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VILLENEUVE D ASCQ / PORTRAIT

« Parler du chien guide, c'est parler du handicap »

Hélène est aveugle depuis l'âge de 12 ans. Avec Rose comme avec Chadok, son nouveau compagnon, elle a dû «réapprendre la liberté». Hélène est aveugle depuis l'âge de 12 ans. Avec Rose comme avec Chadok, son nouveau compagnon, elle a dû «réapprendre la liberté».

Pour expliquer les difficultés de déplacement avec une déficience visuelle, pour convaincre les aveugles réticents à adopter un chien-guide, elle a décidé d'écrire. Pas un témoignage, mais deux nouvelles. Hélène Plateel, 28 ans, présente « Rose, une chienne guide unique ».




JUSTINE FAIDERBE > villeneuvedascq@nordeclair.fr


Comment s'appelle ce labrador qui vous accompagne partout aujourd'hui ?
>> C'est Chadok. Il a deux ans et demi et vit avec moi depuis décembre 2008, depuis que Rose est partie en retraite. Rose, c'est ma première chienne guide, c'était aussi un labrador, croisé retriever, mais noir.

Vous avez donné son nom au livre que vous avez écrit, et qui est vendu sur Internet en autopublication, « Rose une chienne guide unique ». C'est elle qui vous a donné l'envie d'écrire un livre ?
>> Oui et non. J'avais avec Rose une relation fusionnelle.
Elle était très exubérante, contrairement à Chadok. Mais elle avait autant besoin de câlins que lui ! Quand je l'ai eu, en 2001, j'ai tout de suite voulu écrire notre histoire parce qu'elle m'inspirait, et que c'était pour moi une nouvelle aventure. Mais ma motivation avec le livre, c'est surtout de raconter la vie quotidienne d'un déficient visuel aux personnes valides, et de donner l'envie aux aveugles de prendre un chien guide. Recevoir Rose était à la fois une nouvelle liberté pour moi, et une nouvelle aventure, car je n'avais jamais eu d'animaux à la maison.

En quoi est-ce une nouvelle liberté ?
>> On réapprend à se déplacer. Quand j'ai reçu Rose, je me suis rendue compte qu'avec la seule canne blanche, je n'aurai peut-être jamais autant pris les transports en commun. Avec le chien, on a envie de sortir, de bouger, parce qu'il est demandeur. L'arrivée de Rose a été une métamorphose pour ma famille, à commencer par mes parents. Depuis mes 12 ans, l'âge auquel je suis devenue aveugle, ils ont toujours été derrière moi. Avec le chien, ils avaient plus confiance, je suis devenue plus autonome. C'est une grande joie, tous les jours.

Vous avez arrêté vos études en seconde, faute de professeurs attentifs. Que faites-vous aujourd'hui ?
Je suis bénévole chiens guides d'aveugle, c'est-à-dire que je fais de l'information dans les écoles, auprès des enfants, mais aussi dans les surfaces commerciales, sur le thème de la différence. Parler du chien guide d'aveugle, c'est parler du handicap. Et c'est un boulot qui demande beaucoup de temps ! Les centres de chiens guides comme celui de Roncq manquent de dons (la formation d'un chien guide coûte 15 000 E à la structure, mais il est totalement gratuit pour la personne handicapée, ndlr), mais aussi de familles d'accueil pour élever les chiots. Il faut y sensibiliser les gens.

Quelles sont vos relations avec Cherdok ?
>> C'est un chien très prévenant, très protecteur. Il aboie dès qu'il y a danger. Quand il est arrivé à la maison, on a suivi la formation obligatoire de deux semaines avec un éducateur. J'habitais encore Mons-en-Baroeul. alors quand j'ai déménagé ici, en juillet dernier, il a fallu tout recommencer, réapprendre les parcours dans la ville, les passages piétons, les arrêts de bus et de métro. Villeneuve d'Ascq n'est pas facile pour les malvoyants, les trottoirs sont grands, le chien doit rester bien au centre. Chadok a été très courageux et travailleur, je lui ai vite fait confiance.

Rose est aujourd'hui en retraite bien méritée chez vos parents. Une suite au livre est-elle prévue avec Chadok ?
>> Peut-être que comme Rose, Cherdoc se mettra lui aussi à parler, qui sait !w


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