Elle écrit la vie des autres
Publié le lundi 30 août 2010 à 06h00
C'est ici, à Villeneuve d'Ascq, au dernier étage de sa maison que Marie-Adrienne écrit et met en page la vie des autres.
Marie-Adrienne Carrara est « écrivain-biographe » depuis 2004. Ce qui était alors un pari est devenu une mode : de plus en plus de personnes ont recours à un écrivain pour écrire leur vie. Marie-Adrienne Carrara nous a ouvert les portes de son bureau. Récit de son quotidien.
SOPHIE GUESNÉ > villeneuvedascq@nordeclair.fr
Tout commence toujours par un coup de fil ou un mail. Une première prise de contact : « Comment ça marche ? Combien ça coûte ?
Vous vous déplacez ? » Bref, les questions basiques. Premier échange. Et puis, si la personne est toujours intéressée, il y a le premier rendez-vous. « C'est une étape essentielle, explique la biographe. La personne m'explique les grandes lignes de sa vie - ou de la vie de la personne à qui elle souhaite offrir mes services. On échange, on discute, on vérifie que le courant passe, car après tout, ma tête pourrait ne pas leur revenir, même si ça n'est jamais arrivé ! » plaisante Marie-Adrienne Carrara.
De son côté, elle refuse rarement d'écrire la vie de quelqu'un et se souvient d'un « non » en particulier : « Une dame est venue me voir. Mais elle avait une telle histoire à raconter que je me demandais comment elle avait pu survivre à tout ça. Je voyais bien qu'elle avait besoin de plus, que l'écriture ne suffirait pas à la soulager... » Elle poursuit : « Même de mon côté, ça aurait été difficile. Ce métier demande une vraie force de caractère. Il y a toujours beaucoup d'émotions dans ce que les gens livrent. Et il y a beaucoup de choses difficiles à entendre. Des femmes battues, des enfants abusés, des deuils, des cancers... Ce jour-là, je me suis imposé une limite. » Car pour beaucoup, écrire sa vie, y compris à l'aide d'un écrivain, cela revient à une catharsis. Écrire pour accepter. Écrire pour se souvenir aussi.
« Il y a beaucoup de personnes âgées qui m'appellent, qui veulent laisser une trace à leurs enfants avant de mourir. » Parfois la démarche est inverse : les enfants appellent pour garder une trace de leurs parents.
Une séance tous les 15 jours
En règle générale, Marie-Adrienne se déplace chez la personne une fois toutes les deux semaines pour une séance d'une heure : « La personne me parle de sa vie. Je travaille dans l'ordre chronologique. On aborde la petite enfance lors de la première séance, puis on progresse. Ce qui ne m'empêche pas de revenir dans le passé quand j'en ai besoin », détaille l'écrivain-biographe. Tout au long de la séance, elle prend des notes qu'elle réécrira pour la prochaine séance. « Quand j'arrive à une nouvelle séance, j'apporte toujours le texte que j'ai écrit à partir du dernier rendez-vous. Je le laisse à la personne pour qu'elle le relise et, au besoin, le corrige. » Pour une heure de discussions, Marie-Adrienne compte 1 h 30 d'écriture. Elle se fait payer à la séance (100 euros), gère plusieurs histoires en même temps - jusqu'à une dizaine : « Pour certaines, on en est au début. Pour d'autres, c'est la mise en page finale... Chacune en est à un stade différent. »
Un métier varié
Et cela demande une certaine organisation : à un livre correspond une pochette dans laquelle Marie-Adrienne glisse ses notes, ses textes écrits, les photos et autres documents à insérer dans le livre final. « Je ne me mélange jamais les pinceaux : dès que j'ouvre une pochette, je sais de quelle histoire il s'agit. Les gens s'ouvrent à vous, se livrent littéralement. Ça laisse forcément des traces. » Du premier rendez-vous à la remise du livre imprimé, comptez neuf mois, « le temps d'une grossesse ! » note-t-elle, amusée.
Quand elle le peut, elle s'organise pour aller aux rendez-vous l'après midi. Le matin : elle s'occupe des tâches administratives, elle écrit, scanne les photos, soigne la mise en page et s'informe. « Quand j'écris la vie d'un couple d'agriculteurs, je lis tout ce que je peux avant. J'ai aussi beaucoup lu sur la guerre, pour m'aider à écrire la vie des personnes âgées. Ça me permet de contextualiser, de demander des précisions sur des détails. Je ne veux pas que les livres que j'écris ne soient qu'une succession de faits ! »w Côté tarifs, comptez 2 500 E en moyenne, séances et impression comprises. Renseignements sur http ://www.lecrigraphe.com.


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sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...