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VILLENEUVE D ASCQ / POLITIQUE

Rassemblement citoyen tisse sa toile hors la ville

Lors d'un raout de Rassemblement citoyen, en février 2009.  Photo NE Lors d'un raout de Rassemblement citoyen, en février 2009. Photo NE

L'association créée par Gérard Caudron en 2002 entre dans une nouvelle phase. Avec la création de groupes locaux et un élu régional, le mouvement s'affirme hors de la ville.



JULIEN GILMAN > julien.gilman@nordeclair.fr
Février 2002. Gérard Caudron vient de claquer avec fracas la porte du Parti socialiste. Dans la foulée, il crée avec le cercle de fidèles qui le suit Rassemblement citoyen (RC), une association pour faire de la politique « autrement ». Le premier combat sera un semi-échec : une défaite de l'ancien maire aux législatives face au député sortant Bernard Derosier. Mais un demi-succès aussi : alors que Jean-Michel Stievenard, maire PS, s'est personnellement impliqué dans la campagne en tant que suppléant de Derosier, le score de Gérard Caudron à Villeneuve d'Ascq est sans appel. C'est le point de départ et Rassemblement citoyen sera la planche d'appel par laquelle Gérard Caudron regagnera son fauteuil de maire.
Entre temps, l'association se développe. Un millier de militants se retrouvent régulièrement lors de grands-messes populaires. La plupart sont villeneuvois, mais pas seulement. Si bien que, les municipales de mars 2008 passées, la question se pose du développement du mouvement politique hors de Villeneuve d'Ascq. Maire, Gérard Caudron laisse la présidence à un jeune cadre de l'association, Sylvian Estager. « On pensait que les effectifs allaient retomber après les municipales, mais ce fut l'inverse et il a fallu gérer ça », explique celui-ci. Mais l'échéance électorale suivante, les européennes, n'apporte pas au RC une bonne visibilité. Les régionales seront l'élément déclencheur.


Entrant dans la campagne avec deux candidats sur la liste Europe écologie, l'association se rend pleinement compte de ses ramifications dans la métropole lilloise. Le pas est vite franchi : durant les mois de février et mars derniers, les annonces de créations de groupes locaux se succèdent. Mais il faut des volontaires, pas question de créer à partir de rien. « On ne force pas la main », note Sylvain Estager qui donne le principe : des adhérents ou sympathisants de RC émettent l'intention de lancer un groupe local, s'ils sont minimums une dizaine, ils reçoivent le feu vert de l'association.
Le groupe de Leers est ainsi le premier à être officialisé, autour des deux élus municipaux d'opposition de CapLeers, Catherine Boone et Jérémy Rotsaert.
« L'effet boule de neige », comme le nomme le vice-président de RC Pascal Moyson, opère et, dans la foulée, la constitution des groupes de Ronchin-Lezennes, d'Hellemmes, de Pévèle (Cysoing, Templeuve, Lesquin, Bouvines, Sainghin-en-Mélantois et Péronne-en-Mélantois), de la Marque (Chéreng, Forest-sur-Marque, Anstaing, Gruson et Baisieux) sont annoncés. Prochainement, ce sont trois autres groupes qui doivent être montés : Toufflers, Lomme-Vallée de la Lys et Mons-en-Baroeul. « C'est un changement d'échelle, ce n'est plus un mouvement villeneuvo-villeneuvois mais métropolitain » , constate Sylvain Estager.
Une nouvelle dimension qui se traduit également par le ralliement d'élus. Autour du maire de Villeneuve d'Ascq et des 36 élus de son conseil municipal, on trouve maintenant deux conseillers municipaux à Leers, deux à Ronchin et un à Lesquin. Depuis mars 2008, Rassemblement citoyen compte également une conseillère générale, Monique Lempereur, et, depuis le mois dernier, un conseiller régional, Sylvain Estager. La cerise sur le gâteau de Gérard Caudron, c'est la récente adhésion d'un ancien compagnon : le Chérengeois Claude Vandeputte, son premier adjoint de 1995 à 2001 mais qui fut aussi le président du comité de soutien de Jean-Michel Stievenard lors de la campagne municipale de 2008.
« Nos ambitions, c'est d'exister géographiquement en dehors de Villeneuve d'Ascq », résume la figure tutélaire de Rassemblement citoyen, Gérard Caudron, qui embraye : « Et, dans le temps, ce sont les prochaines échéances électorales. » Une façon de se positionner dès à présent pour les législatives de 2012 ? « Rassemblement citoyen n'est pas un instrument de conquête personnel, c'est évident, dément-il. Mais quelque soit l'échéance, c'est un moyen de faire passer des idées, un projet et des méthodes. »w

