologues - au lieu des deux habituellement requis sur ce type de fouilles - « pour sortir un maximum d'infos. C'est un super secteur et une super découverte, on a prélevé toute l'information nécessaire. C'est le principe : on prend ce qu'il y a à prendre pour la science et on essaie de faire vite. Le but n'est pas de bloquer le chantier ».
Même si la découverte est de taille, elle ne constitue pas vraiment une surprise. À ce même endroit, l'été 1969, l'abbé Tieghem (qui a fouillé une large partie de Villeneuve d'Ascq au moment de la construction de la ville nouvelle) avait mis au jour des tombes dispersées, lors de la construction du premier centre. Un squelette entier avait alors été retrouvé, ainsi que du matériel, aujourd'hui stocké au Musée du terroir (lire ci-dessous). « Il y avait deux céramiques derrière la tête. L'une d'elles contenait des os de poulet, l'autre était une superbe sigillée très particulière, fabriquée dans la région de l'Argonne (est), de la fin de l'Empire romain », se souvient Sylvain Calonne qui a longtemps fouillé avec l'abbé.
« La nécropole est plus vaste que ce que révèle le diagnostic. Elle s'étendait en limite de la rue de la Liberté, au-delà du quartier Saint-Sauveur, vers Grafteaux et apparemment vers la rue du Bois. Elle couvre une période qui s'étale du Bas empire romain aux Mérovingiens », confie Carole Quérel, même si elle préfère rester prudente sur la découverte en rappelant qu'il ne s'agit que d'« un diagnostic, c'est une ouverture en tranchées, on a donc une vision tronquée ».
Un arrêt du chantier ?
La construction du nouveau centre de motricité pourrait donc être décalée. Pour l'instant, l'Inrap rédige son rapport de fouilles, puis après un passage du dossier en Commission interrégionale de la recherche archéologique (Cira), qui a un rôle consultatif, l'État devra se prononcer sur l'opportunité ou non de nouvelles fouilles. Décision au plus tard d'ici deux mois et demi-trois mois.w


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