Un maillage dans la métropole

Après Villeneuve d'Ascq, Rassemblement citoyen étend son réseau dans des communes de la métropole lilloise. Avec des ambitions affichées ? Rien de précis ou de déclaré pour le moment. Mais la volonté d'agir autrement. Ronchin, la Pévèle, Chéreng, la Marque... Depuis deux mois, Rassemblement citoyen appose son tampon autour de Villeneuve d'Ascq, principalement à l'est de la ville nouvelle. Dans la majorité des cas, ce sont des adhérents « historiques » de l'association de Gérard Caudron qui expriment la volonté de s'implanter dans leurs propres communes. « C'était dans l'ordre des choses », constate Catherine Boone. Élue municipale à Leers depuis 1995, d'abord dans la majorité puis dans son propre groupe CapLeers, elle adhère à RC en 2004. Début mars, elle « rallie clairement et publiquement RC » créant ainsi le premier groupe local. Idem pour les groupes d'Hellemmes, avec Isabelle Couteau, ou de la Pévèle, avec Patrick Gabriel. Ces deux-là ne sont pas des élus locaux, mais ils ont la particularité de côtoyer le fondateur de RC au quotidien : l'une travaille à la direction du service patrimoine de Villeneuve d'Ascq et le second n'est autre que le directeur de cabinet de Gérard Caudron. « Mais on peut être salarié de la collectivité et adhérent, on ne mélange pas les casquettes », se justifie Patrick Gabriel. Ce maillage en règle a-t-il un objectif électoral ? « Être présents en 2014 dans ces communes, pourquoi pas ? » note ainsi le vice-président du mouvement Pascal Moyson. Mais ce qui revient souvent, c'est la volonté d'agir. « Notre démarche, c'est de devenir acteurs de la vie d'Hellemmes, et pas seulement spectateurs », avance Isabelle Couteau. « Pour le moment, il s'agit de discuter de problèmes locaux, des projets qui concernent nos communes », explique Patrick Gabriel. Un discours où pointent régulièrement les expressions fétiches de Gérard Caudron. « Notre volonté, c'est de construire le camp du progrès », lance Catherine Boone, alors qu'à Chéreng, l'ancien premier adjoint socialiste de Villeneuve d'Ascq Claude Vandeputte avoue tout de go avoir rallié RC pour son président. « C'est plus un homme que je rejoins, même si ce sont aussi les idées du mouvement », déclare-t-il.wJ.G.

Un mouvement de gauche, républicain et laïc

« L'arc de gauche », c'est le nouveau concept imaginé par Gérard Caudron durant la campagne des régionales. Un concept où les tendances de la gauche se retrouvent autour des idées républicaines et laïques. En théoricien du caudronisme, Sylvain Estager pose les principes qui fondent Rassemblement citoyen. « La fonction républicaine est là pour assurer la redistribution sociale, c'est le rôle régulateur de l'État, commence-t-il. Ensuite, l'identité nationale qui passe par le républicanisme et la laïcité. Et la volonté de bouger les lignes. » Autour de ces idées, l'association regroupe des personnes issues des divers courants de pensée de la gauche. « C'est notre souplesse et notre force , note le jeune conseiller régional. On peut avoir avec nous des membres du Parti socialiste, du Parti de gauche ou du Parti communiste. On n'est pas un parti politique. » L'arc du progrès n'est pas sectaire puisqu'il s'étend également vers le centre. « Nous avons des sympathisants MoDem, mais je ne pense pas qu'ils soient cartés », estime Sylvain Estager. « Et avec la chute du MoDem, il n'est pas impossible qu'il y en ait qui se retournent vers nous », appuient Pascal Moyson, vice président de RC. On entend presque en écho le fameux leitmotiv du maître à penser : « Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout, pour bien travailler ensemble au service de tous » ... Dans la pratique, les membres de Rassemblement citoyen ambitionnent d'appliquer une autre façon de faire de la politique. « Nous avons une démarche jeune, explique le conseiller régional. À trois mois des régionales, nous n'étions pas sûrs d'y aller et ce n'est qu'après nous être décidés qu'on a choisi les candidats. Pour les cantonales (en 2010 pour le canton Nord de Villeneuve d'Ascq, ndlr), ce sera la même démarche. » Et une fois élu, pas question pour un représentant de RC d'attraper la grosse tête. « C'est un principe de base, il n'y pas de dichotomie entre les élus et les militants, énonce Sylvain Estager. Il faut éviter la "notabilisation" des élus, nous y avons réussi localement. Ils se sont d'ailleurs engagés contractuellement à être présents sur le terrain. » Avec l'ouverture de groupes locaux, la réflexion porte sur une nouvelle organisation du mouvement « Il faut se structurer, avance Sylvain Estger. Il faut que les groupes s'appuient sur des réseaux locaux associatifs, qu'ils aient des projets pour leurs communes. L'enjeu est aussi qu'ils se fédèrent au sein de RC. »wJ.G.


